Greta Thunberg : aux antipodes du Dr Alexandre, ce qu’une psychiatre peut nous apprendre

Bonjour

On se souvient de ces lignes, glanées dans le flots des tweets et signées @dr_l_alexandre :

« Je ne suis pas jaloux de @GretaThunberg. J’aimerais pas (sic) avoir des TOC graves, une dépression infantile, un mutisme sélectif, un Asperger avec monoideation et des troubles alimentaires graves me conduisant à être minuscule! Je respecte l’enfant malade mais regrette sa manipulation »

Ainsi, aujourd’hui,  un docteur en médecine âgé de 59 ans peut oser écrire ainsi. Son hyper-médiatisation née de provocations répétées en est-elle la raison ? Une fraction de la Toile s’indigne. Réponse du Dr Laurent Alexandre :

« Je rappelle que ce sont les parents de @GretaThunberg qui ont révélé son dossier psychiatrique (pas moi). Et je pense que cela devrait être un délit de révéler le dossier médical de son enfant mineur ! Je trouve cela dégueulasse ! Signalez les parents de @GretaThunberg ».

Fort heureusement la médecine, la psychiatrie est plurielle. Ainsi, aujourd’hui, une tribune publiée dans Le Mondeoù le Dr Laurent Alexandre tient chronique et alimente polémiques. Elle est signée du Dr Marion Robin, psychiatre pour adolescents à l’Institut mutualiste Montsouris et auteure d’« Ado désemparé cherche société vivante » (Odile Jacob, 2017).

Loin de l’urologue transhumanisant elle voit en Greta Thunberg le symbole d’une jeunesse qui ne peut plus se permettre de rester en adolescence. Ou plus précisément cette psychiatre cherche à comprendre ce qui se trame  au-delà de l’« effet Greta Thunberg », qui « insupporte certains adultes » (sic). Pour elle « la défense du vivant par la jeune génération marque le passage d’une adolescence assise à une jeunesse en action ». On lira, dans Le Monde, ce texte éclairant d’une nouvelle lumière les comporteemnts de la génération montante. Extraits :

« L’image dominante de l’adolescence est aujourd’hui représentée par des jeunes de 12 à 25 ans qui traversent une crise. Apathiques, repliés sur eux-mêmes, critiques envers leurs parents : la vision d’une adolescence ‘’canapé-selfie’’ inquiète, et plus personne ne sait exactement à quel âge ce stade de développement est censé se terminer. Activisme idéologique et engagement politique paraissent loin de cette construction de l’adolescence occidentale des trente dernières années, qui a plutôt été l’objet d’une médicalisation à l’excès.

« Pourtant, la génération Z, née après 2000, nous montre que cette époque est en train d’être révolue. Brutalement, en 2018, une mobilisation citoyenne émerge chez les jeunes, qui ne sont plus appelés adolescents. Greta Thunberg, 15 ans à ce moment, engage une grève étudiante qui mobilise des centaines de milliers de participants à travers le monde (…)

« Au-delà de la jeune Greta, qui a la particularité de questionner sans détour la lucidité et la culpabilité des adultes, les poussant ainsi à se mobiliser dans l’action ou à se replier dans le discrédit, cette nouvelle génération sollicite directement la fonction de ‘’ contenance ‘’ du monde adulte : il s’agit de la façon dont celui-ci est capable de répondre, de reformuler, d’agir et non seulement de réagir à cette jeunesse qui l’interroge et avance vite. Mais comment est-on passé si rapidement d’une adolescence assise à une jeunesse en action ? (…)

« Ces trois étapes – supporter la prise de conscience de sa propre finitude, modifier radicalement son rapport à autrui, agir sur soi pour agir sur le monde – sont les conditions centrales pour qu’un jeune sorte de l’adolescence et ne s’enferre pas dans une attente infinie et une passivité adulte aliénante. C’est l’entrée dans l’adolescence qui rend possible la richesse d’un œil neuf, la remise en question, l’impulsion, l’exploration sans limite, mais c’est la sortie qui rend possible la construction.

« C’est l’entrée dans l’adolescence qui rend possible l’intelligence visionnaire, mais c’est la sortie qui rend possibles la réalisation de cette intelligence dans les actes, l’engagement dans la vie lorsqu’on a pressenti la mort, l’engagement dans la survie psychique et physique de l’espèce lorsque ses remparts en sont à ce point menacés. C’est ici le visage inédit d’une jeunesse qui ne peut plus se permettre de rester en adolescence. »

Si l’on pouvait, on interrogerait volontiers l’auteure sur les raisons profondes qui peuvent conduire un médecin hypermédiatisé à expliquer à la Terre entière qu’il n’est pas « jaloux de Greta Thunberg » – un médecin qui, sur Tweeter se définit ainsi :

« NBCI e-santé bioéthique Anti-collapsologue Anti@gretathunberg. 54,4K Followers »

Pour rappel : @GretaThunberg : 798,7 K

A demain @jynau

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