Les implants médicaux «angoisse(aie)nt» Agnès Buzyn, Marisol Touraine et Xavier Bertrand

Bonjour

Nous demandions il y a quelques heures quand Agnès Buzyn parlerait face à l’assaut d’ #Implant Files. C’est fait et c’est dans Le Monde (Chloé Hecketsweiler, Emeline Cazi et Stéphane Horel) : « Agnès Buzyn : ‘’Depuis des années, les implants médicaux, c’est l’angoisse des ministres de la santé ‘’ ». Etrange entretien fuyant dans lequel la ministre des Solidarités et de la Santé ne nie rien mais ne reconnaît, in fine, aucune part de responsabilité. Extraits :

« Depuis des années, les implants médicaux, c’est l’angoisse des ministres de la santé. J’ai toujours entendu Xavier Bertrand et Marisol Touraine 1 dire que leur inquiétude venait des dispositifs médicaux parce que le niveau d’exigence avant la mise sur le marché est bien inférieur à celui du médicament. Tous savent que la réglementation est insuffisamment robuste. Aujourd’hui, les chirurgiens ont l’obligation de donner une carte avec le type de prothèse, son numéro de série. Pour cela, chaque implant doit avoir son code de traçabilité, mais c’est long à mettre en place parce qu’il y a 1 500 000 dispositifs médicaux sur le marché. (…)

« Souvent, les médecins sous-déclarent les effets indésirables. Soit parce que c’est long. Soit parce qu’ils considèrent que c’est un événement habituel, et que cela fait partie des risques. Soit parce que l’événement est tellement inattendu qu’ils considèrent que c’est sans lien avec le dispositif. Pour augmenter la culture de la déclaration, je mène un travail avec l’Ordre des médecins et les professionnels pour qu’elle soit plus systématique et plus automatisée. (…)

« Les ministres qui m’ont précédée ont mené des batailles rudes en Europe, à tel point qu’on a été vus, comme, pardonnez-moi, des emmerdeurs. On a par exemple demandé des études cliniques pour tous les dispositifs qui demandaient le remboursement. Une charte pour encadrer la visite médicale des fabricants de dispositifs médicaux est en train d’être rédigée et des sanctions financières sont prévues pour ceux qui ne la respecteraient pas. Aujourd’hui, normalement, les industriels ne peuvent plus rentrer comme ils le faisaient dans les hôpitaux. »

Agnès Buzyn estime d’autre part « absolument pas normal » que des fabricants mettent à disposition du personnel payé par l’industrie pour assister les chirurgiens au bloc opératoire. Il faudra veiller, à l’avenir, à interdire ces pratiques et de vérifier qui rentre dans les hôpitaux, et dans les blocs opératoires.

La puissante firme Medtronic passant des partenariats avec  des établissements de santé, finançant des salles d’opération en contrepartie de la pose d’implants ? « Je découvre ce contrat, et je ne sais pas si je souhaite que ce genre d’accords se déploie, dit la ministre. Ce qui compte pour moi, c’est qu’on ne demande pas à l’établissement de consommer plus d’implants et que les professionnels gardent leur liberté de prescription. » Et Agnès Buzyn de préciser aux lecteurs du Monde  :

« Au vu des missions que j’ai exercées dans ma vie, je ne suis pas considérée comme faisant des cadeaux aux industriels ! »

A demain

@jynau

1 Sur France Inter Agnès Buzyn a, le 27 novembre, ajouté Roselyne Bachelot à cette liste – et précisé que ces trois ministres pensaient que les prochains « scandales médicaux » concerneraient les implants médicaux.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s