Courage en politique : pourquoi Agnès Buzyn n’ose-t-elle pas le « Janvier sans alcool » ?

Bonjour

Santé publique, courage et pragmatisme. C’est un papier original de The Independant (Olivia Petter) repéré par Slate.fr (Thomas Messias) : « DRY JANUARY BENEFITS COULD LAST UNTIL AUGUST, STUDY CLAIMS. Giving up alcohol for one month may improve sleep, energy and skin health ».

C’est aussi un papier éminemment politique. Il témoigne du salutaire pragmatisme sanitaire et, en regard, des impasses du jacobinisme français. Où l’on découvre les vertus du « Dry January ». Commencer son année par un mois sans alcool, c’est le concept du «Dry January». Le but est de traverser janvier de façon saine, pour purger les excès des fêtes et démarrer sur de bonnes bases. En janvier 2015, pas moins de deux millions de personnes se seraient adonnées à cette pratique.

« Dry January » : campagne de santé publique exhortant les gens à s’abstenir de boire de l’alcool pendant le mois de janvier inventée en Finlande (« Janvier sobre ») en 1942 – mise en œuvre depuis quelques années en Grande Bretagne. « Dry January » enregistré en tant que marque par l’association caritative « Alcohol Concern » en 2014 associée depuis 2015 à Public Health England.

En janvier 2014, selon Alcohol Concern, plus de 17 000 Britanniques auraient cessé de boire pendant un mois. Et un sondage de l’Université de Sussex a établi que six mois plus tard 72% avaient « réduit les épisodes de consommation nocive d’alcool », 4% demeurant abstinents.

Et voici, aujourd’hui, qu’une étude émanant là encore de l’Université du Sussex vient confirmer les effets bénéfiques d’un « janvier sans alcool », en essayant de les quantifier. Première constatation : les personnes qui décident de ne pas boire en janvier ont souvent tendance à le faire ensuite de façon plus modérée qu’avant lors du reste de l’année. Slate.fr :

« Durant les huit premiers mois de l’année 2018, l’équipe du Dr Richard de Visser a observé le comportement de 800 personnes s’étant adonnées au ‘’Dry January’’ en janvier. En moyenne, elle ont bu de l’alcool 3,3 jours par semaine (contre 4,3 précédemment), et elles ont été ivres 2,1 fois par mois (contre 3,4 auparavant). En outre, 67% des sujets de l’étude ont affirmé se sentir plus énergiques dans les mois qui ont suivi. 58% disent avoir perdu du poids et 57% affirment avoir gagné en concentration.

 « Le Dr Richard de Visser souligne que ces effets sont visibles (de façon certes moins convaincante) y compris chez des personnes n’ayant pas réellement pratiqué le ‘’Dry January’’, mais ayant néanmoins réduit leur consommation d’alcool durant cette période. Les effets de ce mois de janvier plus sain se font ressentir sur la consommation d’alcool à long terme, puisque même au mois d’août, les personnes ayant pratiqué le ‘’Dry January’’ ont bu un jour de moins par semaine que durant le mois d’août précédent. »

 Santé publique et pragmatisme. Et « réduction des risques ». En 2019 on attendra, ici aussi, Agnès Buzyn.

A demain

@jynau

 

 

2 réflexions sur “Courage en politique : pourquoi Agnès Buzyn n’ose-t-elle pas le « Janvier sans alcool » ?

  1. Qu’on le veuille ou non, le #DryJanuary a déjà fait ses preuves & c’est un concept de campagne dont il faut s’emparer pour peu que l’on en attende pas des miracles et surtout pas une conversion à l’abstinence et la sacro sainte modération à la française du toujours plus.
    Avis aux bulots & gastéropodes associatifs : L’adapter, oui mais s’en emparer pour ce qu’il est et non ce qu’il n’est pas.
    Et en France avons-nous des initiatives de ce type valorisables ?
    Auprès de qui ? Des marins, des loups des mers, des adeptes à l’Epinal de l’alcool toujours…
    En Bretagne actuellement, je discutais avec mon futur gendre Capitaine de navire :
    Il est formel : toutes les expéditions de pêches, de frets ou scientifiques se soldent & se font sous l’égide du DRY.
    Pour ce qui le concerne lui et son équipage c’est 6 semaines en mer donc DRY (et sans exception) et 6 semaines à terre.
    Si l’ensemble de l’équipage dès qu’il est à terre renoue avec l’alcool et les plaisirs du bar, le High est court, deux à trois jours et sur la suite la consommation tend plutôt ou vraiment à la baisse (c’est selon).
    Quant à Agnès Buzyn, plutôt qu’une remise en cause de la personne et d’un courage ou d’une marge de manoeuvre qu’elle n’aurait pas, restons sur un état des lieux de la Santé Publique :
    • Made In England : Tant contre le tabagisme que contre l’alcool les anglais se montrent pragmatiques et n’hésitent pas à promouvoir ce qui marche, ce qui est efficace avec les résultats que l’on sait. Encore vrai pour le cannabis thérapeutique.
    Par ailleurs, le Care et ses avantages sont expérimentés sous différentes formes et la notion de bien-être et de plaisir sont des impressions ressenties pour ceux & celles qui en ont pris l’initiative.
    • Made In France : La Santé Publique reste dans la demi-mesure, l’hésitation, l’expérimentation de dispositifs qui ont déjà fait leurs preuves dans de multiple pays. Encore plus vrai pour le cannabis thérapeutique. Nous l’avons aussi vécu avec les Salles de consommation : 6 ans d’attente !
    Au point où l’on est obligé d’admettre la force du lobbying ou la planche de salut offert tant à Big Pharma (substituts nicotiniques, Mois Sans Tabac et mise à l’écart de la vape), que pour les alcooliers.
    Si l’on prête quelque crédibilité à la rumeur que toutes les décisions stratégiques en la matière sont décidées par le Cabinet de Macron, le tour d’horizon est complet.
    Comment expliquer autrement le retard de ce fantomatique Plan Addictions de la MILDECA dont on peut être sûr que ce n’est pas Nicolas Prisse qui en est à l’origine ?
    Et l’on comprend mieux les obstacles de nos leaders et tête de file de la RDR, comme William Lowenstein, Jean-Pierre Couteron, qui malgré leur panache et leurs efforts se heurtent à des fins de non recevoir.
    Alors quoi ? Arrêtons ces surenchères répétitives de messages de prévention et de principe de précaution où chaque association tient à planter ses couleurs. L’article du Lancet cet été en est un bon exemple.
    Santé Publique et Réduction Des Risques manquent cruellement d’une stratégie formalisée, partagée pour être mise en oeuvre par les acteurs de RDR, ensemble, qui aille au delà des grands principes.

    • Laissons là ministre qui a fait le job sur ce sujet, et balayons devant notre porte : les 2 évènements que sont la Tournée Minérale et Dry January ont l’intelligence de ne pas se vendre comme des mois « sans » pour arrêter l’alcoil. Ils participent d’une volonté inclusive qui reste en France minoritaire. Dry january invite à « récupérer » après les fêtes, jouant sans le dire, mais à peine, sur la culture « détox », et comme toujours dans ces actions chez les anglais, en mettant en avant le plaisir de se faire du bien. La tournée minérale détourne de la même façon les codes, etc… Ce sont des stratégies de communication qui ont pris la mesure du marketing alcooliers de notre société addictogene et en détournent les codes du bien-être!
      Belle fin d’année, et vivement 2019o

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