Antibiotiques : est-ce le début de la fin de la très grande famille des «fluoroquinolones» ?

Bonjour

En direct de l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), c’est une information officielle destinée à l’ensemble des médecins et pharmaciens français 1.

Elle concerne les « quinolones » et les « fluoroquinolones », ces antibiotiques administrés par voie systémique ou par voie inhalée, utilisés pour traiter des infections bactériennes au cours desquelles le pronostic vital peut être engagé. L’Agence européenne des médicaments (EMA) a « réévalué » ces antibiotiques – et ce « en raison du risque d’effets indésirables graves, durables (durant plusieurs mois ou années), invalidants et potentiellement irréversibles, affectant principalement le système musculo-squelettique et le système nerveux » 2.

A la suite de cette réévaluation, le comité de pharmacovigilance européen (PRAC) a jugé que le rapport bénéfice/risque des quinolones doit désormais être considéré comme « défavorable ». Aussi la spécialité Apurone ® (indiquée « contre les cystites », prix libre en pharmacie), « seule quinolone commercialisée en France » (depuis 1983) sera prochainement « retirée du marché ».

Pour les « fluoroquinolones », le PRAC recommande « une restriction des indications afin que ces antibiotiques soient réservés aux infections pour lesquelles l’utilisation d’un antibiotique est indispensable et où d’autres antibiotiques ne peuvent pas être utilisés ».

Ainsi, la petite centaine de médicaments à base de fluoroquinolones ( substances actives : ciprofloxacine, lévofloxacine, loméfloxacine, moxifloxacine, norfloxacine, fluméquine et ofloxacine) ne doivent-ils désormais plus être prescrits  : pour traiter des infections non sévères ou spontanément résolutives (par exemple : pharyngite, angine et bronchite aiguë) ; pour prévenir la diarrhée du voyageur ou les infections récidivantes des voies urinaires basses ; pour traiter des infections non bactériennes, par exemple la prostatite (chronique) non bactérienne ; pour traiter des infections de sévérité légère à modérée (notamment cystite non compliquée, exacerbation aiguë de la bronchite chronique et de la broncho-pneumopathie chronique obstructive [BPCO], rhino-sinusite bactérienne aiguë et otite moyenne aiguë) – à moins que les autres antibiotiques habituellement recommandés pour ces infections soient jugés inappropriés.

L’utilisation concomitante de corticoïdes et de fluoroquinolones doit être évitée. Et les patients « doivent être informés d’arrêter le traitement et consulter leur médecin dès l’apparition de symptômes tels que des douleurs ou une faiblesse musculaire et des douleurs ou gonflements des articulations. »

A demain

@jynau

1 Information destinée « aux médecins généralistes, cardiologues, ORL, médecins internistes, pédiatres, gériatres, pneumologues, urologues, néphrologues, gynécologues, gastro-entérologues, anesthésistes-réanimateurs, chirurgiens, dermatologues, ophtalmologues, neurologues, orthopédistes, dentistes en particulier les parodontistes, infectiologues, radiologues, urgentistes, pharmaciens d’officine et pharmaciens hospitaliers »

2 L’ANSM ne donne (fort malheureusement) pas plus de précisions quant à ces « effets indésirables graves et durables ».

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