Et soudain Emmanuel Macron, depuis L’Elysée, sanctuarisa les petits hôpitaux français

Bonjour

Ce ne fut pas, au terme du Grand Débat, la révolution que quelques Gilets Jaunes espéraient encore.  L’acteur était là, son texte n’était pas à la hauteur – hormis son ordalie. On retiendra sa défense et illustration d’un improbable « Art d’être Français ». Ainsi que son propos sur les petits établissements hospitaliers – objets désormais sinon sacrés, du moins sanctuarisés. Emmanuel Macron, président de la République française a, jeudi 25 avril, lors d’une conférence de presse organisée au Palais de l’Elysée, pris un engagement solennel : il n’y aura plus « d’ici à la fin du quinquennat de nouvelles fermetures, ni d’hôpitaux, ni d’écoles ». Du moins plus de fermetures « sans l’accord du maire » (soudaine réhabilitation présidentielle des « corps intermédiaires »).

S’en réjouir ? Le chef de l’Etat ne fait que réaffirmer un engagement déjà pris à plusieurs reprises par sa ministre des la Solidarités et de la Santé. « Aucun hôpital ne fermera, même ceux qui n’ont guère d’activité, ceux qui ont du mal à recruter, ceux qui travaillent uniquement avec des intérimaires, ou qui sont en permanence en déficit en raison d’une déprivation populationnelle (sic) », avait notamment annoncé Agnès Buzyn le 21 mars à l’Assemblée nationale. Depuis hier cette promesse ministérielle est désormais présidentielle.

On observera aussi qu’Emmanuel Macron n’a, en l’occurrence, fait qu’officialiser une information qui avait fuité dans d’innombrables médias – des médias qui (via différent ministères) avaient eu connaissance du contenu de l’allocution du chef de l’État annulée du fait de l’incendie de la cathédrale Notre-Dame.

Ne pas se réjouir trop vite. Car le chef de l’Etat a aussitôt ajouté :  « Ça ne veut pas dire qu’il n’y aura pas de réorganisation, elles sont parfois indispensables. Ça veut dire qu’il n’y aura plus de disparition, comme on l’a trop vécu ». Pourquoi avions-nous vécu tant et tant de disparitions hospitalières ? Qui organisait, hier, les déserts ? Emmanuel Macron ne l’a pas révélé.

Ordalie ou pas

« Le chef de l’Etat joue sur les mots, un hôpital dont on ferme la chirurgie ou la maternité n’est plus du tout le même hôpital qu’avant », commente le géographe de la santé Emmanuel Vigneron, cité par Le Monde (François Béguin). Car si aucun hôpital ne fermera ses portes d’ici à 2022, des services de chirurgie ou d’obstétrique continuent en revanche régulièrement de disparaître.

On se souvient que depuis le début du quinquennat Agnès Buzyn a, en dépit des cris exprimés localement, décrété la fermeture d’une quinzaine de maternités hospitalières, notamment à Decazeville (Aveyron), Cosne-sur-Loire (Nièvre), Die (Drôme), Bernay (Eure), Châteaudun (Eure-et-Loir), Le Blanc (Indre), Saint-Claude (Jura). Mais, jouant sur les mots, Agnès Buzyn se refuse ici à parler de fermeture. « Il n’y aura plus l’acte d’accouchement, il y aura tout le suivi de grossesse qui sera de très grande qualité » explique-t-elle, au grand dam des maires concernés.

Et Le Monde de se souvenir que lors de son grand discours de présentation de la réforme de la santé, le 18 septembre 2018 depuis le Palais de l’Elysée, le chef de l’Etat avait annoncé assumer une politique « visant à mieux graduer l’offre de soins ».

 « Certaines activités devront fermer à certains endroits quand des plateaux techniques sous-utilisés deviennent dangereux ou que l’absence de médecin qualifié ne permet pas de les sécuriserMais ces structures-là pourront être réutilisées soit pour des services de proximité ou de premier niveau, soit pour du suivi postopératoire au plus près de la famille (…). Je ne souhaite pas qu’on ferme un service, un établissement pour des raisons financières mais je ne laisserai pas non plus ouvert un service dans lequel aucun d’entre vous n’enverrait ses enfants. »

Il est vrai que fermer un service n’est pas fermer un hôpital. C’est, tout simplement, le rapprocher de sa fin. De l’art, ordalie ou pas, de maîtriser le français.

A demain

@jynau

Une réflexion sur “Et soudain Emmanuel Macron, depuis L’Elysée, sanctuarisa les petits hôpitaux français

  1. Bonjour,
    En ‘Ordonnancement ordalié’, c’est vraiment une très jolie expression qu’une politique « visant à mieux graduer l’offre de soins » ¡ ! … Joli, joli , joli !! Bon, sommes toutes, …


    un peu comme ça, … pour que ça tombe plat, c’est ça ????
    Respectueuses Salutations

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