Gilets jaunes, infirmières, médecins hospitaliers : qui peut écouter ce lamento sans cesse amplifié? 

Bonjour

20 novembre 2018. La jacquerie des Gilets jaunes se poursuit et Paris serait menacé. Sur France 2, Christophe Castaner, jeune ministre de l’Intérieur, dénonce une « dérive totale » de ce mouvement. Nous serions selon lui passé insensiblement, alcool aidant, d’une  « manifestation bon enfant » a des « revendications qui ne sont plus cohérentes et qui vont dans tous les sens ».

Et le ministre d’évoquer «un très très grand nombre de blessés, y compris sur nos forces de l’ordre (…) En trois jours, il y a autant de blessés dans nos forces de l’ordre qu’en trois mois d’évacuation à Notre-Dame-des-Landes. Je ne souhaite pas que ça dure, les manifestants ont été entendus ».

Qui, aujourd’hui, entend qui ? Le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian fait entendre une musique différente. Invité lundi soir sur Europe 1, l’ancien responsable socialiste et breton a évoqué la «souffrance [des «gilets jaunes»] qu’il faut entendre, comprendre et respecter». Il s’inquiète de cette grogne sociale, qui repose selon lui sur «un sentiment selon lequel la transition écologique est payée davantage par certaines catégories sociales» et sur «une forme d’inégalité face à la mobilité».

Qui, aujourd’hui, entend qui ? Les infirmières/infirmiers manifestent leurs colères. C’est, là aussi, un phénomène qui trouve mille et une raisons pour émerger et s’installer.  Ces soignants se vivent souvent comme « méprisés » et « oubliés ».  Et d’évoquer le silence du président Emmanuel Macron sur la place et le rôle de leur profession dans la réforme du système de santé, lors de la présentation du plan « Ma santé 2022 », le 18 septembre à l’Elysée. Une faute majeure que la ministre des Solidarités et de la Santé peinera à faire oublier – comme l’a démontrée son intervention peu compréhensible, en urgence, au journal de 13 heures de France Inter. La ministre entend la « souffrance » sans jamais parvenir à la faire oublier.

Quelques mandarins

Qui, dans la France d’aujourd’hui, entend qui ? Cette tribune importante publiée dans Le Monde, signée du Dr Thierry Philip, président du directoire de l’Institut Curie et de l’Organisation des instituts européens du cancer. Extraits :

«  La Sécurité sociale, financée par nos cotisations, accepte à travers le paiement à l’acte et les dépassements d’honoraires que les médecins libéraux du secteur privé soient mieux rémunérés que les médecins salariés pour faire le même métier, avec les mêmes outils et sans les contraintes de l’enseignement, de la recherche et des gardes… Dans ces conditions, la fuite des médecins vers le secteur privé est inéluctable et toute réforme de la filière non lucrative est vouée à l’échec. Le président de la République se doit d’ouvrir le seul chapitre de réforme qui peut sauver nos hôpitaux publics.

Paradoxalement, la crise a désormais atteint le fleuron de nos hôpitaux, les centres hospitaliers universitaires (CHU). D’une part, le titre de ‘’professeur’’ ne suffit plus à attirer les jeunes praticiens ; d’autre part, les professeurs nommés fuient en nombre vers le secteur privé, sans recherche et sans enseignement, où l’on peut vivre financièrement beaucoup mieux, sans gardes, en faisant du ‘’ programmé ‘’. Il faut rappeler qu’à l’exception de quelques mandarins pour qui il suffirait d’appliquer la loi, l’activité privée dans les CHU ne paye que la retraite des praticiens sur leur salaire hospitalier, et qu’il n’y a pas de privé dans les centres de lutte contre le cancer.

La réflexion sur les salaires est un préalable à toutes les réformes. (…) Si on veut réformer, il faut s’attaquer aux vrais problèmes, pas à des boucs émissaires. Aujourd’hui, la qualité n’est plus reconnue et n’est plus rémunérée à l’hôpital. »

Qui, aujourd’hui, entend qui ?

A demain

@jynau

Une réflexion sur “Gilets jaunes, infirmières, médecins hospitaliers : qui peut écouter ce lamento sans cesse amplifié? 

  1. Dr Philip: « « La Sécurité sociale, financée par nos cotisations, accepte à travers le paiement à l’acte et les dépassements d’honoraires que les médecins libéraux du secteur privé soient mieux rémunérés que les médecins salariés pour faire le même métier, avec les mêmes outils et sans les contraintes de l’enseignement, de la recherche et des gardes…  »

    Il est un peu politicard et agaçant.
    « Nos cotisations »
    Et les cotisations importantes des mécecin libéraux et autres salauds (avocats, noaires, comtables, coseils, indépendants artisans ….

    Depassement d’honoraires.
    En français il s’agit d’honoraires libres au delà du tarif de la sécurité sociale.
    Spéciaiste ou généraliste: consultation : 23 euros.
    REtirer URSSAF et retaite (cotisations sociales) il reste au doigt mouillé 13-14 euros
    ReTIRER LES FRAIS:
    – loyer du cabinet
    – frais de secrétariat
    – Electricité Eau, ménage , charges du cabinet
    AUtres frais mineurs variables…que je ne cmpte pas
    Il reste au doigt mouillé 8-10 euros pour la consultation

    En plus:

    PAS DE CONGE PAYE. Les revenus des semaines non travaillées sont à déduire de celui des semaines travaillées. Hé oui.
    Pas de congé formation payé. Ou peanuts.

    Si je me trompe merci de corriger.

    Mieux remunérés dans le privé ?

    J’ai démissionné de l’hôpital public à cause du manque de moyens pour travailler en toute sécurité.
    J’ai vu le privé avant de partir « ailleurs ».

    Ils gagnent souvent mieux mais j’ai vu qu’ils font beaucoup plus d’heure que pas aml de collègues dans le public.
    Il faudrait compter à l’heure.
    Et ne pas oublier les 6 semaines de congé non payées.

    Et la retraite de mes amis praticiens hospitaliers est bien meilleure que la retraite de mes affreux amis du privé.

    J’ai vu pas mal de collègues du public partir dans le privé dont des professeurs, et le moteur plus que l’argent ce sont les conditions de travail, l’absence d’une certaine oppression administrative et pour les chirurgiens et anesthésistes le fonctionnement foutoir de certains blocs opératoires.

    La « contrainte » de la recherche et de l’enseignement n’est pas plus une contrainte que de soigner. Si ça ne vous plait pas ne faites pas ce métier-là.

    Les gardes oui il y en a moins dans le privé sauf es services d’urgence privé, les onstétriciens, les réanimateurs et à moindre titre les chirurgiens et anesthésites.

    Les dermatos du public ne font pas plus de gardes que ceux du privé n’est-ce as ?

    Tout n’est pas si simple avec les méchants cupides du privé (oh il y en a quand même) et les gentils du public.

    Je me fais soigner ainsi que ma famille dans le public comme dans le privé. La qualité se trouve partout, même si mieux vaut être averti.

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