Schumpeter et Magritte, naissance programmée des infirmiers-banquiers au Royaume de Belgique

Bonjour

Dans l’ombre portée de Joseph Schumpeter (1883-1950) c’est une édifiante histoire que vient de rapporter Le Monde (Véronique Chocron). Deux problèmes d’effectifs, une solution pragmatique empruntée au miracle des verres communicants.

« En Belgique, une résolution insolite vient d’être mise sur la table pour régler les questions d’effectifs rencontrées par deux secteurs-clés de l’économie du royaume. Comme en France, le secteur bancaire belge, bouleversé par la révolution numérique, l’intelligence artificielle et la chute de fréquentation des agences, ne cesse de détruire des emplois. » Les effectifs sont en baisse constante depuis vingt ans, de 2 % par an en moyenne ; des chiffres donnés par  Rodolphe de Pierpont, porte-parole de la Febelfin, la Fédération belge du secteur financier.

« Febelfin intervient pour défendre les intérêts de tous ses membres : grandes banques, non grandes banques, spécialistes de niche, organisations et institutions financières non bancaires, fournisseurs d’infrastructures financières, … Elle est le porte-parole du secteur financier tout entier (à l’exception des compagnies d’assurances). »

Talents mobiles

Outre-Quiévrain ce mouvement continuel de réduction de troupes s’est jusqu’à présent « passé en douceur » (mobilités internes et départs – volontaires ou à la retraite-  non remplacés). Mais demain ?   « Pour éviter des licenciements secs, nous proposons d’accompagner cette transformation en facilitant la mobilité externe » dit la Febelfin. Et d’expliquer les projets de ponts avec d’autres secteurs qui peine à recruter – à commencer par celui de la santé.

Parler ici de « mobilité des talents » ;  la Febelfin vient de signer avec plusieurs syndicats un protocole, dévoilé par le quotidien belge L’Echo (Paul Gérard). Objectif : « Faciliter la rencontre entre le collaborateur et un futur employeur potentiel, l’offre d’une formation adéquate et, si le travailleur le souhaite, la conclusion d’un nouveau contrat auprès d’un nouvel employeur ».

On proposera ainsi aux agents bancaires d’entamer une formation d’infirmier ou d’aide-soignant à partir de septembre 2019. « Une rémunération sera versée pendant le temps de cette formation, prise en charge pas le futur employeur, avec l’aide du fonds social de formation pour le secteur de la santé, précise Rodolphe de Pierpont. L’idée a été testée, il existe bien une demande pour changer de parcours. »

Lof pour lof : faire de l’argent avant de donner des soins. Apprendre de la Belgique. Relire Joseph Schumpeter. Revoir René Magritte.

A demain

@jynau

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