Connaissez-vous le nombre de femmes enceintes qui sont victimes de violences en France ?

Bonjour

L’heure médiatique est aux féminicides. Médiatique et donc politique, avec mea culpa public du président de la République. Hasard ou non des publications, voici les résultats d’une étude menée par des chercheuses de l’Inserm et l’Université de Paris au sein du Centre de recherche en épidémiologie et statistiques. Etude publiée dans Maternal and Child Health Journal 1. 

 « Bien que la proportion soit difficile à estimer et qu’elle varie selon les régions, environ 1/3 des femmes dans le monde entier sont victimes d’abus physiques ou sexuels, de leur partenaire ou d’une autre personne, rappelle l’Inserm. Quand ces femmes sont enceintes, cela peut avoir des conséquences très néfastes pour leur santé et celle de l’enfant à naître. Mais jusqu’à présent, nous n’avions pas de données concernant les violences physiques spécifiquement pendant la grossesse, à l’échelle nationale.

L’étude a été menée à partir des données recueillies lors de l’Enquête nationale périnatale réalisée en 2016 auprès de 12 330 femmes dans des maternités publiques ou privées en France. Objectif : connaître la fréquence des violences physiques pendant la grossesse, les facteurs de risque, les conséquences pour la mère et pour l’enfant, étapes essentielles pour mettre en place des mesures visant à réduire l’incidence de ces violences.

Il apparaît aujourd’hui que les femmes « qui ne sont pas en couple cohabitant » (qu’elles soient en couple non cohabitant ou sans partenaire) sont « plus nombreuses à être victimes ». La fréquence des violences est également fortement liée aux « revenus du ménage » – fréquence plus élevée pour les femmes vivant « dans les ménages ayant moins de ressources financières ». Et « certains comportements comme la consommation de tabac, ou de cannabis, par la future mère sont plus fréquents en cas de violences physiques » explique l’Inserm – sans établir de lien de causalité.

Les chercheuses montrent également (sans surprise) que ces violences « entraînent des conséquences très néfastes pour la mère et pour l’enfant ». Ainsi 62 % des femmes ayant subi des abus physiques ont affirmé avoir été en situation de détresse psychologique pendant la grossesse – contre 24 % pour les autres femmes. En ce qui concerne le nouveau-né, ces violences sont associées à un risque plus élevé de naissance prématurée ou encore de transfert de l’enfant dans une unité de soins intensifs.

Au terme de leur travail les chercheuses parisiennes situent à 1,8 % la proportion des femmes interrogées qui déclaraient avoir subi des violences physiques pendant leur grossesse. On estime, chaque année, à plus de 750 000 le nombre des naissances vivantes en France.

« Une meilleure connaissance des facteurs associés aux situations de violences et la mise en évidence des complications pour la mère et pour l’enfant devraient aider les professionnels de santé, estime l’Inserm. Cela pourrait aider à développer des stratégies préventives ou de protection et les conduire à évoquer cette question lors des consultations anténatales. » A supposer que cette « question » ne soit jamais « évoquée » par les « professionnels de santé ».

A demain @jynau

1 Monyk N. A. Maciel, Béatrice Blondel, Marie-Josèphe Saurel-Cubizolles Physical Violence During Pregnancy in France: Frequency and Impact on the Health of Expectant Mothers and New-Borns Maternal and Child Health Journal August 2019, Volume 23, Issue 8, pp 1108–1116

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