Somnifères : deux médecins accusés d’être responsables des six morts de l’accident de Millas

Bonjour

Nous sommes dix mois après le dramatique accident de Millas : une collision survenue, sur un passage à niveau de cette commune des Pyrénées-Orientales, entre un autocar transportant des collégiens et une rame automotrice TER.  Autocar coupé en deux, six morts parmi les adolescents, et de nombreux blessés.

Tout ou presque a été dit sur les possibles causes et responsabilités. Et puis, aujourd’hui, double rebondissement. Alors que la conductrice, 48 ans, nie toujours avoir commis une faute les expertises techniques, révélées par Le Parisien accablent cette femme mise en examen pour homicides et blessures involontaires. Les deux experts qui ont passé le car scolaire au peigne fin sont catégoriques : « L’origine de cet accident provient d’un freinage tardif de la conductrice de l’autocar », affirment-ils. Des déclarations à l’opposé de la version de la conductrice, qui assure que la barrière du passage à niveau ouverte au moment du passage du TER a provoqué le drame.

Et puis, sur France Info, les déclarations de Me Jehanne Collard, l’avocate des victimes de la collision qui traite de ce dossier sur son blog spécialisé. Et Me Collard de remonter dans la chaîne des causalités et des responsabilités. Selon elle « les vrais responsables de ce drame sont probablement les médecins ». Pourquoi ? Me Collard :

« Les expertises démontrent d’abord que les infrastructures SNCF fonctionnaient parfaitement et n’ont, semble-t-il, pas concouru à la réalisation de cet accident. Le problème maintenant est de savoir pourquoi la conductrice a heurté la barrière ? Le problème doit se poser du travail des médecins : le généraliste – qui lui a prescrit des somnifères, dont les effets secondaires sont graves pour les personnes qui conduisent -, du médecin du travail, qui était informé et qui l’a déclaré apte à la conduite. Donc la responsabilité de tous ces médecins qui sont intervenus semble évidente et probablement plus importante que celle de la conductrice. Les vrais responsables sont probablement ces médecins qui n’ont pas fait leur travail et qui ont prescrit des médicaments dont les effets secondaires étaient dangereux pour quelqu’un qui conduisait.

 « Effectivement le car a freiné. On peut imaginer – c’est un des effets des médicaments qu’elle prenait – qu’elle a eu un moment d’absence et qu’elle n’a réalisé qu’au dernier moment que les barrières étaient fermées. Ce qui est important dans ce dossier, et pour tous les enfants de France qui montent dans des cars scolaire, c’est que des médecins puissent prescrire à quelqu’un qui conduit des enfants, des somnifères dont les effets secondaires sont très lourds. Il y avait dans ce dossier des éléments qui laissaient penser, avec une quasi-certitude, que les barrières étaient fermées lorsque le car scolaire s’est présenté au passage à niveau. Ces expertises ne font que confirmer ce qu’il y avait dans ce dossier. »

Pour cette avocate, si la conductrice a poussé les barrières c’est parce que, « du fait des médicaments qu’elle prenait, elle a eu un moment d’absence ».  « Elle sera probablement responsable pénalement. Mais elle ne portera pas l’entière responsabilité de cet accident assure-t-elle. Ce sont les médecins qui ont fait leur travail avec irresponsabilité, incompétence, manque de conscience professionnelle, qui sont les plus responsables. »

Ces médecins, dont elle ne donne pas les noms, vont-ils poursuivre cette avocate pour diffamation ?

A demain

5 réflexions sur “Somnifères : deux médecins accusés d’être responsables des six morts de l’accident de Millas

  1. « Pour cette avocate, si la conductrice a poussé les barrières c’est parce que, « du fait des médicaments qu’elle prenait, elle a eu un moment d’absence ».  »

    Ah , l’expertise l’a sûrement prouvé de façon irréfragable (très joli mot français fraichement découvert).

    Là encore, un peu d’esprit scientifique ne nuirait pas…. et sans invoquer la science, au prix d’un italianisme pas si à contresens que ça, la logique des philosophes se révolte dans sa tombe.

    N’était il pas question d’un appel téléphonique juste avant l’accident ?

    Ceci dit c’est un argument bienvenu pour aider les médecins à refuser de prescrire ces saloperies.

  2. 7 ans pour que les somnifères lui provoquent une « absence » ? c’est de l’effet secondaire très très différé ! désigner les somnifères, puis les médecins, comme responsables (donc coupables) sans expertise, juste au doigt mouillé, donc sans preuve, juste pour aiguiller l’opinion (et les juges) sur une autre piste est un grand classique ! Depuis le début, la population locale, même les familles de victimes, qui connaissent la conductrice et l’appellent par son prénom, ne veulent pas qu’elle soit coupable ! On voulait la responsabilité de la SNCF, responsable bien solvable, mais le rapport qui la dédouane, oblige à mettre un autre fer au feu, qui sera le prochain ?

  3. La dame qui conduisait peut-elle démontrer :
    – qu’elle n’avait pas lu la notice du médicament et vu les pictogrammes avertisseurs ?
    – que son médecin traitant ne l’avait pas averti des dangers de somnolence ?
    – que son pharmacien délivrant ne lui avait rien dit là dessus ?
    – qu’elle avait informé le médecin de la commission du permis de conduire, obligé de se fier à ses seuls dires et non doté de détecteur de mensonge, qu’elle prenait régulièrement un psychotrope ?

  4. Le titre est fort car il s’agit juste d’une incrimination par un avocat de la défense, Si on ne le précise pas on peut croire, par défaut, à une mise en cause par la juridiction.
    L’accident est intervenu vers 16 h 10; Nous ignorons le type de somnifère, la posologie et l’heure d’absorption.
    A priori cette conductrice a conduit les enfants le matin ou était au repos. Dans le premier cas de figure l’action résiduelle aurait été plus forte que l’après midi et dans le second cas elle était en état général normal puisqu’elle ne signale rien.
    La majorité des somnifères prescrits en France n’ont pratiquement plus d’effets cliniques après 6-10 h à dose respectée.
    Le médecin qui aurait déclaré non apte cette conductrice sur cette seule notion de somnifère aurait surement eu droit à une sérieux remontage de bretelle par le collectif administratif et syndical. Mais désormais engageons les médecins du travail à faire de la sorte devant tout addiction ou imprégnation médicamenteuse de travailleurs de conduite !
    Tous les commentaires publiés s’ajoutent

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s