Toxicomanie, pharmacie et capitalisme : réduction des risques et explosion des bénéfices

Bonjour

 Industrie pharmaceutique : l’argent ou les patients ?  Quelques lignes éclairantes, glanées sur Slate.fr (Barthélemy Dont) : « Le prix d’un médicament augmente de 600% pour capitaliser sur l’épidémie d’overdoses ». Où l’on découvre les agissements de la firme Kaléo (« a new type of pharmaceutical company, dedicated to building innovative solutions for serious and life-threatening medical conditions »). Kaléo qui commercialise outre-Atlantique Evzio® (naloxone injectable):

« EVZIO est un médicament vendu sur ordonnance utilisé chez l’adulte et l’enfant pour le traitement d’une urgence liée aux opioïdes, telle qu’une surdose ou un éventuel surdosage d’opioïde, accompagnée de symptômes évocateurs de problèmes respiratoires et d’une somnolence sévère ou empêchant de réagir. EVZIO doit être administré immédiatement et ne remplace pas les soins médicaux d’urgence. Obtenez de l’aide médicale d’urgence immédiatement après la première dose d’EVZIO, même si la personne se réveille. EVZIO est sans danger et efficace chez les enfants en cas de surdosage connu ou présumé aux opioïdes. »

Business plan

Kaléo a décidé de profiter du besoin croissant de son produit pour en augmenter le prix. Vendu à l’origine 575 dollars (503 euros) en 2014, il a grimpé à 4.100 dollars (3.587 euros) en 2017. Sept fois plus cher. « Cette hausse drastique a mené à une investigation par le Sénat des États-Unis, rapporte Slate.frDans leur rapport, les enquêteurs concluent que le laboratoire a ‘’exploité la crise des opioïdes’’. En effet, lors la première hausse de prix en 2016, le nouveau business plan de la société pharmaceutique précisait que ‘’2016 est un moment critique pour notre succès à long terme’’ et que l’augmentation du prix serait un moyen de ‘’capitaliser sur l’opportunité’’ que représentent ‘’les overdoses d’opioïdes à des niveaux épidémiques’’ ».

Le Sénat américain estime qu’Evzio® a coûté 142 millions de dollars aux contribuables américains en quatre ans : la firme a fait en sorte que les médecins qui prescrivent cette spécialité remplissent des formulaires précisant que cette dernière est une nécessité médicale. Elle peut ainsi être prise en charge par Medicare et Medicaid – au détriment de solutions moins coûteuses.

En réponse Kaléo a fait valoir que son médicament a sauvé plus de cinq mille vies et que ce sont «les patients, pas les profits» qui ont dirigé ses actions. De telles situations pourraient-elles exister de ce côté-ci de l’Atlantique ?

A demain

@jynau

 

 

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