« Méditation orgasmique » : un spécialiste de gynécologie peut-il la pratiquer sans risque ?

Bonjour

C’est une affaire révélée par Le Parisien (Cécile Beaulieu) et reprise par Le Quotidien du Médecin (Marie Foult). Où l’on découvre l’histoire d’une jeune femme (aujourd’hui âgée de 26 ans) qui, en avril 2016, se rendit « en confiance à une consultation gynécologique, chez un praticien, qui a pignon sur rue dans le nord de la capitale ». La jeune fille connaît de longue date le médecin, qui est un ami de sa famille. « Pourtant, l’examen va tourner au cauchemar, au point que Marie, douloureusement éprouvée, est toujours suivie par un psychologue » explique Le Parisien.

 Cette unique consultation avait pourtant débuté de manière tout à fait classique. Mais, rapidement, le praticien délaisse toutes considérations médicales pour proposer à sa jeune patiente une séance de ‘’méditation orgasmique’’. Obscur concept, qui laisse Marie sans voix et se traduit par des attouchements sexuels particulièrement poussés. A tel point, qu’une information judiciaire pour viol avait été ouverte, avant que les faits ne soient requalifiés. La consultation, ce jour-là, dure beaucoup plus longtemps qu’un examen traditionnel, et n’est finalement interrompue que grâce à l’arrivée d’une patiente (…) Le gynécologue  propose à la jeune fille de ne pas payer la consultation, ce qu’elle refuse, et le lendemain, lui envoie un message d’excuses qui signe son acte. »

 Me Agnès Lowenstein, l’une des conseils de la jeune femme : « Elle était dans un état de sidération totale. Elle n’a pas pu s’opposer au médecin. Mais dès qu’elle est sortie du cabinet, elle a immédiatement averti sa mère que des choses très graves venaient de se dérouler, et a porté plainte. Elle s’est trouvée sous le joug d’une double emprise : celle du médecin, dans le cadre d’une consultation et celle de l’homme qu’elle connaît depuis son enfance ».

Le médecin, aujourd’hui âgé de 70 ans, nie les accusations, réfute les expertises, demande le soutien de confrères et de patientes qui louent ses qualités professionnelles. L’homme encourt sept ans d’emprisonnement et 100 000 euros d’amende. Il devrait, au-delà du pénal, être convoqué devant le conseil disciplinaire de l’Ordre des médecins.

A demain

@jynau

2 réflexions sur “« Méditation orgasmique » : un spécialiste de gynécologie peut-il la pratiquer sans risque ?

  1. Je viens de me renseigner sur la « méditation orgasmique » et ça a l’air assez foutraque…
    Dans tous les cas, ça a l’air plutôt le genre de truc à faire en couple (consentant) qu’autre chose. Ou à la limite à demander à un(e) professionnel(le) dont le métier serait plutôt proche de celui des travailleurs du sexe.

    Qu’un gynécologue « propose » ce genre d’activité comme ça, alors que sa patiente a le sexe à l’air et est en position de faiblesse (en bref, n’est vraiment pas en position de faire un choix éclairé!), c’est au minimum une grave erreur de jugement susceptible de porter à confusion et au pire une agression sexuelle/viol soigneusement préméditée.

    Je ne pense pas qu’il faille remettre la profession en cause. Il s’agit probablement -hélas- d’une banale agression sexuelle/viol (je ne suis pas un juge et je ne sais pas s’il y a eu pénétration) avec un agresseur qui utilise un cadre relationnel où il est dans une position de domination avec une victime en situation de confiance pour passer à l’acte.

    Quand aux arguments avancés par la défense (« la jeune fille connaît de longue date le médecin », « qui est un ami de sa famille », « patientes qui louent ses qualités professionnelles », « jeune fille à la vie sexuelle débridée », « qui n’hésiterait pas à s’afficher en maillot de bain sur les réseaux sociaux » (hu? Le rapport avec la « sexualité débridé?), « Réseaux sur lesquels il continue à suivre assidûment la plaignante » (pour y regarder les photos en maillot de bain?!)), elles sont hélas typique des arguments et des circonstances des viols commis par un proche (ce qui est le cas de la majorité des viols, on le rappelle). Le suspect est « un si gentil garçon », « un brave homme », « un honnête père de famille », « une mère aimante et au dessus de tout soupçon », etc. Et la victime est « un(e) agité(e) du cul », a « une vie de débauche », « abuse des drogues », etc, pour ressortir les clichés habituels. Ceux qui citent ces derniers arguments oubliant tout de même l’élément principal: agité(e) du cul ou pas, seul importe le consentement.

    A la limite on pourrait parler de la parole de l’un contre l’autre, mais la durée de la consultation montre que quelque chose d’anormal s’est produit.

    Dans le meilleur des cas ce médecin a commis une grave erreur de jugement et il me semble sage qu’il quitte la profession pour prendre une retraite pendant laquelle il aura tout le temps de méditer sur l’éthique médicale.
    Dans le pire des cas il s’agit d’un viol prémédité par un amateur de chair fraîche qui avait repéré sa proie et n’attendait qu’une occasion pour la dévorer. Et qui mérite de finir en prison pour un temps certain histoire de méditer sur les conséquences de ses actes…
    Dans les deux cas, je pense que l’Ordre des médecins ferait bien de lui retirer temporairement le droit d’exercer quitte à lui redonner le droit d’exercer si le procès l’acquitte. Ca éviterait de donner au public l’impression que l’Ordre n’a pour rôle que de protéger ses pairs y compris contre des patients victimes d’abus.

    PS: j’ai cru lire que « les faits pour viol ont été requalifiés ». Ca ne signifie pas nécessairement que le juge a considéré qu’il n’y avait pas viol, c’est peut-être la classique « correctionnalisation du procès » qui devient de plus en plus courante avec l’engorgement des tribunaux.

  2. “« Méditation orgasmique » : un spécialiste de gynécologie peut-il la pratiquer sans risque ?”
    Ben oui pour peu que ce genre de « thérapie » soit un tant soit peu homologuée.
    A vue de nez, ça me fait plutôt penser aux traitement de « l’hystérie » période victorienne où des médecins pratiquaient des massages clitoridien débouchant sur un orgasme sur des patientes délaissées par leur mari (qui lui avait tout le loisir d’aller au bordel).
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Oh_My_God!_(film)

    Mais même à l’époque, je pense que lorsqu’une patiente recevait ce genre de traitement de la part de son médecin, les deux parties avaient clairement agréé au préalable sur la conduite du « traitement ». Et que la proposition de ce traitement n’avait pas été effectué alors que la patiente avait le sexe a l’air, les pieds dans les étriers et que le médecin lui avait déjà glissé un doigt dans le vagin à des fins d’examen…

    Bref, si ce genre de pratique (re?)devient un jour légal en France, je suppose que les médecins qui la pratiqueront auront la sagesse de le faire dans un cadre le plus respectueux possible de l’éthique et du libre consentement. Et pas comme un commercial qui refourgue un kit d’allaitement à une grand mère plus proche du tombeau que des joies de la maternité.
    Je doute que l’affaire présente pose problème sur la « thérapie » en question. Comme dit plus haut, l’affaire présente est plus le cas classique d’une agression sexuelle/viol par un proche…

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