Cannabis thérapeutique : combien de temps faudra-t-il encore prendre ses maux en patience?

Bonjour

Le 10 septembre 2018, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) créait un Comité Scientifique Spécialisé Temporaire (CSST). Objet : « l’évaluation de la pertinence et de la faisabilité de la mise à disposition du cannabis thérapeutique en France ».

13 décembre 2018. Ce comité s’est déjà réuni à trois reprises. Objet : « évaluer l’intérêt thérapeutique du cannabis dans le traitement de certaines pathologies ou certains symptômes de pathologies, analyser les expériences d’autres pays l’ayant déjà mis en place et de faire un état des lieux de la réglementation nationale et internationale sur le sujet. »

Méthode : « Le comité a auditionné les parties prenantes pour recueillir notamment les témoignages et points de vue des représentants de professionnels de santé et des patients sur l’utilisation du cannabis à visée thérapeutique. La retransmission de ces auditions est disponible sur la chaine Youtube de l’ANSM. »

Résultat : Les premières conclusions des experts du comité, basées sur l’ensemble de ces éléments, sont publiées aujourd’hui. Synthèse des avis du CSST :

« Le Comité estime, qu’il est pertinent d’autoriser l’usage du cannabis à visée thérapeutique pour les patients dans certaines situations cliniques et en cas de soulagement insuffisant ou d’une mauvaise tolérance des thérapeutiques, médicamenteuses ou non, accessibles (et notamment des spécialités à base de cannabis ou de cannabinoïdes disponibles). Cet usage peut être envisagé en complément ou en remplacement de certaines thérapeutiques. »

Qui pourrait être « éligible » ? Les situations thérapeutiques retenues par les experts pour l’usage de cannabis à des fins médicales sont les suivantes : dans les douleurs réfractaires aux thérapies (médicamenteuses ou non) accessibles ; dans certaines formes d’épilepsie sévères et pharmaco-résistantes ; dans le cadre des soins de support en oncologie ; dans les situations palliatives ; dans la spasticité douloureuse de la sclérose en plaques. »

Souligner :  « Le Comité souhaite, pour que l’ensemble de ces propositions soit appliqué, qu’une évolution de la législation soit mise en œuvre ».

Ajouter : « L’ANSM décidera dans les prochains jours des suites à donner à ces travaux, notamment sur les modalités éventuelles de la mise à disposition du cannabis à visée thérapeutique en France ».

Regretter : l’impensable durée d’instruction d’un tel dossier ; l’hypocrisie sans cesse récurrente du pouvoir exécutif ainsi, triste corollaire, que les atermoiements d’Agnès Buzyn.

A demain

@jynau

 

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Une réflexion sur “Cannabis thérapeutique : combien de temps faudra-t-il encore prendre ses maux en patience?

  1. Oui, impensable durée d’instruction de ce dossier Cannabis Thérapeutique alors que des pays par dizaines maintenant ont tranché pour sa légalisation.

    Le CSST a entendu des associations de patients, qui toutes, dans leurs interventions ont mentionné la pratique de consommation de leurs patient.e.s.
    Est-ce pour autant que ces pratiques sont prises en compte. Non, pour répondre à la Nicolas Authier.

    La combustion est proscrite par le CSST, propose t-il ou recommande t-il la voie inhalée, en terme plus claire celle du Cannavape ? Non. Est-ce trop demander ?

    Le CSST préconise un registre national des patients traités avec du cannabis médical pour assurer une évaluation des bénéfices – risques : Qu’en est-il des ces milliers de patients et plus qui ont aujourd’hui recours au cannabis, font leur propre auto-production puisque ce Cannabis ne peut être considéré comme médical par le CSST ou l’ANSM ?
    Peut-on admettre la prise en compte de cette cohorte historique, qui, faute de décision antérieure des autorités s’est rabattue sur le cannabis qui leur était accessible.

    En conclusion :
    • Un cannabis médical & la fleur au fusil (acceptation des fleurs séchées)
    • Les pathologies sélectionnées ne sont pas légions
    • Vue les orientations galéniques sous-jacentes du CSST, l’auto-production, qui pourtant peut être parfaitement maitrisée en termes de qualité, de taux de cannabinoïdes & THC & CBD, récolte de floraison précoce ou tardive, semble devoir être exclus, balayée par la mise en place d’études académiques et industrielles…
    Qu’a-t-on attendu si longtemps pour finalement aborder ce cannabis médical de façon si étroite alors que l’on pouvait bénéficier par exemple de tous les travaux d’un Raphael Mechoulam, certes, surnommé le Grand-Père du THC !

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