Vogalène®, Motilium® et Primperan® : dangereux – uniquement pour les vomissements !

Bonjour

Empiétant largement sur l’Agence de sécurité du médicament 1, la Haute Autorité de santé (HAS) vient de publier une « fiche » peu banale : « Médicaments antiémétiques dans le traitement symptomatique des nausées et vomissements ». Il y est question des spécialités pharmaceutiques à base de dompéridone (Motilium®, Peridys®, Oroperidys®) 1, de métoclopramide (Anausin métoclopramide®, Primperan®, Prokinyl LP®) ou de métopimazine (Vogalène®). Autant de spécialités historiques (sans oublier leurs génériques) indiquées pour « soulager les nausées et les vomissements dans les cas de gastro-entérite, infection virale… »

Or, alerte rouge : « Compte tenu du risque d’effets indésirables cardiaques graves (arythmies ventriculaires, mort subites cardiaques) et de troubles neurologiques, la prescription d’un antiémétique devrait êre envisagé uniquement lorsque ces affections sans caractère de gravité peuvent entraîer des vomissements ayant à court terme des complications graves ou très gênantes. »

Et la HAS de rappeler que le traitement des nausées et des vomissements est « étiologique ». C’est pourquoi la  prescription de dompéridone, métoclopramide ou métopimazine ne devrait être envisagée que si la prescription d’un antiémétique « apparaît indispensable », c’est-à-dire uniquement en cas de vomissements ayant à court terme des complications graves ou très gênantes.

Ces médicaments ne sont pas destinés en première intention à des symptômes secondaires à des affections graves,  comme après un acte opératoire ou dans le cadre d’un traitement anticancéreux (radiothérapie ou chimiothérapie).

On se souvient peut-être que l’AMM des médicaments à base de dompéridone ou de métoclopramide a d’ailleurs été retirée chez l’adulte et chez l’enfant dans les situations cliniques suivantes : reflux gastro-œsophagien, gastroparésie, dyspepsie, nausées et vomissements induits par radiothérapie, chimiothérapie ou agoniste dopaminergique, et stimulation de la montée laiteuse. (La métopimazine n’avait pas d’AMM dans ces affections).

La HAS rappelle aussi les conditions de prescription de la dompéridone (déconseillée aux plus de soixante ans et aux femmes enceintes ou allaitantes) du métoclopramide (réservé à l’adulte et déconseillé en cas de troubles de la conduction cardiaque de déséquilibre électrolytique non corrigé, de bradycardie, aux sujets âgés et aux femmes enceintes ou allaitantes) et la métopimazine (à utiliser avec prudence chez les sujets âgés ainsi qu’en cas d’insuffisance rénale ou hépatique).

Quels sont les volume des ventes de ce rayonnage pharmaceutique ? Combien d’ « événements indésirables cardiaques graves (arythmies ventriculaires, mort subites cardiaques) » ? Combien de « troubles neurologiques »et lesquels ? Quelle évaluation à venir quant aux effets de la publication de cette « fiche » ? On ne le saura pas.

A demain

@jynau

1 Lire ici nos posts sur « l’affaire du Motilium® »

3 réflexions sur “Vogalène®, Motilium® et Primperan® : dangereux – uniquement pour les vomissements !

  1. Il manque un mot, des chiffres : IN-CI-DENCE.

    Qui le donnera ?

    Prescrire pour une fois donnerait-il en matière d’effets secondaires, plutôt qu’une liste épouvantable d’affreux effets indésirables, une estimation de l’INCIDENCE (très approximativement fréquence d’apparition par période de temps ou par unité de traitement ou de temps de traitement, ou nombre de personnes traitées, pour les non – intimes) .

    Car ce n’est pas la même chose que de dire qu’on peut observer un arret cardiaque ou des « torsades de pointe » une fois sur mille ou une fois sur 100 000 ou 1 000 000 par prise ou par 5 jours de traitement. On s’approche alors des risques de se faire écraser par une voiture dans la rue.

    Ce n’est absolument PAS SERIEUX d’agiter des muletas rouge vif dégoulinantes des effets secondaires graves SANS donner une estimation de l’INCIDENCE de ces effets.

    Si c’était le cas d’une part le médecin pourrait se faire un opinion, d’autre part il pourrait dire au patient ce medicament a tant de chances de soulager ces symptômes qui vous enquiquinent mais un risque de tant de provoquer ceci. On appelle ça la décision partagée (shared decision making pour fair chic).

    Mais la dernière littérature de Prescrire que j’ai lue à ce sujet (métoclopramide) ne comporte comme d’habitude pas de chiffre d’incidence. Me corriger s’il y a lieu , j’aimerais savoir.

    Sans compter que plus un effet est rare plus l’imputabilité d’effets secondaires est difficile en dehors des études contrôlées avec tirage au sort, qui hélas ne permettent pas de mettre en évidence les effets rares et graves.

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