Que fera Agnès Buzyn soudain confrontée à une épidémie de cris d’alarme hospitaliers? 

Bonjour

Suppliques et doléances hospitalières dans toute la France. Les applaudissements médiatisés ayant salué le plan « Ma santé 2022 » ne sont plus. Rideau tiré et retour à la triste réalité du dénuement et de la perte d’identité. Et déjà un événement auquel est directement confronté le gouvernement ; face aux importantes difficultés auxquelles sont confrontés les établissements de santé et médico-sociaux, les quatre fédérations hospitalières (FEHAP, FHF, FHP, Unicancer) ont pour la première fois décidé d’unir leurs voix. Conférence de presse le mardi 6 novembre à 14H30. Objectif : « lancer un cri d’alarme sur la dégradation des conditions d’activités de soins dans leurs établissements ».

« En effet, même si l’ensemble des fédérations saluent les ambitions du Plan ‘’Ma santé 2022’’, ces mesures ne pourront produire leurs effets que dans quelques années. L’urgence est aujourd’hui de donner enfin aux établissements de santé les moyens indispensables pour continuer à remplir pleinement les missions au service des patients, à prodiguer à tous et partout la même qualité des soins, et à investir pour opérer les transformations indispensables des établissements. »

Antoine Dubout, président de la FEHAP, Frédéric Valletoux, président de la FHF, Lamine Gharbi, président de la FHP et le Professeur Patrice Viens, président d’Unicancer, présenteront lors de cette conférence de presse les propositions qu’ils portent d’une seule et même voix. Une voix unissant public et privé, également angoissé.

Dans le même temps la Conférence nationale des présidents de commission médicale d’établissement (CME) des centres hospitaliers vient de publier une enquête 1  édifiante sur le moral altéré des troupes médicales et la situation budgétaire dégradée dans 192 hôpitaux – hors CHU. Présidée par le Dr Thierry Godeau (CH de La Rochelle) la conférence fait état d’une « situation très inquiétante » dans ces établissements de petite ou moyenne taille (42 % ont un budget annuel inférieur à 60 millions d’euros).

« Selon les remontées déclaratives des médecins, 78,5 % des établissements accusent un déficit, 16,8 % sont à l’équilibre et 4,7 % seulement affichent un excédent. 41,6 % des hôpitaux enregistrent un déficit supérieur à 3 % de leur budget, résume Le Quotidien du Médecin (Anne Bayle-Iniguez).  Mais surtout, trois présidents de CME sur quatre (76 %) estiment que leur employeur ne dispose pas de ‘’marges de manœuvre significatives’’ pour retrouver l’équilibre budgétaire. »

Moral médical profondément altéré

« Si les résultats définitifs seront probablement minorés en fin d’année par des mesures techniques qui touchent à leur limite (reprise sur provision, dégel éventuel des dotations, etc.), cela traduit la désespérance régnant dans la majorité des établissements (…) L’orthodoxie budgétaire supplée les enjeux de qualité des soins et de réponses aux besoins des usagers. Au point que la politique de recherche d’économies devient, pour les structures,  insoutenable ».

Dans ce contexte, le moral des praticiens hospitaliers (PH) est « profondément altéré ». Ils sont 72,4 % à manifester des « difficultés de fidélisation avec une accentuation des départs de praticiens ». Loin d’être nouvelle, la problématique de la pénurie médicale « s’aggrave ». Des « déserts hospitaliers » apparaissent et même « s’étendent avec l’arrêt d’activités hospitalières de proximité par manque de médecins ».

Corollaire : les présidents de CME sont également préoccupés par le « malaise hospitalier » actuel, qui se traduit par une augmentation des signalements des risques psychosociaux à l’hôpital, la « violence » de certains mouvements sociaux (grève dure et de longue durée, séquestration, grève de la faim, etc.) et la démission de responsables médicaux, « autant de signaux d’alertes qui devraient pourtant pousser à agir sans attendre ».

Or ces praticiens estiment qu’à ce stade, « visiblement rien » n’est fait par le gouvernement pour répondre à court terme au trouble hospitalier.  Et d’en appeler solennellement le gouvernement à revoir sa copie s’il veut éviter de « laisser l’hôpital mourir dans l’indifférence ». Agnès Buzyn ne manque jamais une occasion pour rappeler qu’elle connaît bien le monde et le système hospitalier auquel elle se dit attachée. Le moment est venu, au-delà de quelques services de l’AP-HP, de le démontrer.

A demain

@jynau

1 Enquête menée du 26 septembre au 8 octobre auprès de 192 présidents de CME de centres hospitaliers.

 

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