Grand âge : neuf milliards d’euros pour demain. Comment aurait-on fait sans Agnès Buzyn ?

Bonjour

Comment aurait-on fait si elle avait finalement été choisie pour partir vers Strasbourg et Bruxelles ? Aujourd’hui les médias généralistes ne parlent que de l’avenir et de la vieillesse. Dominique Libault, grand serviteur de l’Etat et président du Haut Conseil du financement de la protection sociale, a été missionné en septembre par le Premier ministre pour examiner « les différentes modalités de financement de la dépendance ». Et M. Libault vient de remettre son rapport à Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé. Dans la foulée, le « discours de Madame Agnès Buzyn lors de la remise du rapport Libault le 28 mars 2019 ». Un discours important, un texte à conserver. Extraits (les gras ont été conservés) :

« Lorsque l’on est ministre des Solidarités et de la Santé, chaque jour et chaque moment sont importants, parce que derrière ces attributions, solidarités et santé, c’est de la vie quotidienne des Français que l’on parle, dans ses joies et ses peines. Reste que certains événements prennent une dimension toute particulière, et donnent aux femmes et aux hommes qui les vivent le sentiment, sinon d’écrire l’histoire, au moins de construire l’avenir. Je ne pense pas être la seule à éprouver ce sentiment aujourd’hui.

Parce que le sujet que nous évoquons aujourd’hui est hors-norme : il est à la fois universel et intime. A l’échelle de tous, le vieillissement et la perspective de la fin de vie sont des évidences absolues. A l’échelle de chacun, et lorsqu’ils concernent nos proches, ils composent une vérité refusée, parfois douloureuse. Est-ce en raison de ce paradoxe que nous n’avons pas encore su apporter à ce défi du vieillissement de la société, que nous voyons pourtant poindre depuis si longtemps désormais, une réponse à la hauteur de l’enjeu et de nos responsabilités ? (…)

Notre société peine à donner espoir à sa jeunesse, et considération, visibilité et soutien à ses aînés (…)  je veux saluer celles et ceux qui m’ont précédé au ministère et qui ont arraché d’aussi belles victoires que la création de l’allocation personnalisée d’autonomie en 2002 et de la caisse nationale de solidarité pour l’autonomie en 2004, ou des avancées de la loi d’adaptation de la société au vieillissement de 2015 (…)

Nous avons tâtonné un long moment. L’heure est venue de la grande prise de conscience. Nous ne pouvons plus fermer les yeux. Le mur est trop proche et demain il sera trop tard.

La société française de 2050, dans laquelle près de 5 millions de Français auront plus de 85 ans et dans laquelle le nombre d’aînés en perte d’autonomie aura presque doublé, cette société se construit aujourd’hui. C’est donc aujourd’hui qu’il nous faut agir, et sur tous les fronts, pour intégrer enfin le risque de la perte d’autonomie des personnes âgées dans la structure même de nos politiques sociales.

Nous allons à présent entrer dans un temps de préparation très concret et rythmé. Un temps au cours duquel nous allons bâtir une architecture nouvelle, une couverture publique du risque de dépendance lié au grand âge financée par la solidarité nationale. Cette couverture publique, nous devrons en définir le modèle, avec une offre, une gouvernance et un financement clairement établis. Cette couverture publique, je veux qu’elle puisse nous permettre de répondre aux questions extrêmement concrètes que j’entends tous les jours dans la bouche des Français qui participent au grand débat national. »

Et Agnès Buzyn de lister les sept questions concrètes 1 qui sont désormais publiquement soulevées. Des questions dont les réponses seront son  « seul ordre de mission dans les prochains mois ». Comment ferait-on si elle avait finalement été élue par le président pour s’envoler vers les sphères européennes ?

A demain

@jynau

1 Les sept questions : « Vers qui dois-je me tourner pour évaluer mes besoins ou ceux de mon proche, connaître mes droits et mes options ? » ;  « Ai-je la liberté de choisir mon lieu de vie et le mode de prise en charge qui me correspond le mieux, quels que soient mes moyens ? » ; « Comme puis-je éviter de peser sur mes enfants ou mes petits-enfants ? » ; « Vais-je priver mes enfants et petits-enfants de leur héritage si je reste dépendant très longtemps ? » ; « Y aura-t-il suffisamment de personnes bien formées pour prendre soin de moi ou de mon proche, à domicile ou en établissement ? » ; « Professionnel du grand âge ou jeune en recherche d’orientation professionnelle, les conditions sont-elles réunies pour que mon métier ou mon futur métier ait du sens ? » ; « Comment puis-je rester ou aider mon proche à rester autonome le plus longtemps possible ? »

 

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