Empoisonnements: spectaculaires prolongements de l’affaire de l’anesthésiste de Besançon

Bonjour

On le pressentait : le parquet de Besançon a annoncé jeudi 16 mai avoir engagé des poursuites contre le Dr Frédéric Péchier, anesthésiste-réanimateur, pour « empoisonnement sur personne vulnérable » visant dix-sept nouveaux cas d’empoisonnements présumés, dix-sept qui s’ajoutent aux sept pour lesquels il avait déjà été mis en examen en 2017. Soit, d’ores et déjà une affaire sans précédent connu en France – affaire qu’il convient de totalement dissocier de celles recensées sur font de pratiques euthanasiques et de décès « dans la dignité.

« Ce sont 17 dossiers qui ont été retenus » portant sur des arrêts cardiaques survenus lors d’interventions chiururgicales sur des patients âgés de 4 à 80 ans dont « sept n’ont pas survécu », a détaillé le procureur de la République Etienne Manteaux, précisant qu’il avait requis le placement en détention du médecin. Le médecin a été présenté dans la soirée à un juge des libertés et de la détention en vue d’une éventuelle incarcération, requise par le parquet, mais a finalement été laissé en liberté sous contrôle judiciaire. Ce qui ne manque pas d’interroger.

Après la première mise en examen de 2017 la justice avait  activement poursuivi son travail d’enquête – le parquet ayant ouvert « discrètement » une enquête préliminaire  qui durait depuis deux ans ; enquête concernant une cinquantaine d’autres accidents médicaux suspects qui pourraient dissimuler des « faits d’empoisonnement potentiels » dans des établissements où a exercé le médecin.

Parmi ces « événements indésirables graves », il y aurait quinze décès, avait révélé mercredi 15 mai le quotidien Le Parisien-Aujourd’hui en France. Et plusieurs corps avaient été exhumés en 2018 dans le cadre de cette enquête à bien des égards exceptionnelle.

La famille d’un petit garçon de 4 ans, opéré des amygdales en février 2016, a également fait savoir aux médias qu’elle avait porté plainte contre le médecin. Teddy souffre aujourd’hui de séquelles psychologiques que sa famille attribue à un arrêt cardiaque inexpliqué au cours de cette opération. Ses parents avaient déjà déposé plainte contre X au début de 2017. L’expertise médicale ordonnée avait « conclu à un accident inexpliqué avec une suspicion de choc anaphylactique, un choc allergique qui peut être mortel », selon France Bleu.

Frissons et présuppositions

Où l’on en revient à l’image du « pompier pyromane » ou, plus précisément, à la notion de « frisson de la réanimation ». Depuis le début de ses ennuis le Dr Péchier nie catégoriquement les faits. « Mon client dit passer sa vie à réanimer les gens, pas à les tuer », avait déclaré au début de l’affaire son avocat, Me Randall Schwerdorffer, précisant que « l’accident ou la négligence restent des hypothèses tangibles ». Ce dernier dénonçait aussi une « accusation ahurissante et fragile » et mettait en cause un autre médecin. « Il y a bien un empoisonneur, mais ce n’est pas lui », affirmait-il. Dans un contexte de rivalité entre médecins, il mettait notamment en cause un autre anesthésiste qui« a reconnu avoir posé deux des diagnostics » permettant de réanimer les patients empoisonnés.

Mais pour le parquet, les « indices graves et concordants » permettent de « présupposer l’administration volontaire de substances mortelle» de la part du Dr Frédéric Péchier. Après les premières révélations, le médecin avait été laissé libre sous contrôle judiciaire, avec l’interdiction d’exercer sa profession. Toutefois il y a un an la cour d’appel de Besançon lui avait permis de pratiquer des consultations d’anesthésie dans des établissements situés hors du département du Doubs – sans accès aux blocs opératoires et aux produits présentant un danger pour les patients.

Reste, au-delà du frisson, la troublante question des mobiles. « Le procureur Manteaux a, rapporte Le Parisien (Louise Colcombet, souligné que les incidents  »survenaient toujours lors de conflits intenses » dans la clinique. Admiré par les uns, détesté par les autres, Frédéric Péchier aurait pu agir pour briller face à ses confrères et construire sa légende personnelle. »

A demain

@jynau

Une réflexion sur “Empoisonnements: spectaculaires prolongements de l’affaire de l’anesthésiste de Besançon

  1. « Depuis le début de ses ennuis le Dr Péchier nie catégoriquement les faits. »

    Pas très étonnant.

    « Mais pour le parquet, les « indices graves et concordants » permettent de « présupposer l’administration volontaire de substances mortelles » de la part du Dr Frédéric Péchier. »

    Est-ce que le Dr. Péchier nie seulement l’interprétation des faits, ou l’existence même des indices « graves et concordants ».

    J’ai une curiosité insatiable sur l’étendue exacte de l’art et la manière dont les gens dans ces situations « nient les faits ».

    Y aurait-il des liens vers l’exposé exacts des « faits »? J’aime bien les « faits ».

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