Descente de la police du médicament au sein de l’antique Abbaye Sainte-Croix de Poitiers

Bonjour

Croisement de deux mondes, sans précédent en France. Vertiges religieux, médicaux, éthiques, déontologiques. C’était un « essai clinique sauvage» d’une ampleur rare. Il a été interdit ce jeudi 19 septembre, par l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). Produit expérimenté : un patch mixte contenant deux hormones (valentonine et 6-méthoxy-Harmalan). Donneur d’ordre : le « Fonds Josefa » 1 et la société Sodeval. Cible : trois-cent cinquante patients. Site : l’antique Abbaye Sainte-Croix, à Poitiers. Aucune autorisation officielle.

Circonstance aggravante selon l’ANSM : cette « recherche interventionnelle » a été menée en dehors d’un lieu de soin « disposant de moyens humains, matériels et techniques adaptés ». Selon sœur Martina, sœur hôtelière du monastère (jointe par l’AFP), « l‘abbaye dispose d’une quinzaine de chambres et cela fait une année à peu près » qu’elles servent pour héberger les patients de cet essai clinique.

Ces derniers souffraient de diverses maladies neurologiques (Parkinson, Alzheimer, dépressions nerveuses, troubles du sommeil etc ). Les patches devaient être appliqués au coucher (les patients passaient une nuit à l’abbaye) puis retirés au matin après « prélèvement de sang pour dosage des hormones pinéales », selon les extraits du protocole 2 qui a été divulgué par l’ANSM.

Un an de prison

Quel effet recherché ? L’ANSM ne le dit pas, qui rappelle toutefois que ces molécules sont proches de la mélatonine, hormone fréquemment utilisée pour mieux dormir – en vente libre mais déconseillée dans certains cas en raison d’effets secondaires.

Deux organismes visés par la procédure d’interdiction et la plainte de l’ANSM : le Fonds Josefa fondé par le Pr Jean-Bernard Fourtillan, et dont le vice président est le célèbre Pr Henri Joyeux, et la société SOVEDAL, également présidée par le Pr Fourtillan. Conseil de l’ANSM aux participants : « ne plus utiliser ces patchs » ; « consulter rapidement leur médecin traitant pour l’informer de la situation, réaliser un bilan de santé et s’assurer que la prise en charge de leur maladie est adéquate ».

En France mener un essai clinique sans autorisation est passible de 15 000 euros d’amende et d’un an de prison. Que l’essai soit mené dans une antique abbaye, ou pas.

A demain @jynau

1 « Fonds Josefa » est un fonds de dotation (à but non lucratif) créé par les Professeurs Jean-Bernard Fourtillan et Henri Joyeux. Il se présente notamment, sur son site Internet comme ayant pour objectif « d’améliorer les traitements des maladies neurologiques à tous les âges et de transformer la vie des nombreuses personnes qui en sont victimes ».

2 Décision du 19/07/2019 portant interdiction d’une recherche impliquant la personne humaine, non autorisée par l’ANSM et mise en oeuvre par l’association Fonds Josefa et la société SODEVAL (19/09/2019)   (1980 ko)

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