Les confidences d’Alexandre Ricard sur les boissons au cannabis et la prévention de l’alcoolisme

Bonjour

Un géant vient de se confier au Figaro Eco (Ivan Letessier). Cela donne : « Pernod Ricard livre ses recettes pour accélérer encore » (sic). Où l’on apprend que les petits actionnaires de Pernod Ricard auront de quoi boire du petit-lait (re-sic) : « le géant français des spiritueux, qui a réalisé un chiffre d’affaires de 9  milliards d’euros sur l’exercice clos fin juin, atteint un sommet en Bourse, où il est valorisé plus de 37 milliards ».

Alexandre Ricard, son PDG depuis février 2015 a, nous explique Le Figaro,  remis son groupe sur les rails de la croissance (re-re-sic) plus tôt que prévu. « Mieux, le petit-fils de Paul Ricard, le fondateur du groupe [19 000 collaborateurs], veut désormais passer la surmultipliée (sic.s). Extraits choisis de son entretien au Figaro.

« En juillet 2015, alors que nous n’avions plus de croissance, je m’étais engagé à la redresser dans la fourchette de 4 à 5 % en trois à cinq ans. Nous avons dépassé cette ambition à la fois en valeur, puisque le chiffre d’affaires a progressé de 6 % sur le dernier exercice, et en temps, puisque nous y sommes parvenus en trois ans. Nous avons atteint tous les objectifs d’une feuille de route centrée sur les consommateurs: notre approche de la distribution est plus efficace et nos innovations représentent un tiers de notre croissance. Nous avons formé nos managers à être plus réactifs et à ne pas avoir peur de l’échec. Les fondamentaux sont là, nous avons construit de quoi accélérer. Ma mission est simple: construire dans la durée une croissance pérenne et profitable. »

 « (…) J’ai du mal à cacher mon enthousiasme. Nous avons deux leviers extraordinaires pour accélérer: d’une part, notre portefeuille est de loin le plus complet de l’industrie pour couvrir tous les moments de consommation (apéritif, cocktail chic, dîner, soirée festive…) ; d’autre part, nous sommes le seul acteur à disposer d’une exposition unique à la classe moyenne émergente à travers la Chine et l’Inde où nous sommes leaders avec respectivement 42 et 45 % de part de marché. Nous sommes les mieux placés pour saisir la plus grande partie de la croissance future du secteur.

 « La France est à la fois le centre névralgique du groupe et ses racines. Ricard reste la première marque de spiritueux en France. J’éprouve un réel plaisir à observer l’attachement viscéral entre la France et Ricard, même de la part de ceux qui n’en boivent pas. Je ressens de la fierté et de l’émotion d’être à la tête d’un groupe qui a un tel lien avec la France. Nous sommes un des rares champions français. »

 Cannibalisation des vins et spiritueux

 Le Figaro pose alors cette question :  « Le cognac est l’une de vos trois priorités, avec la vodka et le whisky. Le secteur fait face à une pénurie de matières premières, notamment en termes d’eaux-de-vie jeunes. Comment comptez-vous gérer ce handicap ? » Réponse :

« Nous n’avons pas de handicap. Pendant les années difficiles pour le cognac, Pernod Ricard a continué d’investir dans des stocks stratégiques d’eaux-de-vie. Nous sommes capables de servir une croissance en volumes de 7 à 9 %, à laquelle s’ajoute notre capacité à augmenter les prix. Gérer la rareté, cela peut être un moteur de croissance. »

 Puis, enfin, sur le fond : « L’alcool fait l’objet de mises en garde de plus en plus vives, et la Cour des comptes préconise une hausse des taxes. Est-ce un risque pour le secteur des spiritueux ? » Réponse :

« Il faut se placer du point de vue du consommateur. La consommation d’alcool a baissé de 60 % en volume depuis les années 1960. 71 % du prix des bouteilles est constitué de taxes. N’exagérons pas, c’est assez cher. La consommation responsable est celle de la majorité, même si je ne nie pas certains comportements. Il n’y a pas de convivialité dans l’excès: d’ailleurs, un patron de bar ne sert pas de clients ivres, car il ne veut pas perdre ses clients conviviaux. Nous sommes pour une consommation responsable et modérée. La tendance, c’est de boire moins et mieux, le bon verre au bon moment. Chacun doit trouver son propre équilibre. C’est ce qu’il y a de plus compliqué, car il y a autant d’équilibres que d’individus. Cela ne passe pas par des décrets, mais par l’éducation et la responsabilisation. »

 Et pour finir :  « Le marché du cannabis se légalise en Amérique du Nord, certains de vos rivaux y investissent 1. Avez-vous de tels projets ? »

« Nous n’avons aujourd’hui aucun projet d’investissement. Nous analysons les conditions dans lesquelles le cannabis se légalise, dans la mesure où certains estiment que cela peut disrupter le marché. Notre responsabilité est de vérifier qu’il n’y a pas de cannibalisation sur des vins et spiritueux haut de gamme. Rien ne permet de craindre un tel phénomène pour le moment. »

 A demain

1 Sur ce sujet furieusement d’avenir :  « Cannibalisme, spiritueux et Pernod Ricard : légalisé le cannabis liquide sera-t-il alcoolisé ? » Journalisme et santé publique du 30 août 2018

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s