Tension artérielle et cancer de la peau : quand l’Agence du médicament ne prend pas de gants

Bonjour

Informer vs Inquiéter.

La « communication » est, dit-on, un métier. Soigner l’est aussi. Ceci est une information que vient de délivrer l’Agence nationale de sécurité des médicaments (ANSM):

« L’hydrochlorothiazide -HCTZ- est un diurétique, largement utilisé dans le traitement de l’hypertension artérielle, des œdèmes d’origine cardiaque, hépatique ou rénale et de l’insuffisance  cardiaque chronique. Des études récentes ont montré un risque accru de cancer de la peau ou des lèvres (carcinome basocellulaire et carcinome épidermoïde) chez les patients exposés pendant de nombreuses années à des doses élevées d’hydrochlorothiazide.

« Les patients qui prennent un médicament contenant de l’hydrochlorothiazide  (souvent associé à un traitement contre l’hypertension artérielle)  doivent surveiller régulièrement l’état de leur peau et limiter l’exposition au soleil. »

L’ANSM ajoute que « les professionnels de santé » ont été « informés de ce risque et des actions à mener auprès des patients concernés ». Ces professionnels et leurs patients doivent savoir que les données « ont été analysées au niveau européen » – et que « l’Agence européenne des médicaments a conclu que les patients qui prennent de l’HCTZ seul ou en association avec d’autres médicaments doivent : vérifier régulièrement l’état de leur peau afin de détecter toute nouvelle lésion ou modification de lésion existante ; faire examiner les lésions cutanées suspectes par leur médecin ; limiter l’exposition au soleil et aux rayons UV et avoir une protection adéquate en cas d’exposition solaire pour réduire les risques de cancers de la peau. »

Soulignons que l’hydrochlorothiazide est un diurétique présent dans d’innombrables spécialités pharmaceutiques appartenant à la classe des diurétiques thiazidiques, le plus souvent utilisé en association avec d’autres anti-hypertenseurs 1 Et que les diurétiques sont des traitements « classiques » de l’hypertension artérielle – dont l’utilisation est largement justifiée par le bénéfice attendu en termes de prévention des accidents vasculaires et cardiaques.

Informer vs Inquiéter.

A demain

@jynau

1 Liste des spécialités a base d’hydrochlorothiazide concernées  (06/11/2018)  (88 ko)

 

Une réflexion sur “Tension artérielle et cancer de la peau : quand l’Agence du médicament ne prend pas de gants

  1. Je ne sais pas si cette communication relève d’une carence ou de la volonté de ne pas informer.

    D’abord cela repose sur des études epidémiologiques cas-témoin (case – controlled studies) qui de par leurs méthodes, sont au bas de la pyramide de la médecine basée sur des preuves.
    http://iupui.campusguides.com/EBM/resources

    Bref ça vaut moyennement tripette et le risque que les conclusions soient fausses est élevé.
    C’est scandaleux de ne pas le dire, ou pire c’est le fait de l’ignorance.

    On pourrait s’arrêter là.

    Mais ils ne leur viendrait pas à l’esprit de communiquer les chiffres de telle façon que l’on comprenne le risque ?

    En fait il faut prendre son tableur ou sa calculette et aller pécher les chiffres dans leurs documents pour exprimer le résultat de façon compréhensible; les voilà à peu près, arrondis au pourcentage à deux décimales.

    Le risque de faire:

    A- un baso-cellulaire (CBC) (un gentil cancer qui guérit quand on le retire à condition de ne pas laisser une chose énorme s’installer)
    – chaque année ,
    – est de 0,00% à 0,03%
    Sous HTZ (hydrochlorothiazide) le risque devient selon mes calculs
    – de 0,00% à 0,04%

    Au pire il augmente de 0,01% par an.
    Et vu la méthodologie de l’étude on doit en douter.

    B- Le risque de faire
    – un carcinome épidermoïde (CE)
    – le risque annuel est de 0,03 à 0,15%
    Sous HTZ je trouve qu’il devient de 0,12% à 0,60%
    Au pire il augmente de 0,45% par an

    L’ANSM prend un facteur de risqque relatif que je ne comprends pas et qui change l’orde de grandeur des résultats pour le CE avec un risque qui passerait à entre 0,6 et 1,16% soit une augmentation du risque de 0,45% par an à 0,56% par an.

    Le tout basé sur des résultats obtenus avec des méthodes parmi les moins fiables.

    Effectivement avec un risque de cette ampleur déterminé de façon peu fiable il était urgent de sonner le tocsin.

    En oubliant de rappeler le gain en mortalité ou morbidité conféré par l’hydrochlorothiazide dans les cas où il est prescrit.

    Il le font exprès ou quoi ?

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