«Euthanasie non conforme» : trois médecins flamands poursuivis pour « empoisonnement »

Bonjour

Que s’est-il passé en deçà du Styx et au-delà de la frontière franco-belge ? C’est une première depuis la loi de 2002  nous dit La Libre : « Trois médecins renvoyés devant les assises pour une euthanasie non conforme » (Annick Hovine)

Trois médecins flamands, dont une psychiatre, suspectés de ne pas avoir respecté les conditions légales (celles dans lesquelles une euthanasie peut être pratiquée) ont été renvoyés le 22 novembre devant les assises par la chambre des mises en accusation de Gand. Ils sont poursuivis pour empoisonnement.

« C’est la première fois, depuis l’entrée en vigueur de la loi de 2002 dépénalisant partiellement l’euthanasie 1, que des médecins qui ont mis fin à la vie d’un patient doivent répondre de leurs actes devant la justice. Jusqu’ici, les quelques plaintes introduites par des proches avaient toutes abouti à un classement sans suite. »

Les faits ? Le 27 avril 2010, Tine Nys, une jeune femme de 38 ans était euthanasiée pour « cause de souffrances psychiques ». « On n’a évidemment pas accès au dossier médical de la patiente, précise la journaliste. Mais on sait qu’une sœur de Tine a déposé plainte, avec constitution de partie civile, déclenchant une enquête sur cette euthanasie. »

« Incroyable amateurisme »

Selon les proches, rapporte encore La Libre l’acte euthanasique a été posé de manière « inadéquate ».

« Le médecin aurait omis de placer une perfusion préalable, n’aurait pas prévu le matériel nécessaire ni correctement placé la seringue. Les détails racontés par les sœurs sont effroyables : le docteur aurait comparé l’euthanasie de Tine Nys à « une injection létale administrée à un animal domestique aimé pour mettre fin à ses souffrances ». Après le décès, le médecin a demandé aux parents s’ils voulaient vérifier, avec le stéthoscope, que le cœur de leur fille s’était bien arrêté de battre »

Suivent d’autres détails évoquant  un « incroyable amateurisme » et de « graves négligences techniques ». Les sœurs de Tine reprochent notamment aux médecins d’avoir  bien trop hâtivement accédé à la demande de la jeune femme.  Selon ses proches, la jeune femme ne souffrait nullement d’une maladie psychique incurable. La chambre des mises en accusation de Gand a quant à elle estimé qu’elle disposait de suffisamment d’éléments permettant de conclure que les procédures prévues par la loi n’avaient pas été respectées.

La Libre : « Selon nos informations, la psychiatre renvoyée devant les assises est le docteur L. T., connue en Flandre pour un discours et une pratique très laxistes face à des demandes d’euthanasie de personnes souffrant de troubles psychiatriques ».

A demain

@jynau

1 La loi belge du 28 mai 2002 dépénalise l’euthanasie active défini comme étant « l’acte, pratiqué par un tiers, qui met intentionnellement fin à la vie d’une personne à la demande de celle-ci ». L’acte d’euthanasie est notamment autorisé sous trois conditions : le patient doit être majeur (ou mineur émancipé), capable et conscient au moment de sa demande ; celle-ci doit être formulée de manière volontaire, réfléchie et répétée et ne résulte pas d’une pression extérieure ; le patient se trouve dans une situation médicale sans issue et fait état d’une souffrance physique ou psychique constante et insupportable qui ne peut être apaisée et qui résulte d’une affection accidentelle ou pathologique grave et incurable.

 

2 réflexions sur “«Euthanasie non conforme» : trois médecins flamands poursuivis pour « empoisonnement »

  1. C’est l’inconvénient d’un acte « médical » comme l’euthanasie… (comme son pendant légal, la peine de mort). C’est un peu trop définitif… Difficile de revenir en arrière en cas d’erreur…
    Je comprends les médecins français qui ne sont pas chaud pour la mettre en place et s’en tiennent au « éviter l’acharnement thérapeutique ». Le risque de finir en taule est un peu trop élevé…

  2. Et puis…. s’il manque de place dans les hôpitaux…. ou mamie est un peu vieille et n’a plus toute sa tête et qu’on lui rabâche régulièrement qu’elle est un poids pour la société et ses enfants. C’est pas la même chose que la même mamie dans un service avec des lits inoccupés et avec un personnel (et des enfants) qui lui expliquent combien elle compte, même à la fin de sa vie et même en étant dépendante. Que ce déclin est normal et fait partie de la vie et que notre civilisation simplement humaine ne peut que prendre soin de nos parents. que depuis la nuit des temps on l’a toujours fait et que la civilisation n’a jamais été en danger, ni le groupe, ni la famille, de prendre soin de ses vieux.

    C’est un inconvénient qu’une poignée de blouses blanches puisse décider qu’à un moment, la vie se termine et que couper le fil un peu avant la fin c’est tout bénef.

    Moi je suis ok pour que l’on propose l’euthanasie comment moyen individuel et volontaire SI on l’accepte également pour la fille (ou le garçon) de 20 ans en pleine dépression à cause d’une peine de cœur. Parce que si c’est juste pour les vieux un peu grabataires et dépendants la dignité est une fausse excuse pour piquer les poids morts.

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