Correctif : dans la polémique sur la cystite pharmaceutique Agnès Buzyn a perdu la partie

Bonjour

Nous commentions il y a quelques heures (sur la foi d’une information de l’AFP reprise par de nombreux médias) que l’Assemblée nationale autorisait une expérience permettant aux pharmaciens de jouer au médecin. Il s’agissait là d’un amendement défendu par Delphine Bagarry, 48 ans, médecin et députée depuis juin 2017 (La République en marche, Alpes-de-Haute-Provence). Il s’agissait de « confier aux pharmaciens, dans le cadre de protocoles conclus entre médecins et pharmaciens, la délivrance de certains médicaments à prescription médicale obligatoire pour certaines pathologies ».Le cas des infections urinaires féminines (cystites) avait notamment été évoqué durant les débats. Mais aussi les orgelets, eczémas, angines et autres « petites maladies ».

« On ne transforme pas le pharmacien en médecin mais on permet, dans l’intérêt des patients, de faciliter la délivrance de certains médicaments » avait plaidé la députée soutenue par Agnès Buzyn ministre des Solidarités et de la Santé. Objectif : « permettre aux Français d’accéder plus facilement aux soins dont ils ont besoin, en s’appuyant sur les compétences de chacun » – le tout ans « manquer de respect aux métiers ».

Mains levées

En vérité, loin d’être voté, comme l’avait cru l’AFP, cet amendement a été rejeté. « La nouvelle a circulé depuis vendredi soir sur les réseaux sociaux et dans plusieurs médias, mais elle est erronée : non, l’Assemblée nationale n’a pas approuvé, vendredi soir, un amendement autorisant, à titre expérimental, les pharmaciens à délivrer des médicaments à prescription médicale obligatoire » résume France Inter.  Delphine Bagarry a expliqué à cette radio ce samedi matin « qu’après un recompte des voix à main levée, l’amendement avait bel et bien été rejeté ».

Les députés ont en revanche adopté, quelques minutes plus tôt, un article qui prévoit la possibilité pour les pharmaciens « de renouveler des traitements chroniques ou d’ajuster leur posologie ». Extrait du pitch :

«L’intervention du pharmacien d’officine pour renouveler périodiquement des traitements chroniques ou en adapter la posologie, en lien étroit avec le médecin traitant, apparaît aujourd’hui comme une solution pertinente pour éviter les ruptures de soins, particulièrement dans les zones les plus touchées par la désertification médicale.

Le code de la santé publique prévoit cette possibilité depuis la loi HPST de 2009. Toutefois la nécessité, pour exercer cette mission, de s’inscrire dans un protocole de coopération au sens de l’article L. 4011‑1 du code de la santé publique, freine aujourd’hui, du fait de sa complexité et de sa lourdeur, les initiatives des professionnels : de fait, aucun protocole de coopération ayant pour objet le renouvellement des traitements chroniques n’a été validé par la Haute Autorité de santé depuis 2009. »

Gouvernement désavoué, donc. Où l’on voit que, parfois, à l’Assemblée, la raison peut finalement l’emporter. Une affaire de quelques mains levées.

A demain

@jynau

 

 

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