«PMA pour toutes/sans père» : Emmanuel Macron ne maîtrise plus les aiguilles des horloges   

Bonjour

Le décryptage politique affûté reste à faire – mais c’est à l’évidence un symptôme signifiant des tâtonnements récurrents de  la Macronie.  Nous l’évoquions hier, sur la foi d’une indiscrétion de Libération. C’est aujourd’hui acté par l’AFP. « Pressé par sa majorité et toute la gauche, mais faisant face aux bruyantes réticences de la droite, le gouvernement a décidé de reporter aux alentours de l’été l’examen à l’Assemblée nationale du texte controversé qui ouvre la procréation médicalement assistée à toutes les femmes. Une décision qui a suscité la colère des militants. »

 « Il y a un décalage de quatre mois et demi ou cinq mois [par rapport au calendrier initial] en raison de l’encombrement du calendrier parlementaire », a fait savoir, jeudi 16 novembre, à l’AFP, le rapporteur de la mission d’information sur la bioéthique, Jean-Louis Touraine, médecin et député (La République en marche, Rhône). Le Pr Touraine est bien bon de justifier le recul temporel par l’encombrement calendaire. Et ce spécialiste reconnu d’immunologie en ignorerait-il les effets ?

« Une stratégie électorale avant l’intérêt des familles », a sèchement dénoncé le président de SOS-Homophobie, Joël Deumier. Ce dernier y voit une manière d’éviter des débats polémiques avant les élections européennes de mai 2019 – tandis que l’exécutif souffre depuis plusieurs semaines d’une baisse continue de sa popularité.

Qu’en dit Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, récente partisane de la « PMA pour toutes/sans père » ? On ne le saura pas. Son ministère a toutefois assuré à l’AFP que « l’objectif est de présenter le projet de loi au premier trimestre [2019], quitte à ce que le débat ait lieu plus tard pour des raisons de calendrier ».

Le pouvoir exécutif avait initialement annoncé qu’il présenterait le projet de révision de la loi de bioéthique avant la fin de l’année 2018 – pour un débat au Parlement au premier trimestre 2019. On se souvient aussi que l’ouverture de la PMA/IAD à « toutes les femmes » figurait dans le programme du candidat Emmanuel Macron – qui l’avait toutefois conditionné à un avis favorable du Comité consultatif national d’éthique.

L’affaire Benalla !

On se souvient enfin que cet avis obtenu, ainsi que celui de l’office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques, tout était soudain apparu nettement plus compliqué que prévu – à commencer par les hésitations publiquement exprimées par Edouard Philippe, Premier ministre hier encore opposé à cette évolution.

« Il faut créer les conditions pour un débat le plus apaisé possible, pour un projet de loi aux enjeux complexes, dont la PMA n’est pas le plus difficile » confie l’entourage d’Agnès Buzyn, citant « la congélation des ovocytes, les recherches sur l’embryon, le droit de la filiation. On souhaiterait que l’examen soit précédé d’un travail en commun entre les députés et les sénateurs. » Ce dont ne veut ni M. Larcher ni M. Ferrand.

L’annonce du report dans le temps suscite l’ire des associations LGBT (lesbiennes, gays, bi, trans). « Nous sommes furieux, a tonné auprès de l’AFP Laurène Chesnel, déléguée famille de l’Inter-LGBT. On nous fait passer après la réforme constitutionnelle. (…) Ce n’est pas à nous de payer l’affaire Benalla ! ».

Comprenne qui pourra.

A demain

@jynau

 

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