Vincent Lambert : « L’arrêt des traitements et la sédation profonde ont été initiés ce matin »

Bonjour

Matinée du 20 mai, un mail. L’arrêt des soins de Vincent Lambert « patient tétraplégique en état végétatif depuis plus de dix ans a débuté à l’hôpital Sébastopol, CHU de Reims » a-t-on appris auprès de l’avocat des parents et de source familiale.

«L’arrêt des traitements» et «la sédation profonde et continue» ont été «initiés ce matin», a écrit le Dr Vincent Sanchez, chef de service des soins palliatifs, dans un mail à la famille et dont l’AFP a obtenu copie. «Dans cette période douloureuse, j’espère pour Monsieur Vincent Lambert que chacun saura ouvrir une parenthèse et se rassembler, auprès de lui, afin que ces moments soient le plus paisibles, intimes et personnels possible», ajoute ce médecin.

 «C’est des monstres ! Des monstres ! C’est des nazis !», a lancé en larmes depuis une voiture Viviane Lambert, la mère de Vincent, en passant devant le CHU de Reims. Le Dr Sanchez «en violation de tous ses devoirs et de ce qu’il avait laissé croire, vient d’annoncer à la famille qu’il avait initié le processus de mort sans préavis, sans tenir compte des recours, sans tenir compte des mesures provisoires. (…). Le coup de force continue. Il est encore temps d’arrêter cette folie», ont affirmé dans un communiqué Me Paillot et Me Triomphe, avocats des parents.

 Ils entendent contraindre la France à appliquer les «mesures conservatoires» d’un organisme de l’ONU, le Comité des droits des personnes handicapées (CDPH), qui lui a demandé de surseoir à l’arrêt des soins, dans l’attente d’un examen du dossier sur le fond, qu’il mènerait. Sur RTL lundi matin, Me Paillot a précisé avoir saisi dans ce sens le Conseil d’Etat, la Cour européenne des droits de l’homme et «être sur le point de saisir la cour d’appel de Paris». Autre action envisagée: devant le tribunal correctionnel de Reims à l’encontre du Dr Sanchez, dont ils réclament la radiation.

Midazolam

La «sédation profonde et continue jusqu’au décès» est «une mesure de précaution» pour être sûr «que le patient ne souffre pas», selon des recommandations publiées en février 2018 par la Haute autorité de santé (HAS).  En France aucune molécule n’a reçu d’autorisation de mise sur le marché dans cette indication. Extrait des recommandations:

« Le médicament le plus utilisé est le midazolam. Médicament de première intention, il est utilisable quels que soient l’âge et le lieu, à l’hôpital, à domicile ou en Ehpad ; mais il a plusieurs inconvénients : dose d’entretien difficile à prévoir, tolérance lors de l’usage prolongé obligeant à augmenter les doses, réveils intempestifs dus à des fluctuations d’effet, résistance possible. »

« Les benzodiazépines à demi-vie longue peuvent être envisagées : diazépam, clorazépate dipotassique, clonazépam sont disponibles en France. Les neuroleptiques sédatifs (chlorpromazine, lévomépromazine) peuvent être utiles en complément de la benzodiazépine lorsque la sédation est insuffisante, en cas de confusion ou d’agitation, ou s’ils ont été initiés avant la sédation ; leurs posologies n’ont pas été établies (…).

« À l’hôpital, d’autres médicaments sont utilisés en seconde intention par une équipe experte dans leur maniement : phénobarbital : alternative possible en cas d’inefficacité du midazolam mais sa posologie et son mode d’administration n’ont pas été étudiés (…)  ; propofol, oxybate de sodium : il est nécessaire de s’entourer de la compétence d’un médecin anesthésiste-réanimateur.

Les opioïdes seuls ne doivent pas être utilisés pour induire une sédation ; ils seront poursuivis ou renforcés pour contrôler les douleurs et les dyspnées. »

A demain

@jynau

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