L’argent sale des médicaments : projecteur sur les grossistes-répartiteurs « short liners »

Bonjour

Esprit de lucre aidant, tout n’est pas toujours reluisant dans le monde du médicament. Ainsi cette information peu banale que vient de distiller l’Agence nationale chargée de contrôler la qualité et l’éthique de ce vaste secteur : « Grossistes-répartiteurs : l’ANSM prend des mesures à l’encontre des « short-liners » ».

Les grossistes-répartiteurs sont ceux qui, en aval de Big Pharma, réalisent les opérations d’achat, de vente, de stockage et de distribution de médicaments. A ce titre ils disposent d’autorisations délivrées par l’ANSM pour ces activités. Et le code de la santé publique leur impose des obligations de service public. Or c’est précisément ici que certains grossistes-répartiteurs font défaut et sont désignés comme étant des »short liners ». Voici ce que nous dit l’ANSM :

« Attirés par la rentabilité du marché, notamment par le biais des exportations parallèles, les « short-liners » développent leur activité sans respecter tout ou partie de leurs obligations, en particulier de disposer d’une collection suffisante de médicaments, ce qui nécessite des capacités de stockage adéquates, et d’être en mesure de livrer les officines dans les 24 heures. Ces obligations entraînent un coût non négligeable dans le fonctionnement des grossistes-répartiteurs mais sont indispensables à l’approvisionnement approprié et continu des patients en France.»

Plus grave encore :

« Cette problématique est essentielle et va au-delà de la question d’équité entre les acteurs de ce marché. Elle peut favoriser l’introduction des médicaments falsifiés dans la chaîne légale de distribution, compliquer la traçabilité et entraîner un assèchement du marché car certains « short-liners » achètent des médicaments à moindre coût en France pour les revendre dans d’autres pays européens. »

Or les  inspections, conduites par les Agences Régionales de Santé  en lien avec l’ANSM, ont mis en évidence qu’il existe encore (sic) des grossistes-répartiteurs qui ne remplissent pas leurs obligations de service public. En 2018, l’ANSM a  prononcé cinq injonctions et cinq sanctions financières à l’encontre de ces grossistes-répartiteurs, dits « short-liners », pour un montant total de 480 500 €.

On observera que l’ANSM se garde bien de donner les noms et de détailler les pratiques de ceux qui « ne respectent pas leurs obligations ». Ceux qui peuvent « faciliter l’introduction des médicaments falsifiés dans la chaîne légale de distribution », « compliquer la traçabilité » et « entraîner un assèchement du marché ». Ceux qui, en somme, joue avec la santé publique pour faire coûte que coûte de l’argent. On observera tout cela, et on se demandera pourquoi.

A demain

@jynau

 

Une réflexion sur “L’argent sale des médicaments : projecteur sur les grossistes-répartiteurs « short liners »

  1. Ce silence vient peut être du fait que les pointer du doigt en les désignant nommément détruirait la confiance des établissements, lesquels n’auraient pas toujours d’alternative d’approvisionnement.

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