Ovocytes altruistes : 1000 euros pour une Espagnole. Combien, demain, pour une Française ?

Bonjour

Capitalisme et procréation. Commerce, altruisme et empathie. Dans la vieille Europe un traitement de l’infertilité féminine par « don d’ovocytes » sur deux s’effectuerait en Espagne – secteur privé. Pourquoi un tel héliotropisme ? « Ce phénomène s’explique par la culture qui fait notamment de ce pays le premier donneur d’organes à l’échelle européenne et mondiale. Et ce depuis 26 ans » explique la firme IVI 1. Qui ajoute aussitôt qu’une autre explication réside dans « une législation adaptée ».

Et IVI d’ajouter « qu’elle met en place un véritable protocole afin d’accompagner les donneurs dans leur démarche et pour évaluer également leur capacité psychique ». Ce qui ne va pas sans quelques explications destinées à la clientèle potentielle française (nous surlignons) :

« 1 La loi espagnole sur les Techniques de Procréation Humaine Assistée (LTRHA) définit le don d’ovocytes (et au sens plus large de gamètes) comme un acte altruiste et anonyme. Du fait de la législation et des valeurs d’empathie et de solidarité qu’elles portent, les femmes espagnoles « donnent ainsi plus volontiers leurs ovocytes » (sic).

« 2 Chez IVI, de nombreux contrôles – gynécologiques, génétiques et psychologiques – sont effectués afin de déterminer l’aptitude de ces femmes à donner leurs ovocytes. En pratique un premier rendez-vous pour s’informer et donner son consentement Pour recevoir les donneurs et les donneuses, IVI dispose de cliniques spécialisées où sont reçues les patientes qui viennent suivre leur traitement PMA. Avec ce dispositif, IVI conserve et respecte leur anonymat. Le premier rendez-vous se fait avec une infirmière afin d’éclairer les donneuses sur les modalités et la technique de don. Infirmière et donneuse retracent ensemble les antécédents médicaux et l’historique de la patiente en vue de la suite du processus.

« 3 A l’issue du premier rendez-vous, les donneuses détiennent toutes les informations nécessaires sur le don. Si elles souhaitent poursuivre le traitement – comme 67% de femmes – elles sont orientées vers un médecin gynécologue pour une seconde consultation afin de procéder à un examen médical plus approfondi : analyse gynécologique, analyse cytologique, prise de sang pour un hémogramme et sérologie.

« 4 Chez IVI, les donneuses sont par ailleurs soumises au Test de Compatibilité génétique afin de détecter les facteurs de risque de transmission d’une anomalie génétique à l’enfant. En soumettant l’ensemble des donneurs à cette analyse du caryotype, IVI fait en sorte que les naissances issues du don soient saines (re-sic). Ce test réduit considérablement le risque théorique d’avoir un enfant atteint d’une maladie génétique – de 1 chance sur 100 à 1 chance sur 30 000 environ. Les maladies génétiques ne peuvent pas être guéries mais peuvent être évitées grâce au TCG effectué dans l’ensemble des cliniques IVI. Cette analyse permet de détecter jusqu’à 600 maladies.

« 5 Un entretien avec un psychologue. La Société Espagnole de Fertilité (SEF) a reconnu la nécessité d’une évaluation psychologique des donneurs pour minimiser la transmission de la psychopathologie à la progéniture (re-re-sic) et pour garantir le bon déroulement du protocole de donation. IVI fait appel au Groupe d’Intérêt de Psychologie de la SEF pour évaluer l’équilibre psychique des donneuses. Au cours de la consultation avec le psychologue, l’histoire de vie de la donneuse est analysée afin d’identifier les éventuels troubles mentaux, connaître les motivations du don, la stabilité émotionnelle de la patiente... « Il est important et rassurant pour nos patientes et futurs parents de savoir que l’ensemble des donneurs sont traités avec équité selon un processus de sélection rigoureux et éthique 2. Du point de vue des donneurs, il est fondamental pour eux d’avoir un rendez-vous avec un profesionnel qui les comprend, leur donne toutes les informations sur le traitement et leur parle d’expériences passées » explique le Dr Diana Santa Cruz, psychologue à IVI Madrid. A l’issue de l’examen, si le psychologue déclare la donneuse apte, le traitement peut débuter avec une phase de stimulation des ovaires qui précède le prélèvement des ovocytes, réalisé dans les cliniques IVI dédiées.

« 6 IVI dédommage les donneuses à hauteur de 1 000€ par don. Il s’agit de la moyenne pour l’ensemble des cliniques en Espagne.  Ce dédommagement – prévu dans l’article de la loi sur la reproduction – prend en compte les dérangements physiques (stimulation ovarienne), les dépenses liées aux déplacements à la clinique et la présence à la clinique pour la ponction. »

En France le don d’ovocytes est « anonyme, bénévole et gratuit ». Corollaire ou pas le pays est confronté à une situation de grande pénurie. Un sujet qui sera abordé prochainement au Parlement lors de la révision de la loi de bioéthique. On peut raisonnablement s’attentre à des amendements prônant la nécessité d’un « dédommagement ». Où l’on verra s’entrouvrir la porte de la commercialisation des gamètes suivie, après-demain, de celle de la commercialisation du corps humain.

A demain @jynau

1 IVI  se présente ainsi : fondée en 1990, c’est la première institution médicale en Espagne entièrement dédiée à la reproduction assistée. Depuis cette date, IVI a contribué à la naissance de plus de 160.000 enfants grâce à la mise en œuvre des méthodes de reproduction assistée les plus innovantes. Début 2017, IVI a fusionné avec RMANJ, devenant ainsi le plus grand groupe de reproduction assistée au monde et le leader en médecine reproductive avec plus de 65 cliniques dans 11 pays.

2 IVI précise : « De nombreuses femmes qui font appel à un traitement de reproduction assistée avec don d’ovocytes nous font part de leur anxiété et préoccupation pour que leur bébé leur ressemble. Dans le but d’offrir plus de sécurité et confiance à nos patientes, IVI met à sa disposition la technologie Perfect Match 360°. Ce programme exclusif nous permet de garantir non seulement la compatibilité entre donneuse et patiente, mais aussi d’assurer la plus forte ressemblance physique et biométrique, grâce à l’utilisation de la dernière technologie de reconnaissance faciale. 

« IVI dispose de IVI Biometric Scan, une technologie de pointe permettant mesurer les distances biométriques des donneuses afin d’offrir aux patientes un choix ajusté, non seulement dans les critères cliniques et phénotypiques comme c’est le cas actuel dans la plupart des centres de procréation assistée, mais aussi dans l’étude de la ressemblance faciale. iometric Scan se sert d’un logiciel basé sur un système de ressemblance faciale 3D reposant sur des algorithmes qui transforment une image du visage en une formule mathématique représentée par 100 points faciaux et les distances entre ceux-ci afin de déterminer le degré de ressemblance entre donneuse et patiente. Une fois les résultats obtenus, nous choisissons finalement la donneuse la plus ressemblante.

« Pendant le processus de recherche de la donneuse la plus appropriée, nous prenons en compte des caractéristiques physiques telles que l’ethnie, la couleur des  yeux et des cheveux, la taille et la constitution. IVI dispose d’une des plus larges banques d’ovules au monde, ce qui nous permet de donner réponse à des patients phénotypiquement différents. En plus, nous prenons en considération d’autres facteurs tels que la compatibilité du Rh et le groupe sanguin. »

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