Capitalisme et addictions : faire une croix sur le tabac pour mieux s’enrichir avec le cannabis

Bonjour

On peut, certes, s’en amuser, laisser la métaphore filer. « De la cigarette à la fumette, il n’y a qu’un pas, que vient de franchir au triple galop le propriétaire de Marlboro, la marque au cow-boy. Le groupe américain Altria a en effet annoncé, vendredi 7 décembre, avoir misé 1,8 milliard de dollars (1,6 milliard d’euros) pour s’emparer de 45 % du capital de la société canadienne Cronos, rapporte Le Monde. De quoi mettre du beurre dans les épinards de cette PME – qui vient de lancer sa marque de cannabis Spinach – et, pour ses actionnaires, de décrocher le jackpot, alors que le chiffre d’affaires de Cronos ne pèse guère plus qu’un nuage de fumée (3 millions de dollars). Altria devient ainsi le premier cigarettier à se laisser séduire par le marché de la marijuana, qu’il espère lucratif. Il est notamment soucieux de trouver un nouveau souffle face à la baisse de la consommation du tabac et aux incertitudes liées à l’avenir du vapotage. »

Le site des buralistes français s’intéresse au sujet. Il nous précise que cet investissement « représente une nouvelle opportunité de croissance excitante pour Altria », a commenté le PDG de l’entreprise, Howard Willard, dans un communiqué annonçant l’opération. Y aurait-il, dans, ce monde d’autres excitations que dans le champ de la croissance ?

Précision : cet investissement donne à Altria la possibilité de participer à un « secteur émergent au niveau mondial » qui « devrait connaître une croissance rapide au cours de la prochaine décennie » : entendre émergence de la consommation (légale) de cannabis dans la foulée canadienne.

« L’opération est aussi l’occasion pour Altria d’investir dans des produits « complémentaires » à son cœur de marché, le tabac » précise lemondedutabac.com. Comment mieux dire l’homogénéité et la rapacité capitalistique au cœur de l’addiction ? En comme rien n’est simple cette paracité peut aussi se nourrir de la réduction des risques. Ainsi, selon The Wall Street Journal, le « propriétaire de Marlboro, la marque au cow-boy » est aussi en discussions pour prendre une participation dans Juul Labs, une start-up qui efait un malheur sur le marché des e-cigarettes aux États-Unis ».

« Cronos, ajoute le site des buralistes, est basé à Toronto et commercialise aussi bien du cannabis à usage thérapeutique qu’à usage récréatif et ambitionne de construire un ‘’portefeuille de marques iconiques’’ (sic). »

« Les alcooliers avaient ouvert la voie, rappelle Le Monde. En août, le propriétaire de la bière Corona, le groupe américain de spiritueux Constellation Brands, a fait sensation, en déboursant près de 4 milliards de dollars pour monter au capital de la société canadienne Canopy Growth et en détenir 38 %. Les brasseurs Molson Coors et Heineken, de leur côté, ont noué des partenariats avec des spécialistes de la feuille verte afin de proposer des boissons non alcoolisées infusées au cannabis. Puis, mi-septembre, le géant des sodas, Coca-Cola, a dévoilé son intention de mettre une pincée de cannabidiol dans ses canettes. »

Il y a là de nouveaux gisements de développements psychotropes et fiscaux. La France demeurera longtemps en retard dans la marche vers cet Eldorado ?

A demain

@jynau

 

Une réflexion sur “Capitalisme et addictions : faire une croix sur le tabac pour mieux s’enrichir avec le cannabis

  1. La légalisation du Cannabis représente une opportunité de Marché comme il en existe peu, comme il n’en existe pas. Un nouveau marché chiffrable par centaines de milliards de dollars, qui se caractérise par une consommation déjà existante associée à une diversification massive de revenus des industriels dans l’impossibilité d’un développement équivalent sur leur propre marché où chaque point gagné nécessite un investissement toujours plus important.
    Passé ce constat, reste à établir une éthique du marché du Cannabis :
    • Peut-on laisser les industries légales de l’alcool et du tabac qui génèrent des dizaines de millions de morts, à défaut de Santé Publique, se refaire une santé sur le dos d’une substance qui, elle, ne génère pas la mort ?
    • Admet-on que ces industriels dévoient une consommation vers des produits de capacité poly-addictive ?
    • Est-il acceptable de laisser des Etats, des Pays, déterminer les seuls produits consommables légalement et définir leurs propres standards, quand bien même ne correspondent-ils pas aux attentes des consommateurs &consommatrices, usager.e.s avant toute légalisation ?
    • Peut-on accepter l’interdiction d’une auto-production déjà en place et que l’on a toujours désiré voir se déployer ?
    • Va t-on laisser se constituer des circuits de distribution que l’on ne saura pas gérer du point de vue de la Santé Publique ou n’a t-on pas intérêt à limiter la commercialisation à une distribution sélective tels les coffee-shop, canna-bistrots, hors auto-production ?
    Il y a de grandes chances que le Cannabis, source d’inspiration, d’idées progressistes, d’ouverture d’esprit et de modes de vie alternatifs, underground, ne devienne qu’un banal produit comme les autres…

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