Non, Emmanuel Macron n’a toujours pas demandé à Agnès Buzyn de quitter le ministère de la Santé

Bonjour

Ainsi donc les leçons données par la maire Martine Aubry aux ministres de la Justice et de la Santé ont-elles porté. Et Gilles Le Gendre, patron des députés macroniens qui jugeait que la presse ne devait pas s’y intéresser n’aura guère été écouté. Plusieurs représentants du gouvernement ont pris la chose très au sérieux.

C’est d’abord Nicole Belloubet qui est revenue sur cette séquence de savoir-vivre républicain. Lundi 26 février la ministre de la Justice a indiqué qu’elle ne voulait «pas polémiquer» avec Martine Aubry. «J’ai trop de respect pour les élus, en particulier pour elle, au regard du travail qu’elle a fait pour notre pays», a-t-elle déclaré à BFM TV, en assurant que la maire de Lille avait été prévenue «et qu’elle avait même fait savoir qu’elle viendrait».

Puis, le même jour, Gabriel Attal, jeune secrétaire d’État à la Jeunesse. «On a le droit d’être un peu agacé si un mail est parti trop tard, mais je pense qu’il faut aussi être un peu mesuré de temps en temps», a-t-il déclaré sur Europe 1. Et, sans élégance, de regretter le «côté madame ronchonne et toujours à se plaindre» de Martine Aubry. Puis, non sans mesquinerie : «Est-ce qu’on l’a entendu se réjouir lorsque la mairie de Lille a vu sa dotation de l’Etat augmenter d’un million d’euros en 2018, d’un million d’euros en 2019 alors qu’elle n’a pas arrêté de baisser sous François Hollande?».

« Hijab de course » français

 Aujourd’hui c’est Agnès Buzyn qui, sur RTL (Elisabeth Martichoux), monte au front et dégaine :

« Nous avons vérifié. Evidemment elle avait été prévenue une semaine avant. Je suis triste que cet événement … enfin cet incident … n’ait pas permis de parler du sujet de la visite avec l’ouverture d’un centre de recherche dédié à la prise en charge des victimes de psycho-traumatismes, victimes d’attentats, victimes de violences sexuelles ou victime d’événements traumatiques. (…) »

Et , sur la-première-radio-de-France, la ministre des Solidarités et de la Santé d’être interrogée au-delà de son champ ministériel de compétence.

. Sur les prochaines élections européennes, va -t-on rejouer le duel Macron-Le Pen de la présidentielle de 2017 ? Réponse : « Possiblement mais les enjeux ne sont pas les mêmes. »

. Sur la firme Décathlon qui va commercialiser un « hijab de course » : « C’est légal mais c’est une vision de la femme que je ne partage pas. J’aurais préféré qu’une marque française ne promeuve pas le voile. »

. Sur son départ imminent du gouvernement pour participer comme tête de liste aux élections européennes : « Emmanuel Macron ne me l’a pas demandé. J’ai de très belles lois à porter. Les noms qui circulent dans la presse sont des spéculations. Je n’y réfléchis même pas. »

. Sur Marine Le Pen qui aurait ou non porté plainte contre elle après ses récentes déclarations :« Je ne veux pas polémiquer. Je ne pense pas que Mme Le Pen elle-même ait des choses à se reprocher sur l’antisémitisme, je ne le sais pas. En tout cas elle n’a jamais prononcé de mots, de dérapages, comme son père (…) J’avais en tête des photos. »

Oxygéner le monde hospitalier 

Enfin, retour dans le « champ de compétences » : « pour la première fois, nous allons augmenter les tarifs hospitaliers ». Une « décision historique ».  Ces tarifs vont augmenter de 0,5%. « Cela va aboutir à 250 millions d’euros supplémentaires pour l’activité de médecine de chirurgie et obstétrique et de 100 millions supplémentaires sur la psychiatrie. Au total, cette année l’hôpital verra son budget passer de 80 milliards d’euros à 82 milliards d’euros ».

Cette somme va « arrêter de mettre une pression sur les professionnels (…) Cet étau permanent sur l’hôpital va pouvoir être desserré cette année. C’est une façon de reconnaître les efforts qui ont été faits à l’hôpital pour améliorer la rentabilité et de commencer cette transformation du système de santé en réorganisant la médecine de ville et en permettant aux hôpitaux de se restructurer ».

De belles lois à porter. L’Europe ? Ne pas y penser.

A demain

@jynau

1 Marine Le Pen a annoncé dimanche 17 février son intention de poursuivre Agnès Buzyn en justice après les propos de la ministre de la Santé à son encontre, qu’elle juge « injurieux ». Peu de temps avant, sur LCI, la ministre de la Santé avait indiqué : « Elle (Marine Le Pen) est contre l’antisémitisme, mais elle a plein de néo-nazis dans son entourage » et « dès qu’elle peut aller en Autriche ou à Bruxelles rejoindre les néo-nazis et mouvements d’extrême droite d’Europe et du monde entier, elle y court ». Et de conclure : « Elle mange à tous les râteliers. C’est ce que j’ai à dire aujourd’hui ».

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