Vincent Lambert : Emmanuel Macron dit pourquoi il ne suspendra pas la décision de fin de vie

Bonjour

Après-midi du 20 mai 2019. Tout se précipite. Pressé d’accorder une forme de grâce présidentielle à Vincent Lambert Emmanuel Macron vient, enfin, de prendre la parole. Il le fait huit heures après l’annonce de « l’initiation de « l’arrêt des traitements» et de la mise en place d’une « sédation profonde et continue» par le Dr Vincent Sanchez, chef de service des soins palliatifs de l’hôpital Sébastopol (CHU de Reims). Il le fait alors que l’affaire Vincent Lambert (qui alimente depuis quelques jours à flux continu les colonnes et les ondes) fait l’objet de multiples déclarations dans le champ politicien.

Que nous dit Emmanuel Macron via son compte facebook ? D’abord son émotion, puis ses interrogations.  

« Comme chacun d’entre vous, je suis profondément touché par la situation de Vincent Lambert. Comme citoyen, j’ai suivi son accident en 2008, et sa situation depuis plus de dix ans. Comme homme, comme tous les Français, je me suis interrogé pour moi, pour mes proches. Sur cette question, qui touche à la part intime de chacun, il n’y a aucune réponse simple ou univoque. Seulement des incertitudes et des déchirements, qui ont traversé la famille de Vincent Lambert et traversent tant de familles de France. Et la volonté de respecter la dignité de toute vie humaine. »

Que nous dit le président de la République ?

« Aujourd’hui, comme Président de la République, il ne m’appartient pas de suspendre une décision qui relève de l’appréciation de ses médecins et qui est en conformité avec nos lois. »
Le président Macron pourrait s’arrêter ici. Mais non, il reprend et poursuit :

« Mais il m’appartient d’entendre l’émotion suscitée, et de vous répondre. Vincent Lambert a été victime d’un accident de la route le 29 septembre 2008, il y a plus de dix ans. Toutes les expertises médicales ont conclu au caractère irréversible de son état. La décision d’arrêter les soins a été prise au terme d’un dialogue permanent entre ses médecins et sa femme, qui est sa tutrice légale. Elle l’a été, en application de notre législation qui permet de suspendre les soins en cas d’obstination déraisonnable – ce qui, selon les différentes équipes médicales, est le cas de Vincent Lambert.

Puis il élargit son propos :

« Derrière les déchirements, j’entends une angoisse : celle qu’en France, on puisse décider de manière arbitraire de la mort d’un citoyen. C’est précisément parce que ce n’est pas le cas, parce qu’il n’y a pas, dans notre pays, de place pour l’arbitraire, que je n’ai pas à m’immiscer dans la décision de soin et de droit qui a été prise dans le cas de Vincent Lambert. Juste à réaffirmer les principes fondamentaux qui tiennent notre Nation et prévalent sur toute autre considération : le combat pour la vie, le respect de la mort, la protection de chacun. »

Et le président de la République française de conclure :

« Nous devons aujourd’hui une chose à Vincent Lambert et à sa famille : le respect de leur intimité et de leur douleur. »

Le citoyen aurait pu espérer que le chef de l’Etat traite, ici, des rapports de la France avec le comité de l’ONU en charge des droits des personnes handicapées. Qu’il s’engage solennellement en faveur du développement des soins palliatifs. Qu’il incite chacun à réfléchir à la rédaction de ses « directives anticipées ». Il ne l’a pas fait. Une grande occasion manquée. Le citoyen ne pourra que le regretter.

A demain

@jynau

Une réflexion sur “Vincent Lambert : Emmanuel Macron dit pourquoi il ne suspendra pas la décision de fin de vie

  1. Qu’on se rassure, tous les tampons auront été mis d’une main qui ne tremble pas sur tous les CERFA. Tous ceux qui avaient le pouvoir de s’opposer – au premier plan la justice, tant administrative que civile – se sont courageusement abstenus. Les avis des experts qui allaient contre l’opinion dominante ont été mis au panier.
    Jour d’infamie pour notre pays. Il va bientôt concourir dans la catégorie « meurtre en masse » avec la Belgique (12 000 euthanasies entre 2002 et 2015) et les Pays Bas (> 50 000 depuis 2002); en cumulé, ces pays « avancés » sont en train de rattraper l’Allemagne nazie dont l’Aktion T4 avait tué plus de 70 000 « inutiles »…

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