Affaire de la Pitié-Salpêtrière : il aurait fallu interdire Tweeter à Christophe Castaner

Bonjour

Salpêtrière-Castaner Acte V. Vendredi 3 mai Christophe Castaner, ministre de l’Intérieur a donc reconnu qu’il n’aurait pas dû employer le terme “attaque” » mais plutôt celui « d’intrusion violente ». Or bien loin de calmer le jeu, ce mea culpa a minima ministériel a amplifié les attaques dont il est  désormais la cible.

« Accepter de revenir sur ses mots, ça ne me pose aucun problème, a encore déclaré Christophe Castaner. C’est naturel aussi qu’un homme politique soit un homme qui (…) puisse se dire qu’une situation a évolué. » Certes. Mais le problème se situe en amont, pas en aval. Il est dans le besoin quasi obsessionnel du ministre de tweeter. Un phénomène épidémique dans les sphère politique ; une obsession qui nourrit à la fois l’ego narcissisé et la quête irréfragable de pouvoir de l’exécutif.

La séquence Castaner-Salpêtrière est, de ce point de vue, parfaitement décryptée dans Le Monde (Cécile Bouanchaud) par  le sociologue Gérald Bronner. Pour ce dernier le ministre de l’Intérieur (une fois encore) a favorisé l’émotion face – et ce alors même que le pouvoir politique a, en démocratie, le devoir de favoriser l’expression de la raison. Extraits :

« (…)  cette précipitation de Christophe Castaner à réagir illustre ce que j’appelle la contamination du croire par le désir. C’est-à-dire croire en un fait ou un récit parce que cela arrange notre représentation du monde. C’est un classique en politique, et pas seulement en politique, nous fonctionnons tous sur ce schéma.

S’agissant de Christophe Castaner, il y a plusieurs hypothèses. La première étant de penser qu’il a entendu de la part de certaines sources qu’il s’agissait d’une attaque et qu’il a repris l’information telle quelle, alors qu’il aurait fallu suspendre son jugement. Dans ce cas, on peut donc, au minimum, lui faire le reproche d’avoir parlé trop vite, en se précipitant sur une ‘’bonne’’ mauvaise nouvelle. Cette précipitation émotionnelle n’est pas admissible de la part d’un homme politique.

L’autre cas de figure est plus cynique et consiste à penser qu’il savait que ce n’était pas une intrusion violente, mais qu’il a décidé de parler d’attaque, se disant que les gens n’en sauraient rien. Dans les deux cas, nous sommes dans des exemples de ce que j’appelle la déchéance de rationalité (…) 

Avec les chaînes d’information en continu et les réseaux sociaux, les politiques semblent être en concurrence permanente entre eux. Il faut être le premier à s’indigner. Les politiques tombent alors dans cette ‘’prise de risque’’ de donner l’information le plus vite possible, pour attirer l’attention, au risque qu’elle soit fausse. Chaque jour, des politiques commentent l’actualité en divulguant des informations imprécises, voire erronées. Il se joue une équation entre l’envie d’être visible et l’envie que telle information soit vraie. »

Gérald Bronner observe encore, comme nous tous la « pression concurrentielle sur le marché de l’information » ouvre continuellement les vannes aux flots émotionnels, et ce d’autant que l’émotion est un accélérateur puissant d’information. Or, précisément, en tant que ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner a des responsabilités spécifiqeus – à commencer, à commencer celle « d’assujettir ses émotions à sa rationalité ». « Plus que jamais, les politiques ont donc le devoir de ralentir la course de l’information et son interprétation, prévient le sociologue. Sans cela, le niveau de méfiance des citoyens, qui n’a jamais été aussi haut, risque d’être encore plus entamé. »

Pour l’heure, hasard ou pas, on gardera en mémoire que le désormais tristement célèbre tweet ministériel émotionnel fut posté à un jet de grenade de la statue de Philippe Pinel . Pinel, médecin psychiatre resté célèbre pour l’abolition de l’entrave des malades mentaux par des chaînes. Pinel qui œuvra pour la raison et dont la mémoire est honorée, à Paris, par une statue érigée devant l’entrée de La Salpêtrière.

