Sex-shop, justice et «pilules à visées érectiles»: rien ne vaut, au fond, la pharmacie d’officine

Bonjour

Effet placebo vs Justice. Glané dans La Nouvelle République (Julien Coquet) de ce 10 janvier 2019. Il vient d’être condamné par le tribunal correctionnel de Tours à six mois de prison (assortis du sursis) pour avoir illégalement exercé  la profession de pharmacien – sans oublier et une peine d’amende.

Ce gérant d’un sex-shop ligérien aura donc, durant trois ans (entre 2014 et 2017) réussi à vendre « discrètement» des gélules bleues « à visées érectiles » à certains de ses clients. Des produits composés de thiosildenafil aux effets présentés comme pouvant être équivalents  à ceux du principe actif du célèbre Viagra. « Une pratique interdite » souligne La Nouvelle République. Qui ajoute:

« Cachées dans des boîtes à bougies ou des jaquettes de DVD, les pilules « miracle » étaient cédées 10 € l’unité. Une manœuvre pensée pour tenter de résoudre des problèmes financiers, expliquera le gérant du sex-shop aux enquêteurs.  Présentées en boutique comme des compléments alimentaires – elles n’exigeaient donc pas d’autorisation de mise sur le marché –, les gélules, commercialisées depuis La Ciotat par la société Sovae, ont finalement été classées dans la catégorie ‘’ médicaments’’.»

Ces gélules ? Etaient-elles fabriquées en Chine, ou en Californie, comme l’a soutenu un des prévenus lors d’un procès en novembre à Marseille (Bouches-du-Rhône) ? « Ces produits sont sans doute des contrefaçons. Nous n’avons strictement aucune traçabilité ni aucune certitude quant aux matières premières utilisées » a déclaré, à Tours, l’avocat de l’Ordre national des pharmaciens.

Et si  une difficulté sanitaire surgissait ? Et bien il serait tout simplement  impossible de retirer les lots de gélules/pilules concernées.  Or le gérant-vendeur aurait pris des précautions : « Avant la vente, nous prévenions les clients des risques encourus en cas de soucis cardiaques » (une salariée lors de son audition).

Quid de la caisse enregistreuse ? Un revenu de 400 € par mois, répond le gérant qui n’est pas pharmacien. « La bonne foi de monsieur s’arrête dès lors que l’on sort la calculatrice, regrette Pierre Gérard, vice-procureur, écartant la pertinence des chiffres. Quand on se penche sur les chiffres, il en manque ! ».

Des chiffres ? Six mois de prison (assortis du sursis), donc. Le même jour le même tribunal correctionnel de Tours (avec le même vice-procureur) a condamné à la même peine un homme âge de 42 ans ; un homme soupçonné d’avoir eu des gestes inappropriés vis-à-vis de sa nièce, alors âgée de 15 ans. Alcool et jeu « comportant des contacts avec les parties génitales de l’adolescente ». L’oncle ne devra plus tenter d’entrer en contact avec la jeune victime.

A demain

@jynau

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