Charles Aznavour (1924-2018) a, aussi, chanté l’ivresse, l’alcoolisme et la toxicomanie

Bonjour

Charles Aznavour est mort ce 1er octobre 2018. Emotion nationale. L’ensemble des médias redécouvrent la carrière et la palette de l’artiste, du chanteur, de l’acteur. « Le dernier géant de la chanson française… Une légende… Six décennies de scène… « Un précurseur du métissage musical » écrit Le Monde…»

Ici, trois de ses chansons peu connues : titres-vidéos et textes:

I J’ai bu

« J´ai bu
J´ai joué et tout mis sur le tapis
A la roulette de la vie
T´as tout gagné, moi j´ai perdu
Alors j´ai bu

J´ai bu
J´ai dit des mots qui passaient en mon âme
Mais toi dans ta petite tête de femme
T´as pas compris que j´étais perdu
Alors j´ai bu

Et fou
J´ai compris malgré tes caresses
Dans la douceur de mon ivresse
Que tu mentais

J´ai bu
Pourtant je t´aimais d´un amour sincère
Mais un jour malgré mes prières

Tu m´as quittée n´en parlons plus
Alors j´ai bu

Fine, whisky, gin
Tous les alcools me sont permis
Ce qui me chagrine,
Si des barmen je suis ami
Des réverbères je suis l´ennemi

Sur le palier
Le trou de serrure joue à cache-cache
Avec ma clef
Ma maison a une drôle de mine
Tous les objets font philippine

J´ai bu
J´ai joué et j´ai tout mis sur le tapis
A la roulette de la vie
T´as tout gagné, moi j´ai perdu
Alors j´ai bu

J´ai bu
J´ai dit des mots qui passaient en mon âme
Mais toi dans ta petite tête de femme
T´as pas compris que j´étais perdu
Alors j´ai bu

Et saoul
J´ai vite oublié tes caresses
Je me plais bien mieux dans mon ivresse
Et loin de toi

Je bois
Le trottoir n´est plus assez grand pour moi
En titubant je crie à pleine voix
Les flics sont des petits potes pour moi
Je bois

J´ai bu
J´ai joué et tout mis sur le tapis
A la roulette de la vie
T´as tout gagné, moi j´ai perdu
Alors j´ai bu

La radio joue un Ave Maria
Elle est marrante cette chanson-là
Les paroles sont en auvergnat
J´ai bu

Et mou
Je me suis couché sur le parquet
La chambre tournait sans arrêt
Ce que j´étais gai!
J´ai bu

J´ai bu
Je suis heureux et ce qui fait ma joie
Demain j´aurai la gueule de bois
Et ne penserai plus à toi
Et c´est pourquoi
Que je bois »


II Je bois

« Je bois pour oublier mes années d’infortune
Et cette vie commune
Avec toi mais si seul
Je bois pour me donner l’illusion que j’existe
Puisque trop égoïste
Pour me péter la gueule

Et je lève mon verre à nos cœurs en faillite
Nos illusions détruites
À ma fuite en avant
Et je trinque à l’enfer qui dans mon foie s’impose
En bouquet de cirrhose
Que j’arrose en buvant

Je bois au jour le jour à tes fautes, à mes fautes,
Au temps que côte à côte
Il nous faut vivre encore
Je bois à nos amours ambiguës, diaboliques
Souvent tragi-comiques
Nos silences de mort

À notre union ratée, mesquine et pitoyable
À ton corps insatiable
Roulant de lit en lit
À ce serment, prêté la main sur l’Évangile
À ton ventre stérile
Qui n’eut jamais de fruit

Je bois pour échapper à ma vie insipide
Je bois jusqu’au suicide
Le dégoût la torpeur
Je bois pour m’enivrer et vomir mes principes
Libérant de mes tripes
Ce que j’ai sur le cœur

Au bonheur avorté, à moi et mes complexes
À toi, tout feu, tout sexe
À tes nombreux amants
À ma peau boursouflée, striée de couperose
Et à la ménopause
Qui te guette au tournant

Je bois aux lois bénies de la vie conjugale
Qui de peur de scandale
Poussent à faire semblant
Je bois jusqu’à la lie aux étreintes sommaires
Aux putes exemplaires
Aux froids accouplements

Au meilleur de la vie qui par lambeaux nous quitte
À cette cellulite
Dont ton corps se rempare
Au devoir accompli comme deux automates
Aux ennuis de prostate
Que j’aurais tôt ou tard

Je bois à en crever et peu à peu j’en crève
Comme ont crevé mes rêves
Quand l’amour m’a trahi
Je bois à m’en damner le foie comme une éponge
Car le mal qui me ronge
Est le mal de l’oubli

Je m’enivre surtout pour mieux noyer ma peine
Et conjurer la haine
Dont nous sommes la proie
Et le bois comme un trou qu’est en tout point semblable
À celui que le diable
Te fait creuser pour moi

Je bois mon Dieu, je bois
Un peu par habitude
Beaucoup de solitude
Et pour t’oublier, toi
Et pour t’emmerder, toi
Je bois, je bois »

III L’aiguille

« Mon enfant, mon air pur
Mon sang, mon espérance
Mon ferment, mon futur
Ma chair, ma survivance
Tu ne perpétueras ni mon nom ni ma race
Tout ce que j’ai bâti, je l’ai rêvé en vain
Je quitterai ce monde sans laisser de trace
Tes yeux ne s’ouvriront sur aucun lendemain

L’aiguille dans ta veine éclatée
Ta peau déchirée
L’aiguille dans ton corps mutilé
Crucifié
L’aiguille de nos espoirs trahis
Te clouant dans la nuit
Sans vie


Mon arbre, mon petit
Qui peut dire à  l’avance
Ou le bonheur finit

Quand le malheur commence
Le drame de la vie sans auteur ni dialogue
Qui s’écrit à  huis clos se joue à  notre insu
Les plaisirs innocents n’en sont que le prologue
Les paradis promis ont l’enfer pour issue

L’aiguille dans ta veine éclatée
Ta peau déchirée
L’aiguille dans ton corps mutilé
Crucifié
L’aiguille de nos espoirs trahis
Te clouant dans la nuit
Sans vie

En regardant fleurir
Tes printemps pleins de grâce
Je n’ai pas sous tes rires
Éventé tes angoisses
Peut-être pas non plus assez dit que je t’aime
Ni suffisamment pris le temps d’être avec toi
Que tu as dû souffrir en secret de problèmes
A présent c’est mon tour perdu dans mes pourquoi

L’aiguille dans ta veine éclatée
Ta peau déchirée
L’aiguille dans ton corps mutilé
Crucifié
L’aiguille de nos espoirs trahis
Te clouant dans la nuit
Sans vie
L’aiguille »

 A demain

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