Policiers : vingt-huit suicides depuis le début de l’année. Christophe Castaner et la «fatalité»

Bonjour

Christophe Castaner est ministre de l’Intérieur. Vendredi 12 avril il visitait, à Paris, l’Hôpital des Gardiens de la Paix (35, boulevard Saint Marcel ; établissement de soins de suite et de réadaptation composé de 19 lits de soins de suite indifférenciés et 36 lits dans le secteur de prise en charge de l’appareil locomoteur et de 10 places d’hôpital de jour. » Une occasion de parler du suicide des policiers et des gendarmes. Des suicides qui, a affirmé le ministre de la République, ne sont pas une « fatalité ».

C’est là un phénomène inquiétant et en progression 1 vis-à-vis duquel le ministre s’est engagé à « mettre les bouchées doubles ». Il a insisté sur l’importance de la hiérarchie dans la prévention du suicide, estimant qu’elle devait être « une vigie attentive et bienveillante ». Une approche dont pourrait s’inspirer Agnès Buzyn confrontée, elle, aux suicides des soignants dans le monde hospitalier.

« La police et la gendarmerie ne sont pas malades du suicide », a encore affirmé Christophe Castaner, promettant un nouveau programme de lutte et de prévention des suicides – et une accélération dans la mise en œuvre du plan lancé en 2018 par son prédécesseur. Création, notamment, d’une « cellule alerte prévention suicide » pour la police nationale. Cette cellule sera pilotée par Noémie Angel, membre de l’Inspection générale de l’administration. Un numéro de téléphone dédié, disponible 24h/24, « permettra de signaler les risques et de mettre les personnes en souffrance en relation avec des psychologues. »

Vendredi 19 avril. Hasard ou fatalité ? Une semaine seulement après ces annonces l’ensemble des syndicats de police appelle à des rassemblements  et demande à être reçu « en urgence » par Christophe Castaner. La cause : deux nouveaux suicides de policiers, jeudi 18 avril – une capitaine de Montpellier et un policier de Paris.

La capitaine de police de la sûreté départementale de l’Hérault s’est suicidée dans son bureau à Montpellier avec son arme de service. Le suicide serait intervenu vers 8 heures à l’hôtel de police de Montpellier. Aucune détonation n’a été entendue, mais des collègues ont été alertés par une odeur de poudre. Ils ont alors découvert vers 9 heures cette femme de 48 ans, mère de deux fillettes, inanimée, une balle en plein cœur. La direction départementale de la sécurité publique de l’Hérault n’a pas souhaité communiquer à ce stade.

Un autre policier a été retrouvé mort jeudi en début d’après-midi à son domicile à Villejuif (Val-de-Marne). Agent de la direction de l’ordre public et de la circulation de la préfecture de police de Paris, ce policier de 25 ans s’était suicidé avec son arme à feu. Il appartenait à la division régionale de la sécurité routière et intervenait dans les écoles.

« Le plan de lutte contre les suicides dans la police doit devenir une cause nationale et être décrété priorité ministérielle », réclame l’intersyndicale de la police dans un communiqué :

« DEUX NOUVEAUX FLICS NOUS ONT QUITTÉ DEPUIS CE MATIN

« Depuis le début de l’année 2019, 28 de nos collègues ont choisi d’en finir avec la vie et ont commis le geste irréparable. Les journées dramatiques s’enchaînent à un rythme insoutenable et jamais connu. Face à ce fléau, l’intersyndicale de tous les corps de la Police Nationale ne supporte plus de perdre autant de collègues. Des mesures fortes et immédiates doivent être prises sans délai. Malgré les propos du Ministre le 2 avril dernier, après le plan de 2009, celui de 2015, un troisième plan de mobilisation a vu le jour mais, de plans en réunions, nous en sommes toujours au même point.

« L’intersyndicale appelle, ce jour, l’ensemble des personnels, sans clivage syndical ni de corps, à se rassembler le vendredi 19 avril 2019, de 11h 30 à midi, en silence, devant leurs services respectifs en hommage à nos collègues. L’Intersyndicale demande à être reçue en urgence par le MINISTRE de l’INTÉRIEUR. Le plan de lutte contre les suicides dans la Police doit devenir une cause nationale et être décrété PRIORITÉ ministérielle. »

A demain

@jynau

1 « Pourquoi gendarmes et policiers se suicident-ils désormais beaucoup plus que par le passé ? » Journalisme et santé publique, 17 novembre 2018.

 

 

 

3 réflexions sur “Policiers : vingt-huit suicides depuis le début de l’année. Christophe Castaner et la «fatalité»

  1. Juste deux questions.
    1) Choisir de devenir flic ( ou médecin, enseignant, curé etc…) est-il de nature à attirer certains types de personnalités pouvant passer à l’acte ? Réponse pour moi : oui.
    2) S’occupe-t-on de cette réalité dans les procédures d’admission puis de sélection de ces professionnels ? Réponse pour moi : non.

  2. en même temps (ah ah ah ah)

    On peut difficilement demander à appliquer des procédures inhumaines (par exemple tabasser des manifestants oisifs, par exemple devoir trier les cas graves en laissant mourrir des gens par manque de moyens, par exemple devoir laisser des enfrants qui n’arrivent pas à apprendre avec la méthode officielle) à des personnes à qui il reste une pearcelle d’humanité. Certaines passent du coté de l’inhumanité sélective , mais d’autres ne peuvent supporter ce qu’elles deviennent. sans être de nature (biologie ? génétique ? race ?) suicidaire.

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