Cigarette électronique : Agnès Buzyn sera-t-elle accusée, dès demain, de désinformer ?

Bonjour

Leurs auteurs ont pris mille et une pincettes. Et pourtant leurs conclusions sonnent comme un camouflet pour celles et ceux qui s’enterrent encore dans le déni. Nous parlons ici des ésultats du « Baromètre de Santé publique France 2017 sur l’usage de la cigarette électronique, tabagisme et opinions des 18-75 ans » 1. Et la question est d’ores et déjà soulevée que la traduction politique de ces chiffres. Les premiers de cordée de l’exécutif sanitaire vont-ils décider de rester encore dans le brouillard ? Ces chiffres vont-ils enfin dessiller le regard qu’il ne veulent pas porter sur cet angle mort de ce qui pourrait être une enthousiasmante politique de réduction des risques. Trois  points forts :

I En 2017, en France métropolitaine, les vapoteurs âgés de 18 à 75 ans ont quasiment tous une expérience avec le tabac, en tant que fumeurs actuels ou ex‑fumeurs.

II La part de fumeurs quotidiens a diminué (de 64,5 % à 39,7 %) chez les vapoteurs alors que celle des ex‑fumeurs a augmenté (de 23,5 % à 49,5 %) entre 2014 et 2017.

III Le nombre d’ex‑fumeurs quotidiens ayant arrêté de fumer depuis plus de six mois et qui pensent que vapoter les a aidés à arrêter de fumer est estimé à environ 700 000 personnes depuis l’arrivée de l’e‑cigarette sur le marché en France.

Et puis ces éléments qui constituent la trame du réquisitoire contre ceux qui, du fait de leur pouvoir et de leur déni nuisent de fait à la santé publique :

« La cigarette électronique est perçue comme aussi ou plus nocive que la cigarette ordinaire par la moitié de la population en France métropolitaine en 2017. Cette perception est en hausse par rapport à 2014. Dans 70 % des études observationnelles utilisées dans une revue de littérature internationale, l’e‑cigarette serait néanmoins majoritaire‑ ment perçue comme moins nocive, mais une tendance à l’augmentation de la méfiance est de plus en plus observée dans tous les groupes (fumeurs, vapoteurs, non‑vapoteurs, non‑fumeurs) au cours des dernières années. En Europe, en 2017, 55 % pensent que la cigarette électronique est nocive pour la santé des vapoteurs et cette proportion est en augmentation dans presque tous les pays européens.

« Pourtant, la communauté scientifique s’accorde pour dire que les émissions d’e‑cigarette sont moins nocives que la fumée issue de la combustion du tabac, même si le vapotage n’est pas sans risque et que les effets à long terme sur la santé sont encore mal connus. En effet, l’aérosol de l’e‑cigarette ne contient pas les nombreuses substances chimiques irritantes, toxiques et cancérigènes qui sont présentes dans la fumée de tabac issue des cigarettes traditionnelles, des cigares ou de la chicha (goudrons, monoxyde de carbone). Usuellement, seuls des effets indésirables plutôt bénins comme des irritations passagères de la bouche et de la gorge sont rapportés par les vapoteurs »

« Les effets à long terme sur la santé des vapoteurs exposés aux émissions de cigarette électronique sont, finalement, relativement peu documentés du fait de l’arrivée récente de l’e‑cigarette mais aussi en raison de la difficulté d’évaluer ces effets chez des vapoteurs qui sont, pour la plupart, également des fumeurs ou ex‑fumeurs (…) Les fumeurs sont plus nombreux à déclarer que l’e‑cigarette est plus ou aussi nocive que le tabac alors que les vapoteurs ou ceux ayant déjà expérimenté la cigarette électronique la perçoivent comme moins nocive. Cette perception négative pourrait expliquer que certains fumeurs ayant l’intention d‘arrêter de fumer n’y ont pas recours. Les personnes les moins favorisées socialement sont aussi celles qui sont le moins informées de la moindre nocivité des e‑cigarettes, à l’instar de ce qui est observé dans d‘autres études. (…)

« Les sources d’information principales des vapoteurs semblent être la télévision (dans les pays où la publi‑ cité est autorisée), Internet, la presse ainsi que le cercle amical et les magasins spécialisés. L’exposition à des informations parfois contradictoires véhiculées par ces sources pourrait fortement influencer la perception. Des messages contradictoires ou négatifs dans les journaux favoriseraient, par exemple, une perception négative de l’e‑cigarette et des bénéfices perçus plus faibles, selon une étude américaine récente. Les personnes n’ayant jamais expérimenté l’e‑cigarette seraient particulièrement sensibles à ces informations.

« Enfin, un autre facteur environnemental pourrait expliquer l’augmentation de la perception de la nocivité. Une réglementation stricte de l’e‑cigarette renforcerait, en effet, la perception de sa nocivité chez les fumeurs et ex‑fumeurs. La connaissance et la confiance dans les agences de régulation des produits pourraient également avoir un impact sur la perception de sécurité. Le fait que l’e‑cigarette soit réglementée par des dispositions similaires au tabac et qu’aucune e‑cigarette ne soit autorisée à ce jour en tant que dis‑ positif médical, contrairement aux inhalateurs de nico‑ tine, pourrait participer à cette défiance. »

Pour un spécialiste français de réduction des risques il faudrait, en toute logique, modifier le titre de la publication de Santé Publique France. Cela donnerait : « De la contribution de Santé Publique France, du Ministère & des médias en relais à la désinformation du Grand Public ».

A demain @jynau

1 BAROMÈTRE DE SANTÉ PUBLIQUE FRANCE 2017 USAGE DE LA CIGARETTE ÉLECTRONIQUE, TABAGISME ET OPINIONS DES 18-75 ANS Anne Pasquereau, Guillemette Quatremère, Romain Guignard, Raphaël Andler, Florian Verrier,  Jérémie Pourchez, Jean‑Baptiste Richard, Viêt Nguyen‑Thanh et le groupe Baromètre de Santé publique France 2017

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