Les « 34 de la Pitié-Salpêtrière » passent à l’attaque de Christophe Castaner

Bonjour

Salpêtrière-Castaner Acte VI. Le mea culpa linguistique de Christophe Castaner n’aura été d’aucune utilité à l’exécutif. Pire il se transforme aujourd’hui en boomerang politique et démocratique. Samedi 4 mai a, de ce point de vue, été marqué une étape essentielle dans cette affaire sans précédent et profondément moderne : la trentaine de manifestants placés en garde à vue après avoir été interpellés, le 1er mai, « sur un escalier menant à un service de réanimation » de la Pitié-Salpêtrière se sont révoltés.

Ils ont publiquement assuré qu’ils n’avaient fait que « fuir les ultra-violences policières ». En aucun cas ils ne procédaient à une « attaque » de ce service hospitalier en particulier et, a fortiori, de cet hôpital en général. Or il se trouve que cette « version des faits » est pleinement corroborée par les nombreux témoignages précieusement recueillis/recoupés par de nombreux médias ainsi que par le décryptage effectué par ces derniers (Le Monde et Libération notamment). Des témoignages qui mettent également à mal les affirmations formulées  par la directrice de La Pitié-Salpêtrière et par le directeur général de l’AP-HP – affirmations sur lesquelles Christophe Castaner dit d’être appuyé pour parler d’ « attaque » et tweeter cette information radicalement « inappropriée ».

Lors d’une conférence de presse à Paris, une dizaine de ces personnes regroupées au sein du collectif « Les 34 de la Pitié » ont lu, à plusieurs voix, une déclaration commune pour raconter ce qu’ils avaient « vécu ensemble ». « Cette déclaration a été ‘’validée’ par l’ensemble des interpellés, ont-ils souligné » précise l’AFP.

Pluie lacymogènée

L’un d’entre eux, Johann Maheut, ajoute l’agence, avait par ailleurs livré un récit édifiant quelques heures plus tôt sur son compte Facebook. Le 1er mai vers 16 heures, alors que la manifestation est calme et que le cortège est bloqué en attendant de continuer vers la place d’Italie, « une pluie de palets lacrymogènes s’abat sur l’ensemble de la foule compacte […] sans aucune explication, ni sommation », écrit-il. « Autour de moi, pas de casseurs ni de supposés “Blacks-Blocs”, seulement des gens ordinaires de tous âges ».

Le récit que fait le collectif des gardés à vue ne dit pas autre chose. Alors que le cortège du 1er-mai, scindé en deux par les forces de l’ordre, était noyé sous « une pluie de lacrymogène et de LBD » boulevard de l’Hôpital et que « tout le monde était visé, y compris un grand nombre d’enfants et de personnes fragiles », « seules deux options s’offraient à nous : subir des coups (…) ou se réfugier dans un espace aéré », ont-ils expliqué.

 « Pour fuir ces ultra-violences policières », ces manifestants, « terrifiés », se sont engouffrés par une « grille ouverte » de l’hôpital, où ils se sont « réfugiés sous l’effet de la panique ». Mais, « brusquement », des CRS les ont « chargés », expliquent-ils, alors que « des voltigeurs » sont arrivés de l’autre côté. C’est alors qu’ils ont pris un escalier pour demander « le droit d’asile ».

« A aucun moment nous ne savions qu’il s’agissait du service de réanimation », ont-ils assuré, insistant sur le fait qu’ils n’étaient « jamais rentrés dans le bâtiment » et qu’il ne s’agissait de leur part ni d’une « attaque, ni d’une intrusion violente », mais que « le but » était « bien de se réfugier ».

Humiliations et garde à vue

Ces manifestants ont été interpellés peu après par les CRS auxquels ils n’ont opposé « aucune violence »Johann Maheut raconte la suite sur Facebook « Un CRS fera redescendre tout le monde, alors que j’arrive au bas de l’escalier, une partie de notre groupe ainsi formé est allongé au sol face contre terre, les mains sur la tête. Commence alors notre interpellation et toutes les humiliations qui vont avec. Nous remettons nos pièces d’identité, puis la palpation commence, un par un. La fouille ne donne rien, pas même un masque à gaz. »

« Dans le bus, l’ambiance est détendue même si chacun se demande ce qu’il va nous arriver, nous n’imaginons pas encore la garde à vue. Comme vous le voyez sur ma photo de l’intérieur du bus, le profil des interpellés est loin de la description faite par M. Castaner », poursuit-il.

Le collectif a ensuite dénoncé des « violences » à leur encontre au dépôt de police et raconté les conditions difficiles de leurs « vingt-huit [à] trente heures » de garde à vue, avec une « pression psychologique intense », sans pouvoir voir leurs avocats.

Ce n’est qu’au Palais de justice qu’ils se sont rendu compte, en découvrant la polémique entourant leur histoire, qu’ils avaient été « victimes d’un engrenage politique » qui les « dépassait ». Une manifestation « déclarée et autorisée » s’est « transformée en cauchemar », ont-ils poursuivi, en évoquant des « événements incompréhensibles et inadmissibles ». Auparavant, ces manifestants, « encore sous enquête préliminaire », avaient remercié les « travailleurs et travailleuses de l’hôpital de la Salpêtrière qui ont fait émerger la vérité ».

« Accepter de revenir sur ses mots, ça ne me pose aucun problème, avait déclaré Christophe Castaner lors de qu’il ne voulait pas présenter come un mea culpa. C’est naturel aussi qu’un homme politique soit un homme qui (…) puisse se dire qu’une situation a évolué. »

Jusqu’où ira, désormais, l’évolution de la situation ?

A demain

@jynau

3 réflexions sur “Les « 34 de la Pitié-Salpêtrière » passent à l’attaque de Christophe Castaner

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s