Contre l’embrasement des urgences : 97,69 euros brut et un rafraîchissement des peintures

Bonjour

Ainsi donc, face aux urgentistes en détresse, Agnès Buzyn a fait un geste financier en promettant une homogénéisation »de la « prime individuelle de risque » pour le personnel médical. Il fallait y penser ! Créée il y a près de vingt ans par Laurent Fabius alors ministre de l’Economie («Arrêté du 21 décembre 2000 fixant le montant mensuel de l’indemnité forfaitaire de risque allouée à certains fonctionnaires hospitaliers ») cette prime (97,69 euros brut par mois) s’adressait au départ aux soignants des structures psychiatriques ou exerçant en établissements pénitentiaires. 

Vingt ans plus tard, Agnès Buzyn : « cette prime n’est pas portée partout à son juste niveau, des inégalités existent entre hôpitaux pour des situations pourtant analogues ». Cette aide sera désormais « mobilisée partout où cela est justifié » a-t-elle insisté, évoquant un engagement moral indispensable vis-à-vis de ceux qui soignent « en assumant cette part de risque ». « En avril dernier, déjà, pour calmer la colère des personnels des urgences de l’Assistance publique – Hôpitaux de Paris (AP-HP), le directeur général Martin Hirsch avait annoncé le relèvement de cette prime de 5,76 euros par mois à ‘’environ 60’’, rappelle Le Quotidien du Médecin ( Anne Bayle-IniguezCyrille Dupuis).

Cette indemnité forfaitaire est versée aux soignants de la fonction publique affectés en permanence à certains services jugés dangereux en raison de la spécificité des patients qu’ils accueillent. Où l’on comprend que désormais les services d’accueil des urgences sont considérés comme des zones à risque.

Essuyer les plâtres

Sur l’autre front, celui des soignants non médicaux la ministre a annoncé la création d’une « nouvelle prime de coopération » dont le montant reste à définir. Le principe : « les médecins peuvent déléguer aux paramédicaux de leurs équipes des tâches qui leur étaient jusque-là réservées ». Cette « opportunité nouvelle est à la fois porteuse de solutions de fond pour fluidifier les prises en charge [c’est] une formidable occasion de reconnaître tous les talents d’une équipe » affirme Agnès Buzyn.

Enfin (et toujours sans définir d’enveloppe financière) la ministre a assuré que chaque Agence Régionale de Santé devra apporter son « soutien aux hôpitaux qui traversent des épisodes de tension ». « Il faut leur donner les moyens, sans délai, de rétablir des conditions de travail décentes pour les équipes », a-t-elle martelé. Et toujours dans un souci de décence Agnès Buzyn décide aussi de mobiliser les ARS pour engager des « travaux de rénovation architecturale » dans les services d’urgences où les besoins se font sentir.

De quoi parle-t-on ? A la fois d’améliorer la qualité de l’accueil de patients et les conditions de travail des personnels hospitaliers. « Je ne veux plus voir des services d’urgences vétustes, il n’est plus admissible d’être en retard dans les travaux de rénovation », s’est-elle agacée, évoquant même l’image inacceptable de « peintures défraîchies ou en lambeaux ». Et d’ajouter:« travailler dans des locaux modernes et propres, c’est bien la moindre des choses ». Certes. Il faudra, pour cela, commencer par finir d’essuyer les plâtres.

A demain @jynau

2 réflexions sur “Contre l’embrasement des urgences : 97,69 euros brut et un rafraîchissement des peintures

  1. alors certes on ne va pas aux urgences pour la déco, mais les rares fois où j’ai du y aller, j’ai été frappé par les peintures écaillées, ça respirait le manque de moyens… je pensait naïvement qu’un service aussi indispensable avait suffisamment de budget, et visiblement non.

    de là à penser que nos chers impôts sont mal employés…

  2. J’ai vu des hôpitaux à l’Etranger, au Nord, et très à l’Ouest, où l’on repeint en continu. Il y a des peintres , ils peignent , repeignent , tout l’hôpital en continu (de grands hôpitaux), quand c’est fini à un bout on reprend au plus dégradé.

    Mais rassurons nous Madame la Ministre « connaît l’hôpital » elle est médecin. Depuis 2008 elle n’y travaille certes plus mais c’est infus, sûrement.

    Elle confie à d’excellents professionnels la tâche d’étudier le problème, professionnels qui n’ont pas travaillé depuis leur internat en service d’accueil des urgences.

    Soyons confiants, ils iront voir et écouteront.

    Les locaux, ce n’est pas que la peinture. C’est là qu’est l’os.
    C’est heu… les locaux.
    Et quelle est le problème des locaux ? C’est qu’ils sont « prévus » (tu parles! ), ou plutôt faits pour accueillir moins de malades qu’il ne s’en présente.

    Parce que lorsqu’ils construisent un nouveau service d’urgence, à ce que l’on me raconte, les directeurs font avec un budget défini et insuffisant et construisent en fonction du budget et au mieux en fonction du nombre de patients vus l’année précédent la prise de décision , en général sans prévoir de marge pour les pics d’affluence. Faudrait pas trop anticiper hein .

    Et bien sûr on oublie que la clientèle pardon patientèle des services d’urgences augmente de 2 à 5% par an depuis des décennies.

    Et lorsque les travaux débutent quelques années après la prise de décision, on a déja dépassé le chiffre pris en compte.

    Donc une grande partie des services d’urgences manquent de place physique.

    L’autre grand sujet c’est le manque de personnel en nombre suffisant. Y compris pour faire face aux pics. Après on pleure quand des drames se produisent lors des pics et on prétend qu’il y a des problèmes d’organisation.

    Quand vous mettez les gens en conditions de guerre vous avez la guerre et il y a des pertes. Il n’y a pas lieu de s’étonner, c’est logiuque, attendu, les paranos pourraient prétendre que c’est pas souhaité. Mais ce sont des paranos.

    Un très grand sujet c’est l’incapacité (et trop souvent la heu… phémisme réticence) du reste de l’hôpital à accepter dans ses services plus ou moins spécialisés ou hyperspécialisés dont on a par ailleurs besoin, les malades ou blessés que les urgentistes ces idiots décident d’hospitaliser.
    Pas assez de services (lits) de médecine dite polyvalente ou médecine interne, pas assez de lits pour les patients relevant de spécialité mais pas d’hyperspécialité, pas assez de lits de gériatrie dite aiguë, et pas assez de structures pour absorber les patients non en étant de reprendre leur vie à la maison (EHPAD, Long et Moyen séjour, réadaptation …)

    C’est toute une chaine qu’il faut soigner et ça coûte très cher, y compris d’imprimer de nouvelles organisations là où il en faut.

    Donc on a la médecine correspondant au budget et à la qualité des gens en charge , du Ministre à la base .

    Il n’y a pas que en France

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