Dialyse rénale et « surmortalité » : mobilisation nationale  pour faire la lumière sur le citrate

Bonjour

Comment répondre, au mieux et au plus vite, à une interrogation sanitaire majeure ? Des « centaines de personnes » dialysées sont-elles, en France, mortes prématurément ? C’est la grave question soulevée il y a quelques jours  par Le Monde (Pascale Santi) : « Alerte sanitaire sur un produit utilisé pour la dialyse. Une étude montre une surmortalité de 40 % pour des personnes traitées avec un liquide de dialyse contenant du citrate ».

On sait désormais que la question se fonde sur une étude rétrospective pilotée par le Dr Lucile Mercadal ­ (Inserm, CESP 1018 et hôpital Pitié-Salpêtrière) et réalisée avec une équipe de néphrologues et de biostatisticiens français (REIN-Agence de la biomédecine ABM), à partir des données du registre national REIN. On sait aussi que cette étude a été présentée le ­3 octobre dernier lors du congrès de la Société francophone de néphrologie, dialyse et transplantation (SFNDT). Mais cette même étude n’a pas encore été publiée.

Comment progresser ? Comment informer au plus juste les dizaines de  milliers de personnes directement ou indirectement concernées ? C’est la tâche qui incombe- et à laquelle vient de s’atteler – l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) qui vient de réunir l’ensemble des parties prenantes concernées par «  une éventuelle
surmortalité liée à l’utilisation du dialysat au citrate ».

Les « dialysats au citrate » sont un des types de dialysat utilisés pour l’hémodialyse chronique. « A ce jour, sur les 45 000 patients hémodialysés, on estime à 15 000 le nombre de patients concernés en France » précise l’ANSM.

Ces différentes parties viennent de se réunir pour « partager les résultats de l’étude observationnelle »  et « définir des actions communes à destination des patients et des professionnels de santé ».

Le Dr Mercadal a présenté son étude (Etude du bénéfice potentiel de l’utilisation d’un dialysat sans acide acétique sur la survie dans le registre REIN ) en présence de l’équipe INSERM, des associations de patients Renaloo et France Rein, des professionnels de santé Fondation du Rein, Société francophone de néphrologie dialyse et transplantation (SFNDT), Club des jeunes néphrologues (CJN), de l’Agence de la biomédecine (ABM) et de l’Agence nationale du médicament et des produits de santé (ANSM). La possibilité d’un rôle défavorable des dialysats sans acide acétique mais avec citrate y est soulevée.

Conclusion :

« A l’issue de cette présentation et des discussions en séance, les participants estiment que ces résultats très préliminaires constituent un signal à prendre en compte mais qu’il est nécessaire de poursuivre les investigations avant de statuer sur un éventuel risque de surmortalité et d’effets indésirables tels que des crampes en cas d’utilisation du dialysat au citrate chez les patients en hémodialyse chronique. Dans ce contexte une attention particulière est recommandée pour l’utilisation du  dialysat au citrate. »

Les parties prenantes se sont accordées sur trois axes de travail : la mise en place d’une information renforcée à destination des patients et des professionnels de santé ; des recommandations d’encadrement et d’utilisation des différents types de dialysats pour les professionnels de santé ; des investigations complémentaires et indépendantes sur les données actualisées, élargies et individuelles sur les patients dialysés, en particulier avec des dialysats au citrate.

A demain

@jynau

2 réflexions sur “Dialyse rénale et « surmortalité » : mobilisation nationale  pour faire la lumière sur le citrate

  1. C’est la technique classique.

    Rien n’est urgent, il n’y a pas de scandale, on réfléchit à la question et on se revoit. Et dans 6 mois le truc est enterré, on arrêtera d’utiliser le produit après avoir fini les stocks. Tranquille mimile.

    N’empêche que sont vachement fort pour enterrer les scandales, un véritable savoir-faire à la française. chapeau bas.

    Après on s’étonne que les gens sont dans la rue dont certains crament des voitures et des préfectures. Moi cela m’étonne qu’ils ne sont pas plus violent.

  2. J’ai juste une remarque.
    Il existe en France un système organisé et structuré de pharmaco-vigilance qui devrait être le premier vecteur de communication vers les autorités sanitaires en cas d’observation d’évènements indésirables.
    Pourquoi initier, réaliser et publier une étude sans communiquer activement avec l’Agence ?

    Mon impression est qu’il y a beaucoup trop de personnes qui pensent qu’elles pourraient être de nouvelles « Irène Frachon » dont l’étude et les conclusions étaient justifiées et complétaient – en l’occurrence – une absence de réaction de l’Agence.

    Aujourd’hui, on préfère les effets de scoop à une approche scientifique, rationnelle et réglementairement correcte ! …
    Très franchement, ce n’est pas une méthode de travail acceptable lorsque l’on traite de la santé du patient.

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