Déontologie bafouée : quand des médecins troquent des prescriptions d’antalgiques opiacés

Bonjour

C’est un papier du Washington Post (Sari Horwitz and Scott Higham ) : « Doctors in seven states charged with prescribing pain killers for cash, sex » – un papier relayé par Slate.fr (Audrey Renault) : « Docteur américain échange opioïdes contre argent ou rapport sexuel ».

Où l’on apprend, alors que  les États-Unis luttent contre les conséquences spectaculaires d’une consommation massive  d’antalgiques opiacés  (218.000 morts prématurées entre 1999 et 2017), que des dizaines de professionnels de santé viennent d’être interpellés. La raison : prescription illégale de plus de trente-deux millions de « pain pills ». Et, dans ce cadre, plusieurs médecins sont soupçonnés d’avoir délivré des ordonnances en échange de rapports sexuels ou d’argent.

Parmi les soixante personnes inculpées figurent notamment trente-et-un médecins, sept pharmaciens et huit infirmières. Les accusé·es encourent une peine d’emprisonnement maximale de vingt ans. Sept Etats semblent plus particulièrement concernés. Plus de 350.000 ordonnances illégales ont été rédigées en Alabama, au Kentucky, en Louisiane, en Ohio, en Pennsylvanie, au Tennessee et en Virginie occidentale.

Brian Benczkowski, procureur général adjoint chargé de la division criminelle du département de la Justice : «C’est l’équivalent d’une dose d’opioïdes pour chaque homme, femme et enfant de la région. Si ces professionnels de la santé se comportent comme des trafiquants de drogue, soyez assurés que le département de la Justice va les traiter comme des trafiquants de drogue.»

Agents infiltrés

Comment en est-on arrivé à ces interpellations ? Grâce aux informations de sources « confidentielles » et « d’agents infiltrés » dans les centres médicaux que l’équipe chargée de l’enquête a pu documenter de quelles manières les professionnels abusaient de leur prérogatives pour prescrire ces spécialités pharmaceutiques à très haut potentiel addictif en échange d’argent et/ou de relations sexuelles.

« Les forces de l’ordre ont découvert que pour passer sous les radars de la justice, des spécialistes n’avaient pas hésité à aller très loin. C’est par exemple le cas d’un médecin du Tennessee, qui avait installé une pharmacie attenante à son cabine en toute illégalité, rapporte Slate.fr. Après un examen superficiel, sa patientèle n’avait qu’à passer dans la pièce d’à côté pour récupérer directement une ordonnance d’antidouleurs.»

Autre cas relevé par le bureau du procureur : un dentiste n’acceptait de délivrer des ordonnances d’opioïdes que si ses patient·es le payaient en espèces et acceptaient de se faire arracher une ou plusieurs dents, en guise de couverture. Dans l’Alabama, un docteur en médecine a même appâté des jeunes femmes et des prostituées en leur proposant de s’approvisionner et de consommer ces antidouleurs à son domicile, en échange de faveurs sexuelles. »

Sauf à méconnaître la bibliographie médiatique sur le sujet (ou à pécher par trop de naïveté) il ne semble pas que de telles pratiques existent de ce côté-ci de l’Atlantique.

A demain

@jynau

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