La Nouvelle République du Centre Ouest part en guerre contre Agnès Buzyn, ministre jacobine

Bonjour

C’est un événement : le réveil brutal d’un quotidien régional habituellement mesuré et trop souvent émollient. « Ce qui ne passe plus avec Mme Buzyn » titre aujourd’hui La Nouvelle République du Centre-Ouest. Un méchant réveil à la lumière de l’annonce de la mort de la maternité du Blanc (Indre) – et de la surprenante révolte qui a suivi l’annonce de ce décès. Une résistance qui, pour le quotidien régional, « met au jour la gestion verticale et jacobine de la ministre de la Santé ». Echos :

 « Nous sommes là parce que nous voulons rencontrer Mme Buzyn afin d’obtenir une nouvelle expertise de notre maternité. Elle sera menée en toute indépendance, par des médecins issus du collectif et du comité de défense ».

« A chaque passage de journalistes les mêmes arguments, désormais éprouvés roulent, peut-on lire dans la ‘’Nounou’’ La décision verticale, technocratique, jacobine en un mot, du ministère de la Santé prise début octobre sur la foi d’un audit jugé mince, indigne. L’ouverture par compensation d’un centre périnatal, gérant l’avant puis l’après-grossesse fait figure de camouflet dans ce territoire enclavé et désormais ouvertement méprisé.

L’assertion de la ministre énoncée le mardi précédent à la radio tourne en boucle sur les réseaux « La maternité du Blanc est dangereuse […] l’audit que j’avais demandé montre de très mauvaises pratiques ». Le ton est froid, professionnel, inémotif [sic] Clinique. »

Et la « Nounou » de recenser la liste des abcès : « Partout la fronde monte Clermont dans l’Oise, Bernay dans l’Eure, Thann et Altkirch en Alsace, la liste et le calendrier des fermetures de ‘’petites’’ maternités s’allongent ces jours derniers. Chaque fois l’argument de la sécurité des patientes et de leurs enfants est avancé, chiffres, statistiques et audits à l’appui. Ces arguments de papier portant le timbre du ministère ne suffisent plus à convaincre les populations et indignent leurs élus. »

Manque de respect au député

Et de citer un élu LREM ivre de colère :

« ‘’Nous ne sommes pas respectés quoique issus du suffrage populaire, l’administration qui ne tient sa légitimité que d’un arrêté de nomination nous balade, fulmine François Jolivet, député LREM de l’Indre. Les Agences régionales de santé, contrairement aux préfets n’ont aucune vision globale et se retrouvent complètement déconnectées des territoires’’. Hors de lui, le parlementaire qui réexprime pourtant son soutien verbal au gouvernement voudrait pouvoir adresser un vote de défiance à la seule ministre de la Santé. Ce ressentiment a conduit les défenseurs de la structure de Bernay à envisager une assignation judiciaire pour dénigrement contre Agnès Buzyn après son passage en Normandie, estimant qu’elle avait porté préjudice à l’établissement autant qu’à son personnel. »

Pour finir on citera l’éditorial signé Denis Daumin :

« La voix d’Agnès Buzyn, neutre, déroule le tableau clinique. « Mauvaises pratiques […] méconnaissance des procédures d’urgence […] cette maternité est dangereuse. » Dans les collines du Blanc, au fond de l’Indre, loin des hauts murs des ministères parisiens l’enregistrement audio tourne en boucle. Viral en somme et presque contagieux.
Au même moment, les Alsaciens de Thann et d’Altkirch, les quasi-Picards de Clermont dans l’Oise, les Jurassiens de Saint-Claude ligués contre la fermeture de leurs hôpitaux de campagne et leurs petites maternités montent au parapet, eux aussi. Jusque devant les tribunaux désormais, pour les Normands de Bernay.


Au-delà des chiffres, des motifs et de l’argumentaire, ce qui heurte, froisse et blesse c’est la manière dont ils sont utilisés. Froide, verticale, jacobine, elle pulvérise d’emblée la petite entreprise de raccommodage avec les territoires, le cocooning des placettes et clochers confiée à l’expérimentée Jacqueline Gourault.

« Entendez-vous dans ces campagnes… » Mais Mme Buzyn a choisi de ne rien entendre. Elle déduit et décompte au terme d’irréprochables et très paramétrées procédures. Elle se promettait tout récemment de mieux faire de la politique. C’est mal parti pour celle qui ne néglige jamais de se placer sous l’étoile tutélaire de Simone Veil. « Elle est experte, elle sait. Point », commente l’urgentiste Patrick Pelloux qui ne l’aime pas beaucoup. On songe à Raymond Aron désabusé par ses échanges avec les futures élites auxquelles il offrait un dernier vernis. « Ils savent tout sur tout. Et rien d’autre. » 

Message clair. Entendre les campagnes de préférence aux territoires. Respecter, écouter, ne pas casser, pour mieux soigner. Agnès Buzyn fera-t-elle le déplacement du Blanc (Indre) ? La maternité y ressuscitera-t-elle ?

A demain

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