L’Institut national du cancer et le ministère gomment la dimension politique du tabagisme

Bonjour

Informer le citoyen devenu dépendant ou le culpabiliser pour mieux cacher sa responsabilité ? C’est une « campagne d’information » diffusée depuis le 4 mars dans « les médias » – par l’Institut national du Cancer, en lien avec le ministère des Solidarités et de la Santé. Elle nous enseigne « que nous ne sommes pas impuissants face au cancer »- et  revient « sur les actions simples que chacun d’entre nous peut mettre en œuvre pour prévenir 40 % des cancers ». Où l’on explique au citoyen que nous souffrons d’une «  perception erronée des principaux facteurs de risque évitables de cancers ». Et pour commencer  :

«Le tabac, premier facteur de risque évitable de cancers : la durée plus dangereuse que la quantité quotidienne. En 2017, plus d’un tiers (31,9 %) de la population métropolitaine âgée de 18 à 75 ans fumait encore au moins occasionnellement. Avec plus de 7 000 substances chimiques, dont 70 cancérogènes, le tabac est le premier facteur de risque de cancer. Chaque année, il est responsable de plus de 68 000 nouveaux cas de cancers et de 45 000 décès chez les adultes âgés de 30 ans et plus. »

L’oubli du mea culpa

La durée du tabagisme est encore plus délétère que la quantité consommée mais un  citoyen sur trois l’ignore : 33,7 % des personnes interrogées, dans le Baromètre cancer 2015, continuent à penser que « fumer ne peut provoquer un cancer que si l’on fume beaucoup et longtemps ». Par ailleurs, ils sont 70 % à adhérer à l’idée que « le sport permet de se nettoyer les poumons » ou que « respirer l’air des villes est aussi mauvais pour la santé que de fumer des cigarettes ».

Inculte, le citoyen dépendant qui ignore que le tabac  tabac peut être la cause directe ou un facteur favorisant pour dix-sept  localisations cancéreuses.

« Si celui du poumon est largement évoqué par le grand public (80 % de ces cancers sont provoqués par le tabac), ses effets délétères sur seize autres localisations restent méconnus ; le tabac est notamment responsable de 70 % des cancers des voies aérodigestives supérieures (bouche, larynx, pharynx, œsophage), de 50 % des cancers de la vessie et de 30 % des cancers du pancréas. »

Pour résumer, à l’attention du citoyen : la meilleure stratégie pour réduire son risque individuel de cancers est de ne pas commencer à fumer, ou de s’arrêter (sic).

On attend toujours, ici, le mea culpa du pouvoir, exécutif et législatif qui depuis plus d’un siècle a organisé l’addiction massive au tabac d’une fraction considérable de la population. Et les raisons pour lesquelles l’actuel gouvernement (de même que le précédent) demeure dans un invraisemblable déni des vertu de la cigarette électronique, puissant levier au service de la réduction des risques tabagiques.

A demain

@jynau

 

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s