Le Monde, éditorial assassin : « Mme Buzyn excelle dans l’art de manifester sa compassion »

Bonjour

L’éditorial peut être une arme redoutable. Ainsi, aujourd’hui celui du Monde. Le dernier quotidien vespéral de la capitale revient sur la grève des services hospitaliers des urgences. Nous sommes cinq mois après le début de ce mouvement atypique, déclenché après une série d’agressions à l’hôpital parisien Saint-Antoine. Aujourd’hui ce sont 216 services d’urgences (sur 478) qui sont « en grève » – un mouvement invisible ou presque ; pour autant une colère montante contre l’exécutif .

« Il y a un mois, le vendredi 12 juillet, Agnès Buzyn a dû quitter précipitamment l’hôpital de La Rochelle, poursuivie par des urgentistes en grève, rappelle Le Monde. La ministre de la santé, qui connaît bien l’hôpital pour y avoir exercé son métier de médecin, était venue afin de mesurer l’ampleur de la colère des personnels des urgences. Elle a été servie. Le 2 août, à Verneuil-sur-Seine (Yvelines), elle a dû reconnaître qu’elle était face à ‘’une crise qui persiste’’ ». Ou un abcès qui gonfle. Une pathologie qui n’aura en rien été soignée par les annonces de la ministre en juin – 70 millions d’euros pour financer des mesures immédiates permettant notamment la revalorisation de la prime de risque des soignants. La colère est là, qui gronde. La fronde n’a cessé de s’étendre. Les « grévistes » réclament toujours 10 000 emplois supplémentaires, une hausse des salaires de 300 euros net par mois et l’arrêt des fermetures de lits.

Certes, observe le quotidien l’épisode qui s’est produit, début juillet, où, lors d’une manifestation nationale à Paris, une douzaine de soignants se sont injecté un produit présenté comme de l’insuline devant le ministère de la santé, ne s’est pas répété. On sait désormais que, pour « accentuer la pression », certains ont eu recours à des « arrêts maladie » – phénomène  médiatiquement porteur mais qui est resté marginal. Le Monde :

« Est-ce parce que cette « grève sans grève » semble indolore, voire invisible, que le gouvernement paraît s’en accommoder ? Est-ce parce qu’il n’y a pas eu d’incident majeur, d’accident, y compris lors de la récente séquence caniculaire, que le ministère de la santé n’apporte pas de réponse à la hauteur de cette colère qui monte ?

« Pourtant, on ne découvre pas, en 2019, la détresse des urgences, confrontées à une forte hausse de la demande, avec un cruel manque de moyens et une pénurie criante de médecins : alors que des patients expriment parfois de façon violente leur impatience et leur mécontentement, la population prise en charge aux urgences est passée, entre 1996 et 2016, de 10 millions à 21 millions. En 2018, selon SAMU-Urgences de France, 180 000 patients ont passé une nuit sur un brancard dans les couloirs des services destinés à les accueillir. Et cette situation intenable ne fait que s’aggraver durant l’été. »

Et puis cette phrase assassine : « Mme Buzyn excelle dans l’art de manifester sa compassion ». On a connu le vieux quotidien plus tendre à l’endroit de celle qui se situe dans la lignée de Simone Veil et qui rêva d’une destinée européenne. « L’heure n’est plus aux belles paroles, ajoute-t-il. Plutôt que de jouer la guerre d’usure, il y a urgence à poser des actes pour trouver une issue à la crise avant que des drames ne surviennent. » C’est désormais imprimé – et daté du 10 août 2019. L’éditorial, une arme redoutable

A demain @jynau

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