Soudain, au pied de l’Arc de triomphe, Emmanuel Macron redonna vie aux «anciens démons»

Bonjour

Immanence ? En même temps le rationnel et son absolu contraire. La raison pure et l’agitation politique des spectres. Au lendemain des spectacles du 11 novembre 2018, la Une du Monde, quotidien certes parfois fourbu mais toujours debout :  « Macron : les anciens démons ressurgissent ». Aller page 15, juste après le Carnet.

« Dimanche 11 novembre, Emmanuel Macron avait convié à Paris plus de soixante-dix chefs d’Etat et de gouvernement pour les Cent ans de la fin de la Grande Guerre. Dans un hommage au Soldat inconnu, au pied de l’Arc de triomphe, le président a exhorté ses invités, dont Donald Trump et Vladimir Poutine, à ne pas céder aux sirènes du nationalisme, pour privilégier la coopération multilatérale, que ce soit au sein de l’Union européenne ou des Nations unies ».

Et puis ces extraits :

« Le 7  novembre 1918, lorsque le caporal clairon Pierre Sellier sonna le premier cessez-le-feu, vers 10  heures du matin, bien des hommes ne purent y croire, puis sortirent lentement de leurs positions, pendant que, de loin en loin, sur les lignes, les mêmes clairons répétaient le cessez-le-feu puis faisaient entendre les notes de la sonnerie aux morts, avant que les cloches ne répandent la nouvelle, à la volée, dans tout le pays.

Le 11  novembre 1918, à 11  heures du matin, il y a cent ans, jour pour jour, heure pour heure, à Paris comme dans toute la France, les clairons ont retenti et les cloches de toutes les églises ont sonné. C’était l’armistice. » (…)

« Avec les ombres de Peugeot, premier tombé, et de Trébuchon, dernier mort pour la France dix minutes avant l’armistice, voici l’instituteur Kléber Dupuy, défenseur de Douaumont, Apollinaire, Blaise Cendrars au régiment de marche de la Légion étrangère, les soldats des régiments basques, bretons ou marseillais, le capitaine de Gaulle que personne alors ne connaissait, Julien Green, l’Américain, à la porte de son ambulance, Montherlant et Giono, Charles Péguy et Alain Fournier tombés dans les premières semaines, Joseph Kessel venu d’Orenbourg en Russie.

Et tous les autres, tous les autres qui sont les nôtres, auxquels plutôt nous appartenons, et dont on peut lire les noms sur chaque monument, des hauteurs solaires de la Corse aux vallées des Alpes, de la Sologne aux Vosges, de la pointe du Raz à la frontière espagnole. Oui, une seule France, rurale et urbaine, bourgeoise, aristocratique et populaire, de toutes les couleurs où le curé et l’anticlérical ont souffert côte à côte et dont l’héroïsme et la douleur nous ont faits.

Durant ces quatre années, l’Europe manqua de se suicider. L’humanité s’était enfoncée dans le labyrinthe hideux d’affrontements sans merci, dans un enfer qui engloutit tous les combattants, de quelque côté qu’ils soient, de quelque nationalité qu’ils soient. »

Et cet invraisemblable chapelet : « 10  millions de morts ; 6  millions de blessés et mutilés ; 3  millions de veuves ; 6  millions d’orphelins ; des millions de victimes civiles ; un milliard d’obus tirés sur le seul sol de France ».

Suit un bien beau discours présidentiel, expliquant au peuple de France que « 1918 », c’était il y cent ans, que cela « peut sembler loin », mais que « c’était hier ». Et le président Macron de déclarer, avant de nous perdre une nouvelle fois dans une complexité itinérante et mémorielle :

« Je le sais, les démons anciens resurgissent, prêts à accomplir leur œuvre de chaos et de mort. »

Où  l’on en revient, comme dans le cas de l’alcool, des drogues et du sevrage, à la métaphore du « retour des démons ». Métaphore opérante ? Immanence ?

