Presque 3000 euros par habitant en 2017. Heureux comme un consommateur de soins en France

Bonjour

Tout d’abord cette « information RTL ». Emmanuel Macron devrait annoncer le jeudi 13 septembre la naissance d’une « complémentaire santé à 1 euro maximum par jour et par personne ». Voir là l’un des gestes à destination des « personnes précaires » qui figurera dans le cadre de son « plan pauvreté ». La population concernée par la mesure de cette « CMU élargie » sera celle qui touche juste un peu « trop » d’argent pour avoir droit à la CMU-C (Couverture maladie universelle complémentaire – 5,5 millions de bénéficiaires), mais pas assez pour « gagner sa vie et faire face correctement aux soins de santé ».

Les futurs bénéficiaires de la CMU élargie auront donc des revenus compris entre 730 euros et 980 euros par mois pour une personne seule (entre 8810 euros et 11 776 euros par an). « Avec une cotisation de 60 euros par mois, un couple de retraités modeste qui payait jusqu’à présent 110 euros par mois (pour la meilleure couverture possible) fera une économie mensuelle de 50 euros, explique RTL. De même, un couple à faibles revenus avec deux enfants qui doit régler aujourd’hui 80 euros de complémentaire santé aura droit à une baisse de cotisation de 30 euros par mois. »  Ces projections, issues d’un document de travail de la Sécurité sociale dont RTL a « pris connaissance », auront un coût financier : plusieurs millions d’euros seront budgétés pour l’année 2019

Rappelons que la CMU donne droit à un certain nombre d’avantage pour les bénéficiaires modestes : le fait de ne pas avancer d’argent grâce au tiers payant, la suppression des participations financières comme le forfait journalier et des soins dont le prix est plafonné, les professionnels de santé ne pouvant pas dépasser un montant fixe.

Panorama tricolore

Ensuite quelques vérités chiffrées, souvent ignorées. Vérités actualisées que vient de publier la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES) : « Les dépenses de santé en 2017 ». C’est un vaste et aride panorama qui établit les comptes de la santé. Et qui analyse de façon détaillée la consommation finale de soins de santé en France et les financements correspondants, qu’ils relèvent de l’Assurance maladie, de l’État, des collectivités locales, des organismes complémentaires ou directement des ménages.

Les principaux résultats sont en outre replacés dans une perspective internationale. Nouveau : l’édition 2018 propose un éclairage sur les dépenses de prévention sanitaire en France ainsi qu’un éclairage sur les principaux résultats du Baromètre d’opinion de la DREES sur l’accès aux soins et l’Assurance maladie. Effaçons-nous derrière les chiffres :

« En France, la consommation de soins et de biens médicaux (CSBM) s’élève à 2 977 euros par habitant, soit au total 199,3 milliards d’euros en 2017 (8,7 % du PIB). Ce montant comprend les dépenses de soins hospitaliers (92,8 milliards d’euros), les soins de ville (53,4 milliards d’euros), les médicaments délivrés en ville (15,5 milliards d’euros) et les autres biens médicaux (transports sanitaires, optique, etc.)[5 milliards d’euros). En 2017, la croissance des dépenses de santé s’infléchit nettement à +1,3 % en 2017 (après +2,0 % en 2016), en raison notamment du fort ralentissement des soins hospitaliers (+0,9 % contre +1,7 % en 2016).

« La Sécurité sociale prend en charge 77,8 % de la CSBM et les organismes complémentaires (mutuelles, institutions de prévoyance et sociétés d’assurances) y contribuent à hauteur de 13,2 %. 7,5 % de la dépense de santé reste à la charge des ménages en 2017. Tandis que la part de la Sécurité sociale a progressé de 0,2 point en moyenne par an entre 2008 et 2017, notamment du fait de la hausse du nombre d’assurés exonérés du ticket modérateur liée au vieillissement de la population et au développement des pathologies chroniques, celle des organismes complémentaires diminue de 0,2 point en 2017, après deux années de stabilité. En conséquence, la part du reste à charge des ménages poursuit son mouvement de baisse régulière depuis 2008. » 

Elargir la focale

 Il faut ici préciser (élément souvent ignoré) qu’au moins 15 milliards d’euros de dépenses sont dédiées à la prévention. La dépense de prévention non institutionnelle – à l’initiative des patients ou des professionnels de santé, hors programme de santé public – a représenté au moins 9,1 milliards d’euros au sein de la CSBM en 2016, dont environ 42 % sous forme de médicaments délivrés (antihypertenseurs, contraceptifs, etc.). Elle s’ajoute aux 5,8 milliards d’euros de dépenses de prévention institutionnelle (campagnes de prévention non comptabilisées dans la CSBM).

Elargissons, enfin, la focale. La France fait partie des pays de l’Union européenne où la dépense courante de santé au sens international  est la plus élevée en part de PIB (1,1 point de plus que la moyenne de l’UE -15). Mais au sein des pays de l’OCDE, elle est aussi le pays « où le reste à charge des ménages est le plus limité ».

A demain

 

 

Une réflexion sur “Presque 3000 euros par habitant en 2017. Heureux comme un consommateur de soins en France

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