Aider à «suicider» les victimes de troubles psychiques ? En Suisse c’est une possibilité

Bonjour

Etrange voisine que la Suisse. Nous évoquions il y a quelques jours une assez peu banale affaire suisse : une  médecin âgée de 61 ans accusée de meurtre comparaissant  devant la cour pénale de Bâle-Campagne. Professionnelle de l’ « aide à mourir » elle avait « pris en charge » une sexagénaire dépressive et incapable de discernement résumait Le Matin.

Pour le ministère public, l’accompagnement vers la mort de la femme de 67 ans, en juin 2016, s’était de façon irrégulière. La sexagénaire vivait dans un « home médicalisé » à Bâle-Campagne. Elle s’était tournée vers l’organisation d’aide au suicide « Eternal Spirit » après le refus de l’association alémanique « Exit » de l’aider à se suicider.

Or, selon l’acte d’accusation, la femme souffrait de graves troubles dépressifs et du trouble de somatisation également connu sous la dénomination « syndrome de Briquet ». Ces maladies ne sont pas mortelles et la sexagénaire n’était pas capable de discernement, estimait l’autorité d’enquête.

L’acte d’accusation précisait que la prévenue a agi par «idéalisme personnel». Elle avait déjà réalisé « quatre cents accompagnements vers la mort » en treize ans d’activités chez Eternal Spirit – et six cents expertises favorables au suicide assisté effectuées auparavant quant elle était consultante pour Dignitas. «Je n’ai rien fait d’illégal», avait pour sa part affirmé la médecin.

Surestimation de sa compétence

On connaît aujourd’hui le jugement, grâce au Temps (Céline Zünd) : « Erika Preisig échappe de peu à une condamnation pour homicide. La présidente de l’association d’aide au suicide bâloise Eternal Spirit est acquittée de la prévention de meurtre et condamnée pour violation de la loi sur les produits thérapeutiques ». Le tribunal pénal de Bâle-Campagne, l’a condamnée à 15 mois de prison avec sursis et une amende de 20 000 francs.  La doctoresse pourra continuer à pratiquer l’aide au suicide, mais elle a l’interdiction de prescrire du pentobarbital de sodium à des patients atteints de troubles psychiques.

« Le président de la cour, Christoph Spindler, s’est adressé à Erika Preisig sur un ton sévère, soulignant qu’elle avait échappé ‘’de justesse’’ à une condamnation pour homicide. Il lui a reproché d’avoir surestimé sa propre compétence dans l’évaluation de la capacité de discernement d’une retraitée sexagénaire atteinte de troubles psychiques. Avant de l’accompagner vers la mort en juin 2016, elle aurait dû faire davantage d’efforts pour trouver un psychiatre disposé à clarifier l’état de santé de la patiente. Les juges écartent toutefois la prévention de meurtre et retiennent contre Erika Presig plusieurs infractions au droit sur les produits thérapeutiques: la doctoresse a notamment échangé des étiquettes sur des doses destinées à l’origine à certains patients et finalement attribuées à d’autres. »

Erika Preisig revient de loin. La procureure avait requis une peine de cinq ans de prison pour homicide volontaire et une interdiction de pratiquer l’aide au suicide. La défense plaidait l’acquittement. « Exit a salué mardi cette décision, nous dit Le Temps. L’association d’aide au suicide alémanique se réjouit que les juges bâlois aient accordé de la valeur à l’autonomie du patient. «Ce jugement ne remet pas en question l’aide au suicide en Suisse, ni les procédures suivies par Exit dans des cas de personnes atteintes de troubles psychiques».

Troubles psychiques ou pas, on sait ce qu’il en est, en France, du suicide médicalement assisté. Et l’heure ne semble pas venue d’y imiter ce que la Suisse, étrangement, s’autorise à pratiquer.

A demain @jynau

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