Le très grand embarras de Gabriel Attal, secrétaire d’Etat partisan d’une «GPA éthique»

Bonjour

Une secrétaire d’Etat devrait-il parler comme ça ? Gabriel Attal, 30 ans est est ce matin l’invité politique de RTL (où Alba Ventura a remplacé Elizabeth Martichoux).  Enfance dorée. Ecole alsacienne, Science po, Parti socialiste, collaborateur de Marsiol Touraine ministre de la Santé grâce Benjamin Griveaux. Bientôt macroniste, aujourd’hui secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Education nationale et de la Jeunesse. Maison de famille sur l’île aux Moines, en Bretagne, un «hangar d’ostréiculteur rénové».

Vie privée : en décembre 2018  il « fait publiquement part de son homosexualité ». Puis dans un beau portrait de dernière page de Libé (Quentin Girard) il ose confier son désir d’enfant via une « GPA éthique » :

« Ce pedigree lui vaut une quarantaine de pages agressives dans le pamphlet Crépuscule du pro-gilets jaunes Juan Branco, un succès d’édition. Attal y est érigé en symbole des élites corrompues et de l’endogamie du pouvoir. Honneur étrange pour un relatif inconnu ? Le ministre soupire quand on évoque le sujet. Leur inimitié remonte au lycée, à l’Ecole alsacienne où ils étaient tous deux. Il avoue avoir hésité à porter plainte, mais refuse d’ajouter du ramdam au ramdam. Juan Branco a, notamment, outé sa relation avec un autre macroniste. Le jeune homme parle pourtant librement de son homosexualité et laisse entendre qu’il ne serait pas contre une GPA «éthique», pour avoir un enfant, si c’était légal en France. Mais il ne veut et ne peut pas s’exprimer à la place de son compagnon. »

RTL revient sur la polémique de la veille (Information exclusive de France Info sur la GPA en France rapidement démentie par la Chancellerie). Et RTL rappelle, à propos de la polémique montante sur la lutte contre l’homophobie dans les stades) l’homosexualité de Gabriel Attal. Et y ajoute ses propos sur la GPA. Grand embarras du secrétaire d’Etat. Il ne peut que rappeller l’engagement d’Emmanuel Macron – un président de la République radicalement opposé à cette pratique, fût-elle « éthique ». Tenter d’expliquer qu’il existe des opinions privées qui doivent s’effacer devant des engagements politiques.

« GPA éthique » ? Voici ce qu’en dit et pense le Conseil d’Etat (11 juillet 2018):

« Les tentatives de définition d’une GPA dite « éthique », « altruiste » ou « encadrée » sont nombreuses et retiennent souvent les critères suivants : – l’existence d’une infertilité pathologique, hypothèse dans laquelle la GPA serait réservée aux couples hétérosexuels, – l’absence de lien biologique avec la mère porteuse, – la gratuité du service rendu, en dehors de la prise en charge des frais exposés, – la preuve du consentement libre et éclairé de la mère porteuse, – des conditions liées à son âge, son état de santé, sa situation de famille.

« Si ces critères de réalisation de la GPA sont susceptibles d’en limiter les dérives marchandes ainsi que les atteintes les plus graves aux droits fondamentaux de la mère porteuse, il n’en demeure pas moins que, d’une part, ils ne lèvent pas sa contrariété aux principes d’indisponibilité du corps humain et de l’état des personnes, eu égard notamment à la difficulté de s’assurer du caractère désintéressé du geste de la mère porteuse et, d’autre part, ils ne surmontent pas davantage les objections relatives à l’enfant.

« Conçu par GPA, l’enfant est soumis à un parcours fragmenté entre ses origines génétique, gestationnelle et sociale. En outre, pendant la période de gestation il développe de nombreuses interactions avec la mère porteuse, décrites par le CCNE, dont il est séparé, parfois dans des conditions brutales. Certains voient dans cette pratique un refus de tenir compte des enjeux strictement humains qui se jouent pendant la grossesse y compris dans l’entourage de la mère porteuse, d’autres décèlent, dans l’usage du terme de gestation, la réification, consciente ou non, du corps de la femme. Enfin, quelles que soient la nature et les conditions du contrat passé avec la mère porteuse, l’enfant en demeure l’objet. »

Un secrétaire d’Etat peut-il ignorer les conclusions du Conseil d’Etat ?

A demain @jynau

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