A demain

@jynau

5 réflexions sur “Affaire de la Pitié-Salpêtrière : il aurait fallu interdire Tweeter à Christophe Castaner

  1. Bonjour,

    < Accepter de revenir sur ses mots … admettons … et pour les moins des moindres aux plus bas, … des maux … ça aurait été démo ???

    Que serait-il advenu, en effets, si ‘l’intrusion’ avait été empêchée par des grilles fermement restées fermées à l'enceinte de l'hôpital ??? Combien de blessés, (à 1mn41 de la video) d’écrasés, ou de morts, alors ???

    Et puis, après ces heureux ‘sursauts d’en twisteries’, y regardera t-on un peu plus à fond, sur les dits ‘Yellow sous mariniers SIVIC dossiers’ des ‘Black-block –radicalisés Listés’ (ou fichages des Gilets Jaunes par l’Administration – à 3mn15 de la video) ??? …

    Mercis pour votre publication, avec respectueuses salutations.

  2. « L’autre cas de figure est plus cynique et consiste à penser qu’il savait que ce n’était pas une intrusion violente, mais qu’il a décidé de parler d’attaque, se disant que les gens n’en sauraient rien. »

    Ce n’est pas crédible, normalement, il n’a pas pu mentir, il ne peut ignorer que tout sera revu sur une multitude de vidéos. Ou alors il est aussi bête que Mme Loiseau.

     » Cette précipitation émotionnelle n’est pas admissible de la part d’un homme politique. »
    Emorionnelle ne s’impose pas. Mais cette précipitation est inutile et … stupide. Ce qu vaut pour les media qui eux recherchent apparemment le spectaculaire et l’émoitionnel.

    Mais ce premier mai n’est PAS l’AFFAIRE CASTANER. Malgré les vautours qui tournoient autour de lui en se pinçant le nez (d’où le mouvement circulaire sans doute).
    On nous agite cela sous le nez et des politiques médiocres et amnésiques (Madame Pecresse s’en distingue heureusement) se vautrent dans l’outrance d’une mauvaise foi opportuniste, naufragés misérable sans idées accrochés à de vieilles planches pourries.
    Les media insistent anormalement sur l’erreur de Castaner qui n’est pas dramatique au fond: faute professionnelle.

    C’est je pense d’abord , ce premier mai ,
    – une affaire de violence de quelques uns , avant tout ,des ultras de toutes couleurs, nuisibles, des gilets salis , tous ennemis sourds violents et sectaires de notre type de démocratie.
    – Et ensuite comme il a été dit , du vol du premier mai aux syndicats, quoi qu’on puisse penser des sottises de M. Martinez à la vue courte qui se trompe de coupables.
    – Et enfin un point technique de type d’intervention policière
    – Quant aux vidéos pour l’instant hors contexte dénoçant les « violences » policières elles nous montrent des comportements techniquement répréhensibles, mais humainement compréhensibles. Je me demandes

    Le fait du jour n’est pas l’affaire Castaner , certains en ont fait une DIVERSION facile.
    Même s’il n’est pas bien futé, quand même.

  3. Acte V prime …

    Le collectif des 34 de la Pitié, en conférence de presse, le quatre mai 2019 … ça se passe en France .

    À écouter 😶 avec de fines grandes bonnes oreilles 👂🏾…

    La prise de parole est à suivre dès 9 mn 25 … comment disaient-ils déjà, des premières images … édifiant ? C’était ça ??? … oui, mais pas que:

    – Pour le directeur général de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris, Martin Hirsch, SIC: état d’images de vidéosurveillance 🤕 « absolument édifiantes »…
    – Mme la ministre de la Santé Agnès Buzyn: « inqualifiable », 😷« exaction inédite » …
    – Geste « totalement irresponsable » 🤒 pour le Premier ministre Edouard Philippe …
    – … … … 😟
    – … 💊

  4. Castagnette a choppé la trumpite…
    Je suggère un internement en HP longue durée… C’est une maladie grave.

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