Le gouvernement français redonnera-t-il leur pleine dignité aux personnes handicapées ?

Bonjour

L’espoir, parfois, luit. « Droit de vote et de se marier pour tous, instauration de droits « à vie »: le gouvernement s’est engagé jeudi à « changer le quotidien » des personnes handicapées, dévoilant notamment une série de mesures concernant la « simplification » de démarches administratives » nous annonce l’Agence France Presse.

Lors de la deuxième réunion du Comité interministériel du handicap, à Matignon, Edouard Philippe, Premier ministre  a présenté « dix nouvelles mesures » pour « faciliter la vie » des personnes handicapées. Parmi les mesures dites « emblématiques », les personnes majeures placées « sous tutelle » auront, à l’avenir, un droit de vote inaliénable et pourront aussi se marier, se pacser et divorcer – et ce « sans qu’un juge puisse les en priver ».

Il s’agit là de mesures visant à « remettre les personnes handicapées dans la citoyenneté », a expliqué Sophie Cluzel, secrétaire d’État chargée des Personnes handicapées. « L’objectif est que tout le monde puisse voter, au plus tard, aux prochaines élections municipales de 2020 » a-t-elle précisé dans une interview au Parisien-Aujourd’hui en France.

L’espoir luit. Le gouvernement s’est engagé à abroger l’article du code électoral donnant la faculté au juge des tutelles de retirer le droit de vote aux personnes majeures sous tutelle – situation qui concerne par exemple les « handicapés mentaux ». On estime à 310.000 le nombre des personnes qui seraient aujourd’hui en France privées de ce droit. Que des personnes majeures protégées sous tutelle ne puissent ni se marier, ni se pacser, ni divorcer sans l’autorisation d’un juge ? Une « réalité inacceptable »  pour Mme Cluzel qui précise que « le code civil sera modifié d’ici le début de l’année ».

Les personnes dont le handicap « n’est pas susceptible d’évoluer favorablement » verront certains droits attribués « à vie »: l’allocation adulte handicapé (dont le montant mensuel passera à 860 euros maximum pour une personne seule le 1er novembre) pour les personnes dont le taux d’incapacité est supérieur à 80 % ; la reconnaissance de qualité de travailleur handicapé ; la carte mobilité inclusion. Quant aux jeunes dont le handicap n’est pas susceptible d’évolution favorable, l’allocation d’éducation de l’enfant handicapé (AEEH) sera attribuée jusqu’à 20 ans.

Psychiatrie et infamie

L’espoir lui, aussi, aux frontières. Comme dans le nord du Bas-Rhin, à Bischwiller, où vient d’être créé un zoo thérapeutique (Le Quotidien du Médecin, Denis Durand de Bousingen ) « La fondation Sonnenhof a mis en place un parc animalier de 130 animaux issus de quinze espèces différentes, entièrement entretenu par les résidents, des personnes déficientes intellectuelles. Elle souhaite aujourd’hui ouvrir son zoo et ses activités équestres au grand public, nous apprend-on. Fondation médico-sociale protestante, le Sonnenhof de Bischwiller est l’une des rares structures de ce type à avoir totalement intégré la médiation animale dans ses activités, en se fondant sur l’expérience développée à Lambaréné (Gabon) par le Dr Albert Schweitzer. »

« Comme le rappellent les psychologues de la fondation, amener les personnes déficientes mentales à s’occuper d’animaux les faits passer du statut de patient ‘’objet de soins’’  à celui de sujets actifs qui ‘’prend soin’’. À côté de l’entretien du zoo, les résidents s’occupent de poneys islandais et les montent : les programmes d’équithérapie ont des effets spectaculaires chez les enfants hyperactifs ou présentant des troubles du comportement. De plus, certains enfants polyhandicapés parviennent eux aussi à monter à cheval, ce qui développe leur motricité. Quant aux résidents qui ne peuvent pas se déplacer, ils peuvent eux aussi bénéficier de rencontres avec les animaux, en particulier des agneaux dressés à cette fin. »

Accueillant plus de 1 000 résidents, enfants et adultes, cette fondation emploie huit cents personnes, dont cinq médecins généralistes, deux psychiatres et un médecin de soins de suite et de réadaptation. Si le financement de l’établissement est assuré à la fois par l’ARS et le département, toutes les activités de médiation animale sont payées par la fondation elle-même. Et depuis deux ans, le Sonnenhof s’est ouvert exceptionnellement au grand public de la région, notamment scolaire, qui a pu découvrir le zoo et les activités équestres. Un succès pour la fondation, qui répond à sa volonté de mieux se faire connaître et, surtout, de favoriser la rencontre entre le monde du handicap et l’ensemble de la société.

L’espoir luira-t-il à Paris où, nous dit Slate.fr ( Laurent Sagalovitsch  seules neuf stations du métro parisien sont accessibles aux personnes handicapées ?  « Une infamie et une honte pour une ville qui prétend à l’universalité ». Qu’en diront la mairie et la RATP ?

A demain

@jynau

 

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