Cigarette électronique : l’Inserm, spécialiste de l’ouverture mécanique du grand parapluie

Bonjour

C’est un modèle du genre, glané par Vapyou. Un texte signé par Bertrand Nalpas, directeur de recherche à l’Inserm et responsable éditorial du site www.maad-digital.fr 1. Un spécialiste des addictions. Il revient sur la récente annonce de Santé Publique France : près de 700 000 personnes ont arrêté de fumer du tabac en l’espace de sept ans grâce à l’aide de la cigarette électronique. Et sur le fait qu’en France l’édition 2017 de l’enquête ESCAPAD (réalisée lors de la journée d’appel à la défense) établit que 52% des jeunes de 17 ans ont expérimenté la e-cig, 18,6% l’utilisant au moins une fois par mois et 1,9% quotidiennement. Ces derniers sont également fumeurs dans 60 % des cas. Rappelons que la vente aux mineurs de l’e-cigarette et des recharges est interdite depuis mars 2014.

Que nous dit ce spécialiste ? Il glose longuement sur le e-liquide « qui contient d’une part de la nicotine et d’autre part des arômes ».

La nicotine :

« La nicotine présente dans le e-liquide est identique à celle du tabac. Une étude menée sur 16 sujets n’ayant jamais vapoté ni fumé auparavant a montré que le taux de nicotine dans le sang augmente dès les premières bouffées de e-cigarette et est fonction de la teneur en nicotine du e-liquide. Après 10 bouffées d’un liquide contenant 36 mg de nicotine par ml, la nicotinémie atteignait celle obtenue en fumant une cigarette. Les taux atteints étaient légèrement moindres pour le e-liquide titré à 18 mg/ml. Les dispositifs évoluent rapidement et toujours vers plus de puissance, les e-cigarettes les plus récentes délivrent la nicotine de 1,2 à 2,7 fois plus vite que celles des générations précédentes. 

La nicotine délivrée par la e-cigarette entretient donc la dépendance à cette substance présente chez le fumeur et pourrait provoquer la dépendance chez le non-fumeur. Cette hypothèse est renforcée par les données épidémiologiques montrant une bascule de la e-cigarette vers la cigarette standard dans une proportion non négligeable de cas ; cela pourrait être dû au développement d’une accoutumance à la nicotine, le besoin d’augmenter les doses ne pouvant être satisfait par le e-liquide dont la teneur en nicotine est limitée. Ce d’autant qu’un travail récent portant sur 16 sujets fumeurs a montré que la perception de la nicotine dans le e-liquide échappait à 6 d’entre eux lorsque celle-ci était inférieure à 12 mg/l. En France, la teneur maximale de nicotine dans un e-liquide libre à la vente est fixée à 20 mg/ml. »

Les arômes et les agents de saveur.

Il explique que « les e-liquide sont déclinés avec plusieurs centaines de goût différents ». Et se penche sur le menthol, le diacétyl et le 2-3 pentanedione. Quant aux « agents de saveurs des e-liquide », il souligne qu’ils sont un des facteurs majeurs d’attraction des jeunes vers la e-cigarette. 

« De nombreux travaux portant sur la toxicité pulmonaire des agents de saveur continuent d’être menés. La plupart utilisent des modèles de culture de diverses cellules sur lesquelles sont ajoutés des agents de saveur à des concentrations variées. La viabilité des cellules ne semble pas affectée, par contre ces agents déclenchent une inflammation qui fragilise la barrière épithéliale pulmonaire (= surface protectrice), ce qui facilite le passage de microparticules vers le sang. D’autres travaux ont montré que la viscosité du mucus pulmonaire était augmentée, entravant le bon fonctionnement des cils bronchiques qui permettent l’évacuation des sécrétions et des particules polluantes. Ces résultats obtenus in vitro et, pour la plupart d’entre eux, par ajout direct de l’agent, doivent être confirmés par d’autres manipulations administrant le produit sous forme d’aérosol. »

Enfin, après avoir affirmé que « le vapotage passif, cela existe », le spécialiste conclut en ces termes :

Point n°1. « Même si les conséquences de son utilisation à long terme ne sont pas encore connues, les données actuelles montrent que la e-cig est moins nocive que le tabac du fait entre autres de l’absence de goudrons, ce qui réduit considérablement le risque de pathologie des bronches et de cancer du poumon »

Point n° 2. « La démonstration définitive de l’efficacité de la e-cigarette comme outil de sevrage tabagique est encore en attente mais les premières enquêtes montrent qu’elle aide de nombreux fumeurs à arrêter le tabac. Du point de vue addictologique, la question qui se pose est celle du maintien de la dépendance à la nicotine avec la e-cigarette, et les données à cet égard sont manquantes ». 

Point n°3. « En revanche, chez les non-fumeurs et plus encore chez les jeunes, les études épidémiologiques disponibles [études non citées et affirmation contestée] soulignent que l’utilisation de la e-cig augmente le risque de bascule vers la consommation de tabac et il ne peut être exclu que le vapotage, même exclusif, puisse générer une dépendance problématique à la nicotine ».

« Ne pas pouvoir exclure » … Où l’on voit, ici, qu’un résultat majeur de santé publique (l700 000 personnes qui ont arrêté de fumer du tabac en l’espace de sept ans grâce à l’aide de la cigarette électronique) ne pèse que peu de poids face à l’hypothèse de la dépendance nicotinique débarrassée des goudrons et autres toxiques…. Le titre du papier de Bertrand Nalpas sur maad-digital.fr était : « Pour y voir plus clair dans toute cette fumée ». C’est raté.

A demain @jynau

1 « Un nouveau site web sur les addictions élaboré pour et par les jeunes ! »

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