Alerte rouge au paracétamol-Doliprane®: «dépasser le dosage peut détruire le foie !»

Bonjour

C’est une exclusivité donnée au Parisien (Florence Méréo), affaire aussitôt développée sur les ondes de RTL. Tout aurait commencé il y a précisément un an : le 12 juillet 2018 on apprenait, grâce à la procureure de la République de Strasbourg révélait que le décès de Naomi Musenga (jeune femme qui n’avait pas été prise en charge par le Samu local) aurait eu pour origine première une intoxication au paracétamol.

Agée de 22 ans, à l’agonie lors de sa conversation avec une opératrice du Samu, Naomi était victime « d’une intoxication au paracétamol absorbé par automédication sur plusieurs jours ». « La destruction évolutive des cellules de son foie a entraîné une défaillance de l’ensemble de ses organes conduisant rapidement à son décès » expliquait la procureure.

L’affaire de Naomi fut amplement médiatisée. Un mois plus tard, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) lançait « une consultation publique pour sensibiliser le public ». « 2 300 personnes y ont participé, dont 75 % de particuliers. La démocratie sanitaire a fonctionné » explique aujourd’hui au Parisien le Dr Dominique Martin, directeur général de l’ANSM. Et 97 % des répondants ont opté pour « l’ajout d’un message clair sur les boîtes » 1.

Ce sera bientôt chose faite. La mention sera écrite en lettres majuscules rouges et est surmontée d’un triangle d’alerte : « Surdosage = danger. Dépasser la dose peut détruire le foie ». « Il s’agit d’un message majeur. Nous le voulions direct et visible. C’est pourquoi, afin d’être vu par tout le monde, il sera apposé sur la face avant des boîtes. À l’arrière, nous avons opté pour un rappel pédagogique des bonnes pratiques », explique encore le Dr Martin.

Paracétamol (Doliprane®, Efferalgan®, Fervex® Dafalgan® etc.). L’affaire est d’importance : ce sont lesmédicaments les plus vendus de France, sans jamais de rupture de stock. Médicaments en vente libre dans les pharmacies ; une consommation en hausse de 53 % en dix ans ; un milliard de boîtes commercialisées chaque année et pour l’essentiel une consommation-automédication ».

Le nouveau pictogramme dévoilé par Le Parisien-Aujourd’hui en France, va apparaître sur les deux cents spécialités de paracétamol seul ou en association avec d’autres substances. D’ici là on écoulera les stocks (durant neuf mois). « Il est très important d’informer, car le risque n’est pas connu. On ne sait pas que l’excès de paracétamol peut avoir des conséquences dramatiques sur le foie, notamment chez les personnes dénutries, qui consomment de l’alcool ou qui en abusent pour calmer, par exemple, une rage de dent » précise le Pr Cyrille Ferray, gastro-entérologue et hépatologue à l’hôpital Paul Brousse de Villejuif (Val-de-Marne).

Pour le directeur général de l’ANSM le surdosage est la première cause de greffe hépatique après intoxication médicamenteuse. Combien de cas ? Le Dr Martin ne le dit pas. Il n’existe curieuseent pas de données précises sur les incidents liés à la molécule mais le directeur général estime avoir « suffisamment d’informations pour en faire une question de santé publique ». C’est aussi une question de deniers publics. Selon l’Observatoire français des médicaments antalgiques (OFMA), 52 % de la population a eu, en 2018, « au moins » une ordonnance remboursée de paracétamol. Parmi eux, 11,3 % ont eu au minimum six délivrances au cours de l’année. « Cela donne une idée de la proportion de patients avec un usage potentiellement chronique de paracétamol », souligne le Pr Nicolas Authier, président de l’OFMA.

En faire trop ? Trop en faire ? Où l’on voit, finalement, comment un fait divers peut alimenter ce qu’il est convenu d’appeler démocratie sanitaire.

A demain @jynau

1 Personne en semble avoir imaginé de demander aux pharmaciens d’officine de rappeler systématiquement à leurs clients les dangers du surdosage.

3 réflexions sur “Alerte rouge au paracétamol-Doliprane®: «dépasser le dosage peut détruire le foie !»

  1. Enfin ! L’écart entre la dose thérapeutique et la dose hépatotoxique est si faible que la vente hors prescription médicale est difficilement compréhensible. Quand on pense à la diabolisation faite autour de l’aspirine jadis utilisée larga manu par tous les médecins ( salycilates dans les rhumatismes- avant les AINS – à 12 grammes par jour !) et les mères de famille ( un aspro) pour tous les bobos, disponible aussi dans tous les bistrots du pays.
    Faut-il que les réanimateurs rappellent la gravité extrême des surdoses, parfois volontaires, de paracétamol ?
    Finalement, question de gros sous ? Quel mauvais esprit que de demander à qui profite la vente à tout va de ces dangereux bonbons !

  2. J’écris systématiquement la dose à ne pas dépasser sur mes ordonnances, et je suggère de généraliser celà.
    D’autant que des patients en France peuvent en automédication prendre du Doliprane® ajouter de la Lamaline ® ou de l’Ixprim® qui en contiennent …;
    Ca ne sert à rien dans 99,99 % des cas probablement maois cela ne coute rien (traitement de texte)

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