La vieille dame tancée par Emmanuel Macron avait bel et bien été «bousculée» par un policier

Bonjour

Cela sera un épisode doublement fameux du prochain « Emmanuel le Magnifique » de Patrick Rambaut. Souvenons-nous. Dans un entretien accordé à  Nice-Matin et publié le 25 mars le président de la République souhaitait à Geneviève Legay, 74 ans, « un prompt rétablissement». Un prompt rétablissement et, ose-t-il,  « peut-être une forme de sagesse » :

« Je souhaite d’abord qu’elle se rétablisse au plus vite et sorte rapidement de l’hôpital, et je souhaite la quiétude à sa famille. Mais pour avoir la quiétude, il faut avoir un comportement responsable. Quand on est fragile, qu’on peut se faire bousculer, on ne se rend pas dans des lieux qui sont définis comme interdits et on ne se met pas dans des situations comme celle-ci.»

L’affaire Geneviève Legay prenait alors une dimension nationale. Geneviève Legay : 74 ans, porte-parole de l’association Attac grièvement blessée, samedi 23 mars, lors d’une charge de la police, à Nice, contre une manifestation de « Gilets Jaunes ». Hospitalisée, elle souffrait, selon l’une de ses filles, de plusieurs fractures au crâne et d’hématomes sous-duraux. Et sa famille annonçait, par le biais de son avocat Me Arié Alimi, vouloir porter plainte « pour violences volontaires en réunion avec arme par personnes dépositaires de l’autorité publique et sur personne vulnérable ».

Il y avait eu, avant le président, les curieux propos de Nicole Belloubet ministre de la justice :

« Je trouve tout de même curieux que lorsqu’une manifestation est interdite, comme c’était le cas à Nice, quelqu’un aille absolument avec la volonté de manifester à cet endroit-là. Il y avait quelques périmètres, dans certaines villes, où les manifestations étaient interdites. A la suite de sommations, une personne qui y reste est susceptible de commettre un délit et c’est dans ce cadre là que les événements se sont passés ».

A Nice la manifestation avait été interdite car le pouvoir exécutif redoutait des débordements à la veille de l’arrivée du président chinois Xi Jinping qui effectue une visite d’Etat à Monaco – et ce avant un dîner prévu avec Emmanuel Macron dimanche soir à Beaulieu-sur-Mer (villa Kerylos).

Indépendance et transparence du procureur

Moins d’une semaine plus tard la vérité se précise – et ce grâce aux résultats du  travail (que l’on pourra finalement tenir pour remarquable d’indépendance) diligenté par le procureur de la République de Nice Jean-Michel Prêtre. Le « se faire bousculer » présidentiel siffle soudain étrangement aux oreilles.  « Après avoir affirmé, lundi, que Geneviève Legay  »n’a pas été touchée intentionnellement par quelqu’un, notamment par un agent de sécurité », la version a totalement changé ce vendredi 29 mars résume Libération (Mathilde Frénois).  Lors d’une conférence de presse, le procureur de la République de Nice a finalement affirmé que ses «blessures résultent de l’action d’un fonctionnaire de police» :

« Il y a eu beaucoup d’autres investigations qui ont consisté pour l’essentiel à de l’analyse d’images de la vidéosurveillance, de professionnels, de particuliers et d’un très grand nombre de témoignages». Une «étude par coloration et par pixels» qui a permis de mettre à mal «une illusion d’optique»«Nous avions jusqu’à présent des images qui montraient qu’il y avait une distance de plusieurs mètres au moment de sa chute entre madame Legay et le cordon de compagnie départementale d’interventionContrairement à ce qui pouvait être interprété des premières images, il y a eu un contact direct entre un membre des forces de l’ordre et madame Legay. [Le policier] a dû, comme nous tous, se rendre à l’évidence et constater qu’il avait directement touché du bras Madame Legay.» 

 Le procureur a donc saisi des juges d’instruction et a ouvert une information judiciaire pour des faits de «violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique». Le policier risque jusqu’à sept  ans d’emprisonnement. Entendu à deux reprises l’agent pensait avoir bousculé un homme. «En réalité, c’est madame Legay qu’il a poussé, précise encore Jean-Michel Prêtre. Elle a fait un mouvement de virevolte. C’est elle qui est touchée la première par le mouvement du bras de ce fonctionnaire de police.»

Victime d’une fracture du crâne, Geneviève Legay est toujours hospitalisée à Nice.

A demain

@jynau

 

 

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