Le ministre de l’Agriculture n’a pas supporté les images de l’abattoir bio du Boischaut (Indre)

Bonjour

C’est un « exclusif » du Figaro. Des images à ne pas regarder : « des vaches gisant dans le sang de leurs congénères, un chevreau hurlant, pendu encore vivant à un crochet, un salarié qui s’y prend à plusieurs fois avant de mettre à mort des bovins qui meuglent ». « Difficile d’aller jusqu’au bout de cette nouvelle vidéo choc de plus de trois minutes publiée par l’association vegan L214 et dont Le Figaro « s’est procuré une copie ».

Ces images ont été tournées entre fin août et début septembre dernier dans l’abattoir « multi-espèces » du Boischaut, géré par la communauté de communes de La Châtre-Sainte-Sévère, dans l’Indre. Un établissement de 17 salariés, certifié bio, «le plus gros abattoir bovin de la région Centre-Val de Loire», selon le quotidien La Nouvelle République. Malgré un investissement récent de 1,6 million d’euros pour moderniser le site, on constate la présence d’outils inadaptés et des pratiques cruelles. Pourtant, ce site, comme l’ensemble des abattoirs français, a fait l’objet, au printemps 2016, d’un audit commandé par le ministère de l’Agriculture à la suite de premières vidéos chocs de L214 dans plusieurs abattoirs de l’Hexagone.

Au Boischaut, malgré le compte rendu de l’inspection, qui avait relevé des infractions notées C et D – notamment à la tuerie -, rien ne semble avoir changé deux ans après. «Le rapport accablant des services vétérinaires avait déjà identifié des non-conformités majeures qu’on retrouve dans cette nouvelle enquête en 2018», déplore Sébastien Arsac, porte-parole de L214.

Parmi les élus et les agriculteurs locaux, c’est l’incompréhension. «Je vais toutes les semaines apporter des bêtes au Boischaut, et j’ai assisté plusieurs fois à toute la chaîne, depuis l’abattage jusqu’à la découpe, mais je n’ai jamais constaté de mauvaises pratiques, indique Nicolas *, important éleveur bovin et porcin du coin. Si ces images étaient avérées, cela porterait préjudice à toute la filière.» «Nous sommes conscients que ce métier d’abatteur, très difficile, doit évoluer, réagit François Daugeron, président de la communauté de communes de La Châtre, après avoir vu cette vidéo. Nous venons de recruter une personne responsable de la qualité pour faire évoluer nos pratiques.»

Plaintes croisées

Un sujet douloureux parfaitement traité ce jour au 13 h de France Inter (à partir de 5’15’’ jusqu’à 11’15’’). L214 a porté plainte auprès du procureur de la République de Châteauroux pour «maltraitance et actes de cruauté». L’association demande en outre à la préfecture «la fermeture immédiate de l’établissement» pour des raisons d’hygiène. L’abattoir dénonce une « captation d’images dans un lieu privé ».  Puis la réaction de Didier Guillaume, ministre de l’Agriculture :

« Face à la vidéo diffusée hier soir montrant les pratiques inacceptables d’un abattoir du département de l’Indre le ministre demande au préfet de suspendre immédiatement, à titre conservatoire, l’activité de l’établissement. Parallèlement, il mandate la Brigade nationale d’enquête vétérinaire pour diligenter une enquête administrative. Sur la base des conclusions, des décisions appropriées seront ensuite prises.

 « Le ministre tient à souligner que cet épisode de maltraitance animale en abattoir illustre bien toute l’importance des nouvelles dispositions relatives à la protection animale qui viennent d’être introduites par la LOI n° 2018-938 du 30 octobre 2018 pour l’équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire et une alimentation saine, durable et accessible à tous. Cette loi qui qui vient d’être promulguée le 2 novembre créé ainsi un nouveau délit de maltraitance en abattoir et en conséquence accentue les sanctions auxquelles s’expose tout professionnel qui ne respecterait pas ses obligations vis-à-vis de la protection animale. (…)

 « Le ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation  rappelle que la lutte contre la maltraitance animale reste plus que jamais un sujet prioritaire du gouvernement et engage à la plus grande fermeté face à des actes inexcusables. »

Et après ? L 214 parle quant à elle de « meurtre alimentaire » de « sang qui coule » de « rapport sanglant à l’animal ». Elle dit que l’on ne peut pas « tuer des animaux avec bienveillance », que la violence, quoi qu’on fasse, est « inhérente à l’abattage ». Y compris dans les abattoirs « certifiés bio ». Et L214 de demander à chacun de réfléchir à notre propre consommation. Et de demander à pouvoir se mettre autour de la table pour, démocratiquement, faire progresser la situation.

A demain

@jynau

 

 

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