A demain

@jynau

 

 

  « Le 7  novembre 1918, lorsque le caporal clairon Pierre Sellier sonna le premier cessez-le-feu, vers 10  heures du matin, bien des hommes ne purent y croire, puis sortirent lentement de leurs positions, pendant que, de loin en loin, sur les lignes, les mêmes clairons répétaient le cessez-le-feu puis faisaient entendre les notes de la sonnerie aux morts, avant que les cloches ne répandent la nouvelle, à la volée, dans tout le pays.

Le 11  novembre 1918, à 11  heures du matin, il y a cent ans, jour pour jour, heure pour heure, à Paris comme dans toute la France, les clairons ont retenti et les cloches de toutes les églises ont sonné.

 

C’était l’armistice. »

(…)

« Avec les ombres de Peugeot, premier tombé, et de Trébuchon, dernier mort pour la France dix minutes avant l’armistice, voici l’instituteur Kléber Dupuy, défenseur de Douaumont, Apollinaire, Blaise Cendrars au régiment de marche de la Légion étrangère, les soldats des régiments basques, bretons ou marseillais, le capitaine de Gaulle que personne alors ne connaissait, Julien Green, l’Américain, à la porte de son ambulance, Montherlant et Giono, Charles Péguy et Alain Fournier tombés dans les premières semaines, Joseph Kessel venu d’Orenbourg en Russie.

Et tous les autres, tous les autres qui sont les nôtres, auxquels plutôt nous appartenons, et dont on peut lire les noms sur chaque monument, des hauteurs solaires de la Corse aux vallées des Alpes, de la Sologne aux Vosges, de la pointe du Raz à la frontière espagnole. Oui, une seule France, rurale et urbaine, bourgeoise, aristocratique et populaire, de toutes les couleurs où le curé et l’anticlérical ont souffert côte à côte et dont l’héroïsme et la douleur nous ont faits.

Durant ces quatre années, l’Europe manqua de se suicider. L’humanité s’était enfoncée dans le labyrinthe hideux d’affrontements sans merci, dans un enfer qui engloutit tous les combattants, de quelque côté qu’ils soient, de quelque nationalité qu’ils soient. »

Et cet invraisemblable chapelet : « 10  millions de morts ; 6  millions de blessés et mutilés ; 3  millions de veuves ; 6  millions d’orphelins ; des millions de victimes civiles ; un milliard d’obus tirés sur le seul sol de France ».

Suit un bien beau discours présidentiel, expliquant au peuple de France que « 1918 », c’était il y cent ans, que cela « peut sembler loin », mais que « c’était hier ». Et le président Macon de déclarer, avant de se perdre une nouvelle fois dans une complexité itinérante et mémorielle :

« Je le sais, les démons anciens resurgissent, prêts à accomplir leur œuvre de chaos et de mort. »

Où  l’on en revient, comme dans le cas de l’alcool, des drogues et du sevrage, à la métaphore du « retour des démons ».

A demain

@jynau

 

2 réflexions sur “Soudain, au pied de l’Arc de triomphe, Emmanuel Macron redonna vie aux «anciens démons»

  1. La bonne vieille rhétorique politicienne pleine de vide : hors de moi le chaos. En général portée par ceux qui sont le chaos.

  2. Ce sont des mots. Comme Mozart, trop de mots . Polonius: « hat do you read, my lord ? » Hamlet: « Words, words, words ».
    Comme si les démons avaient disparu. On se souvient des corps squelettiques des prisonniers bosniaques de Milosevic. On se souvient que l’Europe n’avait pas su frapper, il avait fallu , encore, les Américains, ah, ceux-là ! Pol Pot pas mal aussi. Mao très fort.
    La saloperie innée (what else? ) d’homo sapiens se voit toujours et partout , des salopards au petit pied, qui n’en tuent ou écharpent que 2 ou 3. D’autres au grand potentiel comme la néo-Sublime Porte, il suffit d’écouter les infos internationales.

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