Suspicions d’agressions sexuelles : à Rouen et à Gien, deux jeunes prêtres  se sont suicidés 

Bonjour

Troublante coïncidence. On évoquera, au choix, l’époque ou fatalité. On se bornera aux faits, ceux rapportés par l’AFP.

Il y a quelques jours, à Gien (Loiret), le père Pierre-Yves Fumery, 38 ans a été retrouvé pendu dans son presbytère. Il  était visé par une enquête préliminaire pour « suspicion d’agression sexuelle sur mineur de moins de 15 ans ». L’information a été donnée le 22 octobre à la fois auprès du diocèse d’Orléans et du parquet de Montargis. Le corps du père Pierre-Yves Fumery avait été découvert le samedi 20 octobre. « C’est un moment d’épreuve tragique et de souffrance », a déclaré devant la presse l’évêque d’Orléans, Mgr Jacques Blaquart.

 Selon Mgr Blaquart des paroissiens bien intentionnés avaient alerté la cellule « d’écoute des blessures » du diocèse le 7 septembre. Ils auraient, selon lui, été témoins de « comportements inappropriés envers des adolescents de 13-14 ans », notamment une « proximité physique », un « comportement pas ajusté avec une jeune fille qu’il a prise dans ses bras et raccompagnée plusieurs fois en voiture ».

Aucun des gestes mentionnés n’obligeait à saisir la justice, a toutefois précisé l’évêque. Il avait demandé au père Fumery de « prendre du recul et de se faire accompagner, de quitter Gien quelque temps ». Ce qu’a fait l’intéressé. Contacté par un correspondant de l’AFP le procureur de Montargis, Loïc Abrial, a confirmé qu’une enquête préliminaire pour « suspicion d’agression sexuelle sur mineur de moins de 15 ans » avait été ouverte le 21 septembre à la suite à d’« informations préoccupantes ».

« Le 8 octobre, il est revenu à Gien avec mon accord, mais n’a pas repris ses activités normales », a encore indiqué Mgr Blaquart. « Plusieurs auditions ont eu lieu (…) et le prêtre a été entendu le 15 octobre en qualité de témoin », en l’absence d’infraction pénale matérialisée, précise le magistrat. Il s’est pendu peu après.

« Désirer la femme d’autrui »

Un mois plus tôt, à Rouen, le prêtre Jean-Baptiste Sèbe, 38 ans, se suicidait dans une église de la ville après – avoir été accusé d’agression sexuelle et de comportement indécent. Aucune plainte n’avait été déposée contre lui. Ce jeune prêtre  était décrit comme « droit, généreux », apprécié des fidèles – et ce même s’il n’était pas « conventionnel ». Il faisait l’objet d’une dénonciation de la part d’une femme qui l’accusait de comportements indécents et d’agression sexuelle sur sa fille majeure – des faits remontant, selon elle, à au moins deux ans.

Lors d’une conférence de presse l’archevêque de Rouen, Mgr Dominique Lebrun, a rappelé l’existence d’une « plainte à l’autorité diocésaine d’une maman disant que sa fille lui avait dit que le père Jean-Baptiste Sèbe avait eu, il y a deux ou trois ans, des gestes inappropriés envers elle. Cette dernière était majeure à l’époque des faits allégués. » L’archevêque avait convoqué le prêtre pour qu’il s’explique sur ces accusations. « Il a avoué une conduite inconvenante à l’égard de cette jeune fille. Nous avons échangé et convenu ensemble qu’il s’agissait d’imprudence dans la relation avec cette femme comme cela arrive à un certain nombre d’hommes ou de femmes », a-t-il poursuivi indiquant « qu’il n’y avait pas eu, par la suite, d’autres rencontres avec cette fille ». C’était la veille du suicide.

« Je me confesse tous les mois, a précisé l’archevêque. Moi aussi il m’arrive de mentir, moi aussi, parfois, je désire la femme d’autrui. Je suis archevêque de Rouen mais je ne suis qu’un homme ». Selon lui, « aucun signe ne pouvait laisser prévoir un tel geste de la part du père Jean-Baptiste Sèbe », faisant référence à son suicide. « Nous sommes dans l’incompréhension d’un tel geste même si je savais qu’il connaissait un moment difficile », avait-il écrit dans un courrier adressé mardi à l’ensemble des prêtres du diocèse.

Interrogé pour savoir s’il avait saisi l’autorité judiciaire après avoir recueilli les aveux du prêtre, Mgr Lebrun a expliqué : « C’était une majeure. Il n’y avait pas d’obligation de signalement. » « Le vicaire général avait invité la plaignante à porter plainte si elle considérait que c’était une agression », a-t-il ajouté. Jean-Baptiste Sèbe avait été ordonné prêtre en 2005.

A demain

@jynau

 